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Du 7 au 18 décembre 2009 a eu lieu, à Copenhague, la Conférence des Nations unies sur le changement climatique. Un rendez-vous jugé décevant car il n’a pas permis aux représentants de 192 pays de trouver un accord pour lutter contre le réchauffement de la planète, plus de dix ans après la Convention sur les changements climatiques, signée à Rio en 1992, et quatre ans après l'entrée en vigueur du Protocole de Kyoto (qui expire fin 2012).
La Conférence a "pris note", mais n’a pas entériné, l’accord - dit Accord de Copenhague - adopté par les chefs d'Etat de 28 pays industrialisés et émergents sur la proposition des Etats-Unis, de la Chine, de l’Inde, du Brésil et de l’Afrique du Sud.
Cette "déclaration politique" fixe à 2 degrés la limite du réchauffement climatique d’ici à 2050, mais n’accompagne cet objectif d’aucune contrainte quant aux émissions de gaz à effet de serre. Elle prévoit cependant un financement rapide, à hauteur de 30 milliards de dollars, pour aider les pays les plus pauvres à s’adapter au changement climatique.
L’Accord de Copenhague pourrait constituer le préambule d’un accord plus global adopté lors de la prochaine Conférence des Nations unies sur le climat, en 2010, à Mexico.
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PLANETE,7 DECEMBRE 2009 | L’OUVERTURE DU SOMMET SUR LE CHANGEMENT CLIMATIQUE
__Pendant Copenhague
_19 DECEMBRE [Washington]. Le président américain Barack Obama estime que l'accord international sur le climat trouvé en dernière minute à Copenhague marque une "avancée importante", mais souligne que ce n'est qu'une étape vers une réduction des rejets de gaz à effet de serre.
"Pour la première fois dans l'Histoire, toutes les grandes économies au monde se sont réunies pour convenir qu'elles devaient prendre des mesures face à la menace du changement climatique", souligne-t-il dans un communiqué diffusé après son retour de la capitale danoise. "Après des négociations extrêmement difficiles et complexes, cette avancée importante jette les bases d'une action internationale dans les années à venir".
_19 DECEMBRE [Copenhague]. La Conférence "prend note" mais ne l’entérine pas - de l'"Accord de Copenhague" accord a minima sur le climat négocié la veille par une sorte de G-20 élargi (Etats-Unis, Europe et grands pays émergents comme la Chine, l'Inde, l'Afrique du Sud et le Brésil), soit les principaux pays émetteurs de gaz à effet de serre. Une liste mentionnera les pays favorables et les pays opposés à cet accord.
L’accord non contraignant - fixe à 2 degrés la limite du réchauffement climatique d’ici à 2050, mais n’accompagne cet objectif d’aucune contrainte quant aux émissions de gaz à effet de serre. Il appelle les pays industrialisés et les pays en développement à affirmer leurs engagements de réduction de gaz à effet de serre par écrit d'ici à la fin janvier 2010 et prévoit des mécanismes garantissant la transparence de leur mise en oeuvre. Il prévoit également un financement rapide, à hauteur de 30 milliards de dollars (de 2010 à 2012), pour aider les pays les plus pauvres à s’adapter au changement climatique.
 L’accord de Copenhague, aux ambitions limitées pour lutter contre le réchauffement, est loin de combler les attentes exprimées par la mobilisation sans précédent qu'elle a suscitée. Il est jugé "décevant" partout dans le monde, le G77, rassemblant les pays les plus en développement, le qualifiant même de "pire accord de l'histoire".
"Ce n'est peut-être pas tout ce que nous espérions, mais cette décision de la Conférence des parties [à la Convention sur les changements climatiques] est une étape essentielle", a estimé, pour sa part, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon.
_18 DECEMBRE [Copenhague]. L'Afrique propose la mise en place d'un fonds d'adaptation démarrant avec dix milliards de dollars par an dès 2010-2012, dont 40% serait réservé à la lutte contre le réchauffement sur le continent africain.
