En ancrant les droits de l'homme dans les conventions des Nations unies et des organisations régionales, la communauté des Etats a fait un grand pas en avant. Grâce à ces traités, l'humanité dispose aujourd'hui de critères contraignants en fonction desquels les Etats sont jugés. Aucun gouvernement dans le monde ne peut aujourd'hui encore prétendre que la façon dont il traite les individus ainsi que les minorités religieuses, ethniques ou linguistiques est une affaire purement interne. En dépit des difficultés à se mettre d'accord sur des standards universels pour les domaines sensibles sur les plans historique et culturel, les valeurs essentielles qui doivent être protégées sont aujourd'hui incontestées. Tout indique que, malgré leur origine occidentale, les droits de l'homme sont de plus en plus reconnus comme référence universelle pour une "bonne" vie dans la dignité, à l'aménagement desquels toutes les cultures peuvent contribuer.
La volonté des Etats et des organisations internationales de mettre en œuvre ces principes et d'intervenir contre ceux qui les violent, indépendamment de toute considération politique ou économique, reste toutefois indispensable. Nous devrions tous prendre davantage conscience du fait que le droit ne se concrétise jamais automatiquement.
Les hommes ne naissent pas libres et égaux. La liberté et l'égalité dont ils peuvent jouir dépendent concrètement du sérieux avec lequel les autorités et les particuliers prennent le message des droits de l'homme. En d'autres termes, les droits de l'homme ne sont pas simplement donnés, il faut les acquérir. Sans l'engagement d'êtres humains pour leurs semblables, sans compassion pour leurs souffrances et solidarité pour les victimes, sans les protestations contre l'oppression et le mépris de la dignité humaine et sans les appels obstinés à plus de justice, notre monde ne pourra être pacifié.