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> Linauguration du Pavillon français [Auschwitz] > Le discours de Jacques Chirac |
AUSCHWITZ, 60 ANS APRES / FRANCE, 27 JANVIER 2005, LES CEREMONIES A AUSCHWITZ
__Jacques Chirac reconnaît au nom de la France "la conscience d'une faute"
Le président français a passé un long
moment dans ce bâtiment situé à Auschwitz-1,
qui abritait autrefois l'hôpital du camp. Au bout d'un long
couloir qui divise le bâtiment en deux, une inscription
illuminée commence par ces mots : "Souviens-toi.
76'000 juifs ont été déportés de
France, dont plus de onze mille enfants". Une
salle particulièrement émouvante a les murs recouverts
des photographies de quelque 2'000 enfants endimanchés,
prises peu de temps avant leur départ vers les camps de
la mort.
Cette inauguration, au bloc 20, a été également marquée par l'ouverture d'une exposition "Déportés de France à Auschwitz, 27 mars 1942 - 27 janvier 1945", en ce lieu dédié à la mémoire des déportés français. Leur histoire se lit à travers cinq destinées racontées depuis leur déportation de France : celles de Sarah et Hersch Beznos, un couple d'origine russe et bélarus et de leurs descendants. Il y a aussi Jean Lemberger, d'un milieu de militants communistes juifs originaires de Pologne, et le petit Georgy Halpern, d'origine polonaise également, né à Vienne, amené en France par ses parents après l'Anschluss. Enfin Pierre Masse, résistant né dans une famille de magistrats israélites républicains convaincus, et Charlotte Delbo, communiste et résistante.
Accompagné de l'ancienne présidente du Parlement européen, Simone Veil, qui fut déportée à Auschwitz, et de dix élèves du collège Louis-Pasteur de Longjumeau, dans la banlieue parisienne, âgés de 13 et 14 ans, le président français a souligné la nécessité de maintenir "fermement l'exigence de mémoire qui est une exigence de vérité et de responsabilité". Jacques Chirac a souligné "le devoir des peuples qui refusent qu'à la trahison des valeurs de l'homme s'ajoute l'outrage de l'oubli". "Votre souvenir, celui de ce "monde qui fut", est pour la France plus qu'une douleur. Il est la conscience d'une faute. Il est une exigence de responsabilité", a-t-il dit, en s'adressant à tous les Juifs "happés par la folie criminelle des nazis". Invitant à "rester fidèle à la
mémoire de la Shoah", il a une nouvelle fois invité
les professeurs de France à rappeler l'histoire aux jeunes
générations "pour que jamais ne s'efface le
souvenir". "Oui nous savons et nous n'oublierons jamais.
Nous ne renoncerons jamais à notre idée de l'homme
et de sa dignité", a-t-il conclu. |