Le premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, au nom du groupe africain, estime que ce fonds pourrait être géré par un conseil d'administration où pays donateurs et récipiendaires seraient représentés à parité. Sur le long terme, il a proposé que les financements en matière d'adaptation et d'atténuation au changement climatique démarrent en 2013 avec l'objectif de parvenir à abonder un fonds de 50 milliards de dollars par an d'ici 2015 et de 100 milliards d'ici 2020. "Ce n'est pas moins de 50% du fonds qui devrait être alloué aux fins d'adaptation des pays pauvres et vulnérables, ainsi qu'aux régions tels que l'Afrique et les petits Etats insulaires".
_17 DECEMBRE. La Suisse pourrait débloquer 50 millions de francs par an pour participer au financement de la lutte contre le changement climatique dans les pays en développement, déclare le ministre suisse Moritz Leuenberger. Ce montant pourrait s'ajouter aux 80 millions déjà versés par la Suisse, si un accord est trouvé. Le ministre précise que les détails de ce financement dépendront du résultat de la conférence et des fonds proposés par les autres Etats. "L'effort de la Suisse devra être comparable", assure-t-il.
_17 DECEMBRE. "Si on continue comme ça, c'est l'échec", prévient Nicolas Sarkozy, à la tribune du sommet. Le président français, très applaudi, appelle à "une véritable réunion de travail au niveau des décideurs", dans la soirée, en déclarant que "tous, nous devrons faire des compromis".
"L'échec de Copenhague serait catastrophique pour chacun d'entre nous. L'échec nous est interdit". […] "On n'est pas ici pour un colloque sur un changement climatique mais pour prendre des décisions. [...] Qui osera dire que l'Afrique n'a pas besoin d'argent ? Je le dis aux Africains. Ne vous laissez pas voler cet accord".
La conférence est censée se terminer vendredi 18, avec, dans la matinée, la réunion autour du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, d'un "nombre limité de chefs d'Etat représentant tous les groupes et toutes les régions du monde", puis une "photo de famille" et la session plénière, où les dirigeants doivent adopter des conclusions.
_17 DECEMBRE. A la veille de l'arrivée de Barack Obama au sommet de Copenhague, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton précise les exigences américaines : il faut "un accord solide, par lequel toutes les grandes économies se rangeraient derrière des actions significatives d'atténuation [du réchauffement climatique] et offriraient une transparence totale sur sa mise en oeuvre".
Hillary Clinton accusé les grandes économies émergentes de faire "marche arrière" sur l'adoption de mécanismes permettant de vérifier et de contrôler les efforts mis en œuvre pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. "C'est pour nous une attitude qui sape tout l'effort que nous sommes en train de conduire", assure-t-elle.
"S'il n'y a même pas un engagement vers la transparence, nous considérons qu'il ne peut y avoir d'accord. Il doit y avoir un engagement sur la transparence", ajoute Hillary Clinton. Les Etats-Unis sont soucieux de pouvoir vérifier, mesurer et contrôler les efforts engagés par la Chine principalement contre le changement climatique.
Hillary Clinton a annoncé, par ailleurs, une contribution financière, non précisée, des Etats-Unis à une enveloppe globale de 100 milliards de dollars pour lutter contre le réchauffement.
_16 DECEMBRE [Copenhague]. Interrogé sur un possible échec de la Conférence, Ban Ki-moon s'est dit "raisonnablement optimiste". Lors d'un point de presse avec le chef du gouvernement britannique, Gordon Brown, il a expliqué qu'il restait deux questions à régler pour assurer le succès de la Conférence. La première est de parvenir à "un objectif ambitieux" en matière de réduction à moyen terme des émissions de gaz à effets de serre; la seconde est de combler le fossé séparant pays développés et en développement en assurant "un appui financier et technologique suffisant" des premiers en faveur des seconds, "particulièrement les plus vulnérables".
_16 DECEMBRE. [Copenhague]. "La fièvre [monte] à Copenhague, où les ministres se sont mis au travail dans une ambiance chaotique pour esquisser un accord mondial contre le réchauffement climatique, écrit le quotidien Le Monde. A la reprise des travaux en séance plénière, l'Inde dénonçait un "bazar intégral", Tuvalu comparaît la conférence au Titanic et le Brésil s'insurgeait auprès de la présidence danoise alors que le chef de sa délégation était bloqué par un service d'ordre impitoyable.
