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LA CONFERENCE

La Déclaration et le Programme d'action

Le rapport final

LES DECLARATIONS

Secrétaire général Onu

Secrétaire de la conférence

REUNIONS REGIONALES

La Déclaration de Tunis [et le Rapport Afrique]

La Déclaration de San José [et le Rapport Amérique latine et Caraïbes]

La Déclaration de Bangkok [et le Rapport Asie]

SUIVI DE LA CONFERENCE

AG Onu, 1993, résolution Conférence

AG Onu, 1993, résolution haut commissaire

DROITS DE L'HOMME
Une longue marche

Les droits de l'homme, patrimoine de l'humanité [Federico Mayor]

La querelle de l'universalité [Ibrahima Fall]

La percée des Ong [Sophie Bessis]

Des droits indivisibles [Antoine Bernard]

Liberté de parole, liberté première [Helen Darbishire]

Halte à la torture [Manfred Novak]

Graines d'éthique [Stéphane Hessel]

Les droits de tous [Francine Fournier]

Vienne, un nouveau départ [Alois Mock]
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NATIONS UNIES, VIENNE, 1993 | CONFERENCE MONDIALE SUR LES DROITS DE L'HOMME - REUNION REGIONALE POUR L'AFRIQUE
__La Déclaration de Tunis
Les ministres et les représentants des Etats africains réunis à Tunis, du 2 au 6 novembre 1992, dans le cadre de la préparation de la conférence mondiale sur les droits de l'homme, et conformément à la résolution 46/116 de l'Assemblée générale [des Nations unies], en date du 17 décembre 1991,
Considérant l'importance de la prochaine Conférence mondiale sur les droits de l'homme, qui se tient à un moment marqué par des mutations importantes sur la scène internationale,
Considférant la place privilégiée qu'occupent de plus en plus la protection et la promotion des droits de l'homme dans les préoccupations de la communauté internationale,
Convaincus que le déversement de déchets toxiques en Afrique constitue une violation des droits collectifs des populations d'Afrique,
Prenant acte avec satisfaction de l'avancée normative dans le domaine des droits de l'homme et des progrès accomplis dans leur mise en œuvre à travers le monde,
Reconnaissant toutefois l'existence de difficultés à la fois endogènes et exogènes qui ralentissent ou entravent une mise en oeuvre satisfaisante des droits de l'homme à l'échelle universelle,
Considérant que l'un des principaux objectifs de la Conférence mondiale sur les droits de l'homme est précisément d'identifier ces difficultés et de préconiser les mesures qui doivent être prises à l'échelle nationale et internationale pour les surmonter,
Conscients de l'intérêt des débats qui auront lieu au cours de la Conférence mondiale sur les droits de l'homme et de l'impact des conclusions qui en résulteront sur les orientations des activités futures de l'Organisation des nations unies dans ce domaine,
Soucieux de contribuer à la réussite de la conférence mondiale et de faire partager à la communauté internationale les préoccupations africaines dans le domaine de la promotion des droits de l'homme et du développement,
Adoptent la présente déclaration, intitulée Déclaration de Tunis, qui reflète à la fois leurs convictions et leurs attentes.
LA DECLARATION DE TUNIS
1. Les Etats africains réaffirment leur engagement en faveur des principes énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l'homme, dans le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples.
2. L'universalité des droits de l'homme est indiscutable; leur protection et leur promotion constituent un devoir pour tous les Etats, indépendamment de leur système politique, économique ou culturel.
3. Une bonne administration de la justice et l'indépendance du pouvoir judiciaire sont essentielles à l'exercice effectif des droits de l'homme. La réalisation de cet objectif n'est cependant possible que si l'on consent à un effort considérable dans le domaine de l'administration de la justice. Les Etats africains et la communauté internationale sont donc appelés à allouer davantage de ressources à ce secteur.
4. La responsabilité de la mise en oeuvre et de la promotion des droits de l'homme incombe en premier lieu aux gouvernements. Les institutions, organisations et structures de la société civile ont également un rôle important à jouer pour la sauvegarde de ces droits et leur diffusion; elles méritent de ce fait d'être renforcées et encouragées.
5. Le respect et la promotion des droits de l'homme constituent indéniablement une préoccupation mondiale et un objectif à la réalisation duquel les Etats, sans exception, sont appelés à contribuer. Toutefois, aucun modèle préconçu ne saurait être prescrit à l'échelle universelle car les réalités historiques ou culturelles de chaque nation et les traditions, normes et valeurs de chaque peuple ne sauraient être ignorées.
6. Le principe de l'indivisibilité des droits de l'homme est intangible. Les droits civils et politiques ne sauraient être dissociés des droits économiques, sociaux et culturels. Aucun de ces droits n'occupe une position privilégiée par rapport aux autres.
7. La liberté politique, si elle ne s'accompagne pas du respect des droits économiques, sociaux et culturels, demeure précaire. Le droit au développement est inaliénable. Les droits de l'homme, le développement et la paix internationale sont interdépendants.
8. Des progrès durables sur la voie de l'application des droits de l'homme supposent, à l'échelle nationale, des politiques efficaces de développement et, à l'échelle internationale, des relations économiques plus équitables et un environnement économique favorable.
9. Le racisme, en particulier sous ses formes nouvelles, l'extrémisme et le fanatisme, d'origine religieuse ou autre, constituent une menace sérieuse pour la protection et la promotion des valeurs universelles des droits de l'homme. Les gouvernements, les individus, les groupes, les institutions et les organisations non gouvernementales sont appelées à déployer leurs efforts, à prendre les mesures nécessaires et à coopérer pour faire face à cette menace.
10. L'Afrique, qui s'est engagée sur la voie de la démocratie, de la réforme économique et de la promotion des droits de l'homme, dans un environnement économique international défavorable, et qui se trouve particulièrement exposée aux tension internées nées de l'insatisfaction des besoins essentiels des populations et de la montée de l'extrémisme, continuera néanmoins à assumer ses options et ses responsabilités, et demande à la communauté internationale d'assumer les siennes, notamment par un renforcement de la solidarité internationale, un accroissement adéquat de l'aide au développement et un règlement approprié du problème de la dette.
11. L'Afrique, qui demeure attachée au respect des droits individuels, réaffirme par la même occasion l'importance qu'elle accorde au respect des droits collectifs des peuples, en particulier au droit de décider de leur propre avenir et de disposer librement de leurs propres ressources. De ce fait, elle condamne la persistance de l'apartheid en Afrique du sud et les violations flagrantes et systématiques des droits de l'homme dues à l'occupation étrangère, notamment en Palestine et dans les autres territoires arabes occupés, y compris Jérusalem, aux conflits armées en somalie et à la politique de purification ethnique en Bosnie-herzégovine, et réaffirme la droit de tous les peuples à l'autodétermination et au libre choix de leurs systèmes et institutions politiques, sur la base du respect de la souveraineté nationale et de la non ingérence dans les affaires intérieures des Etats.

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