| En mai 2001, à linitiative du Consistoire de lUnion des communautés juives de France cinq cents collégiens français se sont rendus à Auschwitz.
Un convoi de 14 wagons, portant chacun le nom dun Juste parmi les Nations, a quitté la gare de lEst, à Paris, le 29 avril 2001... Il sagissait de transmettre aux jeunes générations le témoignage des choses vues. Et ressenties sur place. Une sorte de pèlerinage de trois jours, en compagnie danciens déportés. Qui racontent, expliquent... pour que personne ne doute ou noublie. Le reportage publié par le quotidien genevois La Tribune de Genève [12-13 mai 2001].
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[ TEXTE : LIONEL CHIUCH ]
Elle s'est assise sur un tas de fringues, dans un coin du compartiment. Elle a une longue crinière noire, un beau regard soyeux et quelques siècles de rituels derrière elle. A 14 ans, Rachel revient de son premier voyage à Auschwitz et c'est en toute innocence qu'elle me confie: On m'a dit que les cheveux exposés dans le camp sont des faux...
La remarque, dénuée d'arrière-pensée, justifie à elle seule le périple. Il s'impose en effet pour que se mettent en place, ainsi que le relève Georges Bensoussan dans Auschwitz en héritage ?, les jalons d'une religion civile dont le voyage - pélerinage en Pologne est un élément clé, tandis que s'affirme, pour la mémoire nationale comme pour la mémoire juive, l'impératif de transmission aux jeunes générations. Cet élément clé, nous sommes 678 - dont près de 500 adolescents - à bord du train pour l'hommage aux Justes à vouloir le saisir. Certains, ils nous le confieront en cours de route, ont hésité avant de prendre leur billet. Sans doute parce qu'on ne se rend pas volontiers aux enfers, fût-ce dans des conditions moins sordides que celles imposées aux damnés. Suite...->
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