"Sur place, le Premier ministre australien, Kevin Rudd, a averti sans détour que tout pouvait arriver d'ici à vendredi. "Il n'y a aucune garantie de succès. Soyons très clairs là-dessus." Selon le magazine Terra Eco, […], les pays en voie de développement s'inquiètent des décisions qui pourraient être prises par les pays les plus riches. Chine en tête, les pays du G77 souhaiteraient notamment que les discussions se contentent d'une adaptation du Protocole de Kyoto".
[Sur fond de blocage dans les négociations, la présidente de la Conférence, la Danoise Connie Hedegaard a démissionné. Elle est remplacée par le Premier ministre danois, de Loekke Rasmussen.]
_16 DECEMBRE [Genève]. "Le changement climatique est une bombe à retardement pour la sécurité alimentaire", avertit le Rapporteur spécial sur le droit à l'alimentation, Olivier De Schutter.
L'expert indépendant des Nations unies souligne l'importance de prendre en compte les droits de l'homme, dont le droit à l'alimentation, dans toute stratégie d'atténuation du réchauffement de l'atmosphère. Il a présenté un nouveau rapport sur le sujet consultable sur le site www.srfood.org.

_16 DECEMBRE [Copenhague]. Un cinquième des espèces animales et végétales sont menacées de disparition si rien n'est fait pour maintenir le réchauffement climatique à un niveau supportable, affirme Ahmed Djoghlaf, le président de la Convention sur la diversité biologique en marge de la Conférence.
"Pour chaque degré centigrade de réchauffement, on peut estimer que 10% de toutes les espèces connues disparaîtront", souligne-t-il. Selon lui, "l'idée de stabiliser la température à un niveau qui ne soit pas supérieur à deux degrés Celsius conduira à la disparition de 20% des espèces connues".
Les scientifiques ont recensé un peu plus de deux millions d'espèces, mais leur nombre pourrait être de 15 ou 30 millions. La température moyenne du globe s'est élevée de 0,7 Celsius depuis le début de la révolution industrielle. "Nous continuons à perdre de la biodiversité à un rythme sans précédent et cela est largement lié aux changements climatiques mais également à l'exploitation des sols et à l'urbanisation", a expliqué Ahmed Djoghlaf.
_15 DECEMBRE [Paris]. "La communauté internationale doit inventer de nouveaux mécanismes de protection pour les réfugiés climatiques", estime le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Antonio Guterres. L'ancien Premier ministre portugais a précisé devant quelques journalistes, à Paris, sa vision de l'assistance à ces nouveaux réfugiés qu'aucun texte international ne protège : le mandat du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) couvre les personnes ayant quitté leur pays en raison de persécutions, pas les migrations liées à l'environnement.
Le "patron" du HCR appelle les gouvernements à prendre en compte le "coût humain" du réchauffement, qui sera d'après lui la "première cause de déplacements forcés dans les années à venir", devant les conflits. Les catastrophes climatiques ont fait 20 millions de déplacés en 2008 selon les Nations unies. En 2050, ils seront 200 millions. La fréquence des ouragans, des inondations et des sécheresses a déjà triplé en trente ans. S'y ajoutent la désertification et l'érosion des côtes et des sols.
Comment porter assistance et protection aux "réfugiés climatiques" ? Pour Antonio Guterres, il n'est pas question de les inclure dans la Convention de 1951 sur les réfugiés : "Dans le contexte actuel, marqué par des débats émotionnels sur les migrations, rouvrir la convention risquerait de la fragiliser". Selon lui, les migrations liées au climat seront pour la plupart de courte durée. "Je milite pour la création d'instruments juridiques et de mécanismes de protection plus flexibles que la convention de 1951, mais qui imposent des obligations aux Etats, comme une convention de protection temporaire", explique-t-il.
