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AUSCHWITZ, MAI 2005 / LA MARCHE DES VIVANTS EN HOMMAGE AUX VICTIMES DE LA SHOAH
__Ariel Sharon : "Ne permettez jamais d'oublier que le monde est resté silencieux. Soyez vous-mêmes témoins de l'holocauste, quand les survivants ne seront plus là"
Les participants sont entrés dans le camp par le portail arborant la tristement célèbre inscription "Arbeit macht frei" (Le travail rend libre). Ils ont ensuite parcouru à pied les trois kilomètres qui séparent le camp d'Auschwitz de celui de Birkenau, qui abrite les restes de chambres à gaz et de fours crématoires. Au son du shofar (corne de bélier), tous ont observé une minute de silence à la mémoire des six millions de juifs tués par les nazis, dont plus d'un million à Auschwitz-Birkenau. Depuis 1988, la "Marche des vivants" permet à des juifs de se rendre sur les lieux du génocide. Beaucoup d'associations juives aident financièrement ceux qui ne peuvent pas aller en Pologne par leurs propres moyens. Les premiers ministres israélien, Ariel Sharon, polonais, Marek Belka, et hongrois, Ferenc Gyurcsany, ont présidé les cérémonies officielles. "Le monde a gardé le silence" "Souvenez-vous des victimes, mais n'oubliez pas les assassins. Souvenez-vous que le monde a gardé le silence», a déclaré Ariel Sharon aux jeunes. "Ne permettez jamais d'oublier que le monde est resté silencieux. [ ] Soyez vous-mêmes témoins de l'holocauste, quand les survivants ne seront plus là". "Je suis arrivé ici aujourd'hui de Jérusalem, la capitale de l'Etat d'Israël, le seul endroit au monde où les juifs ont le droit et la capacité de se défendre eux-mêmes", a-t-il souligné. "Avec moi, sont présents des survivants de l'Holocauste. Des hommes et des femmes qui ont survécu à la persécution, la torture, la dégradation mentale et physique. De vrais héros qui ont fait l'expérience des marches de la mort, des déportations et des recherches et qui ont survécu aux ghettos", a-t-il ajouté. "Auschwitz, Buchenwald [ ], des camps de concentration et de mort dont les noms monstrueux sont inscrits en lettres de sang dans l'histoire de notre peuple". Son homologue polonais, Marek Belka, a évoqué dans son discours le pape défunt Jean Paul II, "ami des juifs, nos frères aînés dans la foi", pour souhaiter que les jeunes juifs du monde et les Polonais "se connaissent mieux entre eux, et redécouvrent leurs racines communes sur la terre polonaise". La Pologne abritait avant la guerre la plus importante communauté juive d'Europe. Le premier ministre hongrois, Ferenc Gyurcsany, a regretté que les hommes n'aient pas été "assez forts" pour "donner la main aux victimes de l'Holocauste". "Ces atrocités n'ont été commises par personne d'autre que nous-mêmes, le genre humain", a-t-il déclaré au cours d'une cérémonie hongroise devant le Bloc n° 18 destiné à 450'000 juifs venus de Hongrie et voués à l'extermination à Auschwitz. L'écrivain Elie Wiesel, détenu très
jeune à Auschwitz, a souligné que le camp privait
ses victimes "de la dernière dignité accordée
à tous les êtres humains - la dignité de mourir
en paix"."Aucun être humain n'aurait dû
avoir la punition de voir ce qui se passait ici." "Il
n'a pas d'autre alternative que l'espoir", a-t-il ajouté.
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