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DOCUMENT
La Charte d’Aalborg
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AALBORG, DANEMARK, MAI 1994 | VILLES EUROPEENNES LE DEVELOPPEMENT DURABLE
__Charte d'Aalborg : la Charte des villes européennes pour la durabilité
La Charte d'Aalborg, qui vise à encourager et à soutenir les villes et communes dans leurs efforts pour parvenir à la durabilité, a été adoptée par les participants à la Conférence européenne sur les villes durables qui s'est tenue à Aalborg, Danemark, le 27 mai 1994.
En signant la Charte, les pouvoirs locaux s'engagent à "déployer tous leurs efforts pour parvenir à un consensus sur un programme local en réponse à l'action 21".
Cette charte affirme l’importance de la ville comme échelle pertinente d’action en faveur du développement durable parce que :
sachant que 80% de la population européenne est urbaine, il semble difficile de concevoir un développement durable ne prenant pas en compte la ville et les instances la représentant;
les villes sont les formes de sociétés, de communautés les plus anciennement établies en Europe ayant survécu aux divers changements de régimes politiques nationaux;
l’autorité locale est proche des problèmes environnementaux des citoyens et elle partage les responsabilités avec les autorités compétentes à tous les niveaux, pour le bien-être de l’homme et de la nature.
Pour les villes signataires, le développement durable "n’est ni une vision ni un état immuable, mais un système d’équilibrage novateur au plan local qui touche tous les aspects du processus décisionnel de la collectivité. La durabilité permet un retour d’information permanent sur les activités qui favorisent l’équilibre de l’écosystème urbain et sur celles qui l’en écartent". On voit s’exprimer la volonté de constituer un réseau d’information permettant aux villes d’apparaître comme des ensembles organisés rendant visible toutes actions d’envergure engagées par l’une d’entre elles. Un tel processus permet à la ville et à ses habitants de faire des choix réfléchis.
D’après la Charte d’Aalborg, "un système de gestion qui repose sur les principes de la durabilité autorise à prendre des décisions qui non seulement représentent les intérêts des parties concernées mais aussi ceux des générations futures".
L’économie des villes durables doit se rapprocher des principes énoncés ci-dessous :
"1.Investir dans la conservation du capital naturel restant (réserves en eaux souterraines, sols, habitats d’espèces rares).
"2. Favoriser la croissance du capital naturel en réduisant notre niveau d’exploitation actuel, par exemple vis-à-vis des énergies non renouvelables.
"3. Soulager les réserves en capital naturel en en constituant de nouvelles (par exemple sous forme de parcs récréatifs communaux, pour alléger la pression sur des forêts naturelles).
"4. Accroître le rendement final des produits (bâtiments énergétiquement rationnels, transports urbains respectueux de l’environnement)".
La Charte d’Aalborg est avant tout une prise de conscience des problèmes liés au développement durable et à sa mise en oeuvre. Ainsi des thèmes tels que : "Une justice sociale pour une durabilité urbaine", "Un aménagement durable du territoire", "Une mobilité urbaine durable", "La responsabilité à l’égard du changement climatique mondial", semblent désormais faire partie des préoccupations des différentes villes européennes. Cela conduit naturellement à l’application à l’échelle de la ville d’un nouveau genre de gouvernance locale affirmant l’importance de la participation citoyenne dans le processus durable.
En partant sur la base de l’Action 21 écrite par les Nations unies lors du Sommet de la terre de Rio en 1992, les villes européennes s’engagent à utiliser les instruments politiques et techniques dont elles disposent pour parvenir à une approche écosystémique de la gestion urbaine. Toute une gamme d’outils à leur disposition sera mise en oeuvre dans ce but.
On peut ainsi lire dans la Charte d’Aalborg que "les villes signataires de la Charte ont pour objectif d’intégrer leurs systèmes d’administration et de gestion des économies urbaines dans une demande de durabilité globale. Dans ce contexte nous sommes invités à concevoir nos stratégies, à les mettre en pratique et à partager nos expériences".
C’est dans ce but que les villes devront mettre en place un agenda 21 local. Ces agendas 21 locaux devront être établis en respectant les principes suivants :
tenir compte des méthodes de planification et des mécanismes financiers existants, ainsi que des autres plans et programmes,
identifier systématiquement les problèmes et leurs causes par une vaste consultation du public,
classer les actions par ordre de priorité, pour traiter les problèmes répertoriés
· définir le concept de collectivité durable avec la participation de tous les partenaires,
examiner et évaluer les stratégies alternatives de développement,
établir un plan local d’action à moyen et à long terme, qui comportera des objectifs mesurables,
planifier la mise en oeuvre du plan, en préparant un calendrier et en précisant les responsabilités attribuées à chacun des partenaires,
mettre en place des systèmes et des procédures d’évaluation et de compte-rendu sur la mise en oeuvre du plan.
Les villes signataires s’engagent également à faire leur propre auto-critique sur la pertinence des mesures mises en place au travers des agendas 21 locaux.
Décembre 2009.

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