_15 DECEMBRE [Copenhague]. Ban Ki-moon plaide en faveur de la conclusion d'un accord sur le climat, tout en rappelant que d'ici là le Protocole de Kyoto demeurait "le seul instrument légalement contraignant". "En tant que tel, il doit être maintenu", ajoute le secrétaire général des Nations unies, lors de l'ouverture de la séance plénière de la Conférence.
Le Protocole de Kyoto prévoit pour 38 pays industrialisés une diminution des émissions de six gaz à effet de serre, considérés comme responsables du changement climatique. L'objectif du traité, entré en vigueur en 2005, visait à parvenir entre 2008 et 2012 à une réduction moyenne de 5,2% par rapport aux émissions de 1992. Les Etats-Unis, principal pays émetteur, ne l'ont pas ratifié.

_15 DECEMBRE [Paris]. La France et les pays africains publient leurs propositions en vue d'un accord qui tâchent de résorber le désaccord Nord-Sud. Contrairement au projet actuellement sur la table au Sommet mondial sur le climat, leur "appel" fixe des objectifs chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre aux pays développés et des aides aux pays en développement.
"Un tel enjeu pour la planète est tellement important qu'une alliance entre l'Afrique et l'Europe est absolument cruciale, c'est le discours que je vais tenir avec M. Obama", a indiqué Nicolas Sarkozy en présentant ce texte à l'issue d'un déjeuner à l'Elysée avec le négociateur en chef de l'Afrique pour le sommet de Copenhague, le premier ministre éthiopien Meles Zenawi.
L’appel de la France et de l’Afrique
Le texte franco-africain appelle à "un accord ambitieux le 18 décembre, limitant la hausse des températures à 2 °C par rapport à l'ère pré-industrielle, comme le recommande le GIEC (Groupe d'experts international sur l'évolution du climat), et garantissant que les pays vulnérables recevront les financements suffisants pour faire face à ce défi".
Il prévoit une réduction de 50 % des émissions globales de CO2 d'ici à 2050 par rapport à 1990, avec un engagement chiffré pour les seuls pays développés, de - 80 % au moins d'ici à 2050, avec des objectifs intermédiaires "cohérents et comparables". Il prévoit aussi l'adoption d'un fonds "fast start" doté de 10 milliards de dollars par an (quelque 6,8 milliards d'euros) entre 2010 et 2012, et "un engagement sérieux sur l'aide publique de long terme", avec des "mécanismes innovants", dont une taxe sur les transactions financières internationales.
Le texte prône aussi la mise en place d'une Organisation mondiale de l'environnement.
_15 DECEMBRE. Les troubles publics et les contentieux en matière de droits de l’homme devraient sans aucun doute augmenter ces prochains jours, à moins que les chefs d’Etat et de gouvernement ne fassent preuve de leadership politique pour stopper le changement climatique, déclare Mary Robinson, ancienne haut commissaire des Nations unies pour les droits de l’homme et ancienne présidente irlandaise, dans un entretien avec EurActiv.
Des milliers de manifestants ont envahi les rues de Copenhague durant le week-end pour faire monter la pression sur les négociateurs climatiques travaillant sur un texte visant à réduire le réchauffement planétaire. Cette conférence, pour la planète, c’est un peu "ça passe ou ça casse" : ce n’est pas comme une négociation commerciale, souligne-t-elle.
Le changement climatique a affecté de manière négative les droits de l’homme dans beaucoup d’endroits du monde, explique-t-elle. Ainsi, le Global Humanitarian Forum a estimé que l’impact du changement climatique avait tué plus de 300’000 personnes en 2008. "S’il y a davantage de stress hydrique, s’il y a plus d’inondations, si la désertification pousse des millions de personnes à devenir des réfugiés environnementaux […], oui, il est très probable que nous allons devoir faire face à des conflits", affirme l’ancienne haut commissaire.
Mary Robinson appelle à la création d’un système de gestion des migrations pour anticiper les mouvements significatifs de personnes des parties de l’Afrique qui vont devenir trop sèches ou des régions à basse altitude qui devraient être inondées dans l’avenir.
