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NATIONS UNIES |
SOUDAN-DARFOUR, JUIN 2006 / LES ENQUETES DE LA COUR PENALE INTERNATIONALE
Des massacres délibérés "Les informations disponibles montrent que ces assassinats incluent des massacres à grande échelle, avec dans chaque cas des centaines de victimes", affirme le rapport. "Une majorité de victimes et de témoins, interviewés par le Bureau du procureur, ont rapporté que les hommes venant des ethnies four, massalit et zaghawa étaient délibérément la cible des attaques". "Dans la plupart des cas, ajoute le rapport, les assaillants ont tenu des propos renforçant la nature ciblée des attaques comme "nous tuerons tous les Noirs" ou "nous vous chasserons de ces terres". "Aux massacres délibérés, il faut ajouter la mort de milliers de civils depuis 2003 à cause des conditions de vie nées du conflit et des déplacements consécutifs : ces "morts lentes" ont touché plus particulièrement les groupes vulnérables tels que les enfants, les vieillards et les malades". Le Bureau du procureur a aussi enregistré "des centaines de cas de viols présumés", "une pratique endémique au sein de certains des groupes qui ont pris part au conflit". Luis Moreno-Ocampo estime à deux millions le nombre de personnes déplacées et réfugiés. Il note une augmentation du nombre de personnes déplacées entre le milieu de l'année 2003 et le milieu de l'année 2005. Il confirme une nouvelle augmentation au cours des trois premiers mois de 2006 dans certaines zones : Sheiria, Gereida, Haskanita et Jebel Marra. La destruction de plus de 2'000 villages "Le Darfour-Ouest est de loin la zone où il y a eu la plus grande concentration des déplacements", fait-il observer. C'est aussi l'endroit où il y a "la plus grande concentration de massacres". "La destruction des biens et les pillages est un trait récurrent des crimes commis au Darfour, avec des informations faisant état de destructions et de pillages de plus de 2'000 villages à travers les trois provinces du Darfour. L'ampleur des destructions est prouvée aussi bien par les nombreuses déclarations de témoins que par l'abondance d'images satellites", affirme encore le rapport. Les enquêteurs ont aussi relevé la destruction des biens religieux et des symboles, notamment la destruction de mosquées - environ 65 au Darfour-Ouest - et d'autres lieux de cultes. Le procureur évoque également les attaques contre les travailleurs humanitaires et les soldats de la Mission de l'Union africaine au Soudan (MUAS). Ces attaques sont "des exemples potentiels de crimes de guerre", estime-t-il. Elles ont aussi un impact sur l'assistance humanitaire. Malgré des progrès dans l'enquête, "l'insécurité au Darfour entrave l'efficacité des enquêtes au Darfour, surtout en l'absence d'un système de protection des victimes et des témoins qui soit fonctionnel et durable", a fait remarquer le procureur. L'enquête de la CPI Depuis le dernier rapport de la CPI, le Bureau a conduit 40 missions dans plus de 13 pays, collectant des déclarations de témoins. Le Bureau a aussi établi une présence temporaire au Tchad pour avoir accès aux réfugiés du Darfour actuellement dans des camps à l'Est du pays. Le Bureau a rassemblé des preuves de crimes présumés commis par toutes les parties au conflit. "Les progrès dans l'enquête et dans les mises en accusations reposent sur la coopération du gouvernement du Soudan et de l'Union africaine", a aussi rappelé le procureur. Dans son exposé au Conseil de sécurité, il a souligné des améliorations dans la coopération de l'Union africaine et du gouvernement du Soudan, détaillant notamment les réunions tenues avec de nombreux officiels du secteur judiciaire, policier et politique soudanais lors d'une visite dans le pays au mois de février 2006.
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