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TUNISIE, NOVEMBRE 2005 / LE SOMMET MONDIAL SUR LA SOCIETE DE L'INFORMATION
__Les Nations unies tentent de combattre la "fracture numérique" Nord-Sud
Le Sommet mondial sur la société de l'information
(SMSI), s'est ouvert le 16 novembre 2005, au Palais des
expositions du Kram, dans la banlieue Nord de Tunis, en
présence d'une cinquantaine de chefs d'Etat et de gouvernement
et des représentants de 170 Etats - représentants
des gouvernements, du secteur privé et de la société
civile. Aucun grand dirigeant occidental n'a fait le déplacement
pour le Sommet, qui réunit une majorité de responsables
africains et arabes.
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Photo Onu.
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Cette réunion organisée par les Nations unies
a pour objectif d'examiner les moyens de réduire la "fracture
numérique" Nord-Sud, et de débattre de la gouvernance
du Web, qui relève actuellement d'une société
californienne privée, l'Icann. Sur six milliards d'humains,
seul un milliard a accès à l'internet.
> Le Sommet a également pour ambition d'examiner
la mise en oeuvre du programme défini lors de sa première
phase, qui s'était déroulée à Genève
en 2003. A Genève, 175 pays avaient adopté une Déclaration
de principes définissant une vision commune de la société
de l'information et un Programme d'action qui doit permettre
d'atteindre, d'ici à 2015, plusieurs objectifs visant à
améliorer l'accès aux nouvelles technologies et
les connexions à Internet. Le programme encourage également
le développement de contenu et il vise à faciliter
la présence de toutes les langues sur Internet.
L'ouverture officielle
"Nous souhaitons que ce sommet soit l'occasion d'un véritable
nouveau départ pour une société de l'information
juste, équilibrée et solidaire", a déclaré
le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali en
ouvrant officiellement le SMSI.
Il a déploré que "le fossé numérique" séparant les pauvres et les riches "ne cesse de se creuser" et souligné "le besoin de solidarité" des populations pour sa réduction. Evoquant les défis de l'usage d'Internet, le président tunisien a déploré "certaines utilisations qui ébranlent la confiance et posent un problème de crédibilité" sur la toile, citant les appels à la haine, le terrorisme, le crime et "la dissémination illégitime de fausses informations".
Le secrétaire général des Nations unies,
Kofi Annan, a appelé la communauté internationale
à se mobiliser pour mettre les nouvelles technologies de
la communication au service des pays pauvres. Les gains attendus
de la société de l'information demeurent "inaccessibles
pour beaucoup trop de gens", a-t-il déploré,
tout en souhaitant le raccordement de tous les villages du monde
au réseau Internet d'ici à 2015. "Les obstacles
sont, en l'occurrence, de nature politique plus que financière.
Il est possible de réduire le coût des connexions,
des ordinateurs et des téléphones mobiles",
a-t-il lancé.
Alors que la tenue du sommet à Tunis a été
critiquée par des associations de défense des droits
de l'homme, Kofi Annan a estimé que "la société
de l'information est impensable sans liberté". Sans
elle, a-t-il ajouté, "la société de
l'information que nous souhaitons bâtir ne verra jamais
le jour".
Le président suisse Samuel Schmid, dont le discours
a été censuré sur la chaîne de télévision
locale qui transmettait en direct la cérémonie d'ouverture
du Sommet, a appelé la Tunisie à respecter la liberté
d'expression. "Pour moi, il va de soi qu'ici à Tunis,
dans ces murs mais aussi à l'extérieur, tout un
chacun puisse discuter en toute liberté", a-t-il déclaré,
soulignant que "c'est l'une des conditions sine qua non de
la réussite de cette conférence internationale".
"Parmi les individus encore interdits d'accès aux
moyens d'information, nombreux le sont pour des raisons politiques",
a rappelé Samuel Schmid. "Il n'est pas acceptable
que l'Onu compte encore parmi ses membres des Etats qui emprisonnent
des citoyens au seul motif qu'ils ont critiqué leur gouvernement
sur Internet ou dans la presse".
Shirin Ebadi, Prix Nobel 2003 de la Paix, qui dirige un
centre international pour la défense des droits de l'homme,
a condamné, au nom de la société civile,
la répression des cyberdissidents et demandé aux
Nations unies de créer un comité chargé de
lutter contre la censure sur le réseau Internet. Elle a
plaidé pour la levée des restrictions aux libertés
et le respect des droits de l'homme partout dans le monde.
[Des organisations comme Reporters sans frontières
(Rsf) ont dénoncé l'organisation d'un sommet
de l'information dans un pays qui, selon elles, muselle l'accès
à Internet et condamnent des cyberdissidents. Plusieurs
journalistes français (dont un reporter du quotidien Libération)
et belges enquêtant sur la question des droits de l'homme
ont été molestés à Tunis et le secrétaire
général de Rsf, Robert Ménard, a été
refoulé à l'aéroport.
Pour l'Egyptien Boutros Boutros-Ghali, ancien secrétaire
général des Nations unies, la tenue du Sommet en
Tunisie, malgré, des atteintes aux droits de l'homme, est
un "moyen d'obliger ce pays à se démocratiser".]
Sources : presse internationale, novembre 2005.
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