_14 DECEMBRE [Washington]. Barack Obama veut que la conférence de Copenhague aboutisse à un accord contraignant, affirme son porte-parole, alors que le président américain doit participer le 18 décembre à la dernière journée de la Conférence.
"Le président s'engage à rechercher un accord qui exige des pays qu'ils prennent des mesures significatives" pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, déclare le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs, lors de son point presse quotidien.
_14 DECEMBRE [New York]. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, appelle les 115 dirigeants du monde qui se rendront à la Conférence à ne plus tergiverser et à conclure un accord pour arrêter le réchauffement du climat.
Ban Ki-moon évoque une "semaine critique". "C'est maintenant le moment d'agir", alors que "rarement dans l'histoire, un choix n'a été aussi clair. Nous pouvons aller de l'avant vers un avenir de croissance verte qui soit supportable ou nous pouvons continuer de descendre la pente menant à la ruine".

_12 DECEMBRE [Copenhague]. Au moins trente mille manifestants selon la police danoise, plutôt 100’000 selon les organisateurs, défilent en marge des négociations sur le climat.
A l'arrivée, les participants n'ont pas cherché à entrer dans le Bella Center, situé à 500 mètres, où des dizaines de délégués du monde entier suivaient le défilé sur les téléviseurs installés dans les couloirs. Le cortège était hérissé de banderoles appelant à la "justice climatique", "Faites l'amour, pas du CO2", rappelant qu'il n'y a "pas de Planète B", ou reprenant le mot d'ordre du jour : "Changeons de système, pas de climat".
_11 DECEMBRE [Copenhague]. Un premier projet officiel d'accord sur le climat, qui indique que les pays industrialisés réduiront leurs émissions de gaz à effet de serre de 30 % à 40 % d'ici 2020 par rapport à 1990, présenté à Copenhague. Le texte émane du groupe de travail placé sous l'égide de la Convention des Nations unies sur les changements climatiques et dirigé par le Maltais Michael Zammit Cutajar.
Le projet, qui prévoit de limiter la hausse de la température moyenne de la planète à 1,5°C ou 2°C par rapport aux niveaux pré-industriels - sans trancher entre les deux options - servira de base aux discussions et négociations menées entre ministres, puis chefs d'Etat jusqu’à la fin du Sommet. Encore inachevé sur plusieurs points, il appelle les pays industrialisés à prolonger la durée des engagements pris dans le Protocole de Kyoto (qui expire fin 2012), de 2013 à 2020, répondant ainsi à une exigence très forte des pays en développement.
Sur la question des financements, il ne tranche pas entre contributions volontaires des Etats et prélèvements automatiques. Il inscrit en revanche un mécanisme immédiat [fast start] d'aide aux plus pauvres pour 2010-2012.
La formulation est plus vague pour les Etats-Unis, non partie à Kyoto, dont les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre figureraient en annexe.
Le texte "stipule que les pays industrialisés "doivent" prendre des engagements de réduction et que les pays en développement "pourraient", a expliqué Todd Stern, envoyé spécial des Etats-Unis sur le climat en insistant sur cette distinction entre "doivent" et "pourraient" ["shall versus may"]. "C'est un point technique, mais important. Nous ne pouvons pas commencer la négociation sur cette base".
Le projet d’accord [11.12.2009, en anglais]
A l'initiative des petits Etats insulaires, particulièrement menacés par la hausse du niveau des océans, une centaine de pays en développement militent pour une limite à 1,5 degré, qui supposerait que les pays industrialisés réduisent les émissions de gaz à effet de serre de 85% d'ici à 2050. Des pays émergents, Chine et Inde en tête, ont pour leur part exclu d'accepter un objectif de réduction de moitié des émissions mondiales d'ici 2050 si les pays riches n'assument pas des objectifs plus draconiens encore.
_12 DECEMBRE [Bruxelles]. Les vingt-sept chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne (UE) promettent de verser aux pays les plus pauvres de la planète 7,2 milliards d’euros entre 2010 et 2012 pour les aider à faire face aux premières conséquences du changement climatique et à adapter leur économie en réduisant leurs émissions de CO2.
Ce montant représente environ 30% de la somme totale de 30 milliards de dollars nécessaire pour aider en 2010, 2011 et 2012 les pays en développement à prendre des mesures immédiates destinées à affronter les conséquences du changement climatique et à planifier une croissance faible en émissions de carbone.
_11 DECEMBRE [Copenhague]. "J'ai le sentiment qu'il y a maintenant une volonté sincère de négocier", déclare Yvo De Boer, secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), au cours d'un point de presse. "De bons progrès sont faits dans plusieurs domaines, particulièrement dans le domaine des technologies, qui est très importante pour les pays en développement".
_10 DECEMBRE [Londres]. Les émissions de CO2 doivent commencer à décroître d'ici à 10 ans si les pays veulent limiter la hausse des températures à 2 degrés sur la planète, avertissent les scientifiques du service météorologique britannique dans une étude publiée à l’occasion du Sommet de Copenhague.
L'étude "Avoid" [Eviter], réalisée par plusieurs centres de recherche britanniques, conclu que limiter la hausse des températures à 1,5 degré est "virtuellement impossible" à cause de la quantité de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Si les émissions s'arrêtaient aujourd’hui, les températures augmenteraient quand même de 1,3 degré à cause des gaz à effets de serre déjà émis.
Même si les émissions atteignent un pic en 2020, il y aura 50% de chances que les températures montent de plus de deux degrés, ce qui pourrait potentiellement déclencher des catastrophes mondiales, selon cette étude. Les scientifiques ont calculé que si les émissions commençaient à chuter de 4% par an après 2018, les chances de limiter le réchauffement sous 2 degrés seraient de 50%. Mais, si le pic se produisait deux ans plus tard, en 2020, il faudrait alors un déclin de 5% par an pour avoir 50% de chances de limiter le réchauffement sous 2 degrés.
_10 DECEMBRE [Paris]. Quelques heures avant un Conseil européen, à Bruxelles, largement consacré au climat, Nicolas Sarkozy affirme devant les associations écologistes reçues au Palais de l'Elysée qu'il voulait une réduction de 30% des émissions européennes de gaz à effet de serre (GES) d'ici à 2020. Il a assure également qu'il et se battra "à mort" pour une "Organisation mondiale de l'environnement".
[L'Union européenne s'est engagée unilatéralement, dès décembre 2008, à réduire de 20% ses émissions de GES d'ici 2020 par rapport à 1990, avec la possibilité de porter ce taux à 30 % en cas d'accord international ambitieux.]
_10 DECEMBRE [Paris]. Le quotidien Le Monde publie le brouillon ["draft"] de l'accord souhaité à Copenhague par les pays émergents et en développement. Un texte mis au point par la Chine avec le Brésil, l'Inde, l'Afrique du sud, et le Soudan en tant que président du G-77 qui regroupe les pays en développement. Ce document est leur réponse au texte qu'a fait circuler le Danemark, qui préside le Sommet sur le climat.
Le document intitulé : "Copenhagen accord [draft]" marque nettement les positions du G-77, mais ouvre la porte à des compromis. Insistant en préambule sur le maintien du Protocole de Kyoto, le document indique que la hausse de la température du globe "ne doit pas dépasser 2°C". Il promeut l'engagement des pays développés à réduire leurs émissions de façon contraignante, et inclut une formule visant au même objectif pour les Etats-Unis, qui n'ont pas ratifié le protocole de Kyoto.
Le texte mentionne aussi les actions qu'entreprendront les pays en développement, soulignant qu'elles ne seront pas contrôlées par une instance internationale. Des dispositions spécifiques sont aussi prévues pour le financement, notamment la création d'un fonds sous l'égide des Nations unies. Source : lemonde.fr.
Le projet [draft] des pays émergents
"Le document précise que "le développement économique et l'éradication de la pauvreté sont la priorité indiscutable des pays en développement", tout en admettant l'expertise scientifique selon laquelle "l'augmentation de la température globale ne devrait pas excéder 2°C", commente Hervé Kempf, dans Le Monde. Ce point est une avancée majeure qui ouvre la porte à des réductions d'émissions de CO2 de la part des pays du Sud, un effort, même drastique, des pays du Nord ne pouvant suffire à atteindre cet objectif.
"Le projet d'accord insiste sur les engagements contraignants pour les pays riches, dits de l'annexe I, et "parties" au protocole de Kyoto : ils doivent prendre des objectifs pour la "deuxième période d'engagement" de ce protocole dont le terme pourrait être 2017 ou 2020.
"Pour les pays de l'annexe I qui ne sont pas parties au protocole de Kyoto", c'est-à-dire les Etats-Unis, "les engagements de réduction des émissions doivent être comparables aux objectifs" des autres: cette formulation reconnaît implicitement que les Etats-Unis peuvent ne pas prendre comme date de référence 1990 (qui est celle adoptée par les Etats membres de l'Union européenne et le Japon). Mais, elle implique qu'ils doivent réduire leurs émissions, et, est-il précisé, "par des mesures domestiques" : autrement dit, des réductions absolues sont attendues, sans recours au marché du carbone".
_9 DECEMBRE. Les pays en développement, qui réclament davantage d'engagements aux pays riches, apparaissent divisés avec l'intervention de la petite île de Tuvalu (Pacifique sud) qui s'est attaqué aux géants indien et chinois en leur réclamant un effort. "Nous devons avancer, il nous faut un accord légalement contraignant qui préserve la planète et protège les plus pauvres. Tout le reste n'est que distraction," déclare à l’Agence France-Presse (AFP) Dessima Williams, représentante de Grenade et de l'Association des petits Etats insulaires (AOSIS).
Tuvalu, composé de neuf atolls coralliens dans le Pacifique sud et qui compte 11’000 habitants, s'est attaqué aux géants de la planète en même temps qu'à un tabou dans l'histoire de la diplomatie climatique : la distinction, depuis l'adoption de la Convention climat en 1992, entre la "responsabilité historique" des pays industrialisés de celles des pays en développement. A ce titre, seuls les premiers sont comptables d'engagements chiffrés contraignants dans le Protocole de Kyoto.
Tuvalu a proposé un amendement "juridiquement contraignant" au Protocole : il assignerait, à partir de 2013, des objectifs de réduction aux grands émergents qui représentent désormais plus de la moitié des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
_8 DECEMBRE [Copenhague et Genève]. L'Organisation météorologique mondiale (OMM) rend publiques ses données les plus récentes qui indiquent que l'année 2009 se classerait parmi les dix années les plus chaudes depuis 1850, date du début des relevés. L'Australie a ainsi subi sa troisième année la plus chaude depuis 1850, "avec trois vagues de chaleur exceptionnelles". Des températures supérieures à la normale ont été relevées cette année un peu partout dans le monde, seule l'Amérique du Nord ayant connu des températures inférieures à la moyenne.
Ainsi, 2009 devrait être l'année la plus chaude de l'histoire dans de vastes régions d'Asie méridionale et d'Afrique centrale. Comme l'année précédente, 2009 a été plus chaude que la moyenne pour la période 1961-1990 dans toute l'Europe et au Moyen-Orient. Quant à la Chine, elle a connu sa troisième année la plus chaude depuis 1951, voire la plus chaude dans certaines régions.
La température moyenne lors de la décennie 2000-2009 est plus élevée de 0,4°C que la moyenne sur la période 1961-1990. La décennie 1990-1999 était plus chaude de 0,23°C que cet intervalle.

_8 DECEMBRE. Un projet de texte proposé par le Danemark, qui préside la conférence, sème le trouble, au deuxième jour des négociations. Les organisations non gouvernementales jugent que ce "brouillon" laisse de côté les demandes des pays en développement, tandis qu’un représentant du G77 (coalition de cent trente pays en développement) estime que le texte "menace" le succès des négociations.
Le document ne fait à aucun moment référence au protocole de Kyoto, seul instrument juridique existant de lutte contre l'effet de serre, qui engage les pays industrialisés jusqu'en 2012. "Ce texte semble encore plus américain que si les Américains l'avaient rédigé eux-mêmes", souligne un observateur les Etats-Unis sont le seul pays développé à n'avoir pas ratifié Kyoto.
Le texte danois reprend l'ambition largement partagée de limiter le réchauffement à + 2 °C et, pour y parvenir, vise une réduction de moitié des émissions mondiales d'ici 2050 par rapport à 1990, ou de 58 % par rapport à leur niveau de 2005. Les pays développés assumant collectivement une baisse de 80 % de leurs émissions.
Le projet [draft] du Danemark
_7 DECEMBRE. Dès l’ouverture du Sommet, les Saoudiens mettent en cause les avis scientifiques du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC). Le chef de la délégation saoudienne, Mohammed Al-Sabban, déclare que "le niveau de confiance est affecté", à la suite de la publication de milliers de courriels privés échangés entre climatologues piratés et diffusés sur internet depuis fin novembre. Mohammed Al-Sabban demande la tenue d'"une enquête internationale et indépendante" sur cette affaire
L’intervention saoudienne "prouve que certains sont prêts à verser dans l'illégalité, peut-être pour discréditer le GIEC, a de son côté rétorqué son président, l'Indien Rajendra Pachauri. "Mais, notre panel dispose d'un historique d'évaluations transparentes et objectives sur plus de vingt et un ans, établies par des dizaines de milliers de scientifiques de tous les coins de la planète".
Pour Jean-Pascal van Ypersele, vice-président du GIEC, la réaction saoudienne "n’est pas une surprise". "Chacun anticipait ici que l’Arabie saoudite et les pays pétroliers se serviraient de cet argument". Il rappelle que les pays pétroliers pourraient perdre 4'000 milliards de revenus d’ici à 2030 en cas d’accord ambitieux à Copenhague.
["Quelques semaines avant l'ouverture des négociations de Copenhague, un ou des pirates informatiques pénètrent dans les serveurs de l'unité de recherche climatique (CRU) de l'université d'East Anglia (Royaume-Uni). Ils y récupèrent frauduleusement de nombreux documents ainsi que les archives de treize années d'échanges de courriels entre les scientifiques du CRU et leurs collègues américains et européens; une soigneuse sélection d'un millier de ces messages environ est exposée sur le Net le 19novembre.
"Les messages exposés suggèrent que certains climatologues ont tenté d'entraver la publication de travaux "climato-sceptiques" qu'ils jugeaient indigents. De même, cette correspondance met au jour la volonté d'un scientifique de ne pas partager certaines données brutes avec le reste de la communauté scientifique. Pour la blogosphère "climato-sceptique", certains messages montrent en outre que leurs auteurs manipulent leurs résultats". Stéphane Foucart, Le Monde, 9 décembre 2009]
_7 DECEMBRE [Washington]. L'agence américaine de protection de l'environnement (EPA) édicte une série de règles encadrant les émissions de dioxyde de carbone (CO2), le faisant entrer dans la catégorie des produits nocifs - ouvrant la voie, pour la première fois, à une régulation de ces émissions. La directrice de l'agence, Lisa Jackson, estime que les rejets de CO2 dans l'atmosphère font peser des menaces sur la santé publique.
L’agence américaine dispose de pouvoirs lui permettant d’édicter un cadre réglementaire contraignant afin de limiter les émissions de CO2 aux Etats-Unis. Le 1er octobre, Lisa Jackson avait fait part de son intention d'utiliser "l'autorité de la loi sur la pureté de l'air", le Clean Air Act, pour commencer à réduire les émissions provenant des plus gros pollueurs industriels. Cette loi permet à l'EPA de pousser les autorités américaines à édicter des règles en la matière sans passer par le Congrès, très divisé sur le sujet.
Le décret donne au président Barack Obama un levier supplémentaire pour respecter sa promesse de réduire les émissions de CO2 aux Etats-Unis de 17% d'ici à 2020 par rapport à 2005, même si le Congrès s'y oppose.

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