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DE LA NON-INGERENCE A LA RESPONSABILITE UNIVERSELLE
La Déclaration universelle des droits de l'homme
Après la Seconde Guerre mondiale, les Etats fondateurs
de l'Organisation des Nations unies (ONU) remettent en question
le principe de la non-ingérence. Depuis lors, la protection
des droits de l'homme relève du domaine international.
Les droits de l'homme ne sont toutefois pas encore formulés
en détail.
En 1948, l'Assemblée générale des
Nations unies décide d'élaborer une "Déclaration
universelle des droits de l'homme". René Cassin est
l'un de ses rédacteurs. Il se souvient sans doute de la
séance historique de la Société des Nations
tenue quinze ans plus tôt lorsqu'il déclare que les
atrocités de la Seconde Guerre mondiale et la tentative
d'extermination des juifs exigent la création de normes
internationales afin de protéger "tout l'homme et
les droits de tous les hommes".
"Les Nations unies favoriseront le respect universel et
effectif des droits de l'homme et des libertés fondamentales
pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de
religion."
Le 10 décembre 1948 déjà, l'Assemblée
générale des Nations unies proclame la Déclaration
universelle des droits de l'homme. C'est la première
fois dans l'histoire que l'on définit un standard international
commun englobant l'ensemble des droits de l'homme. Les droits
de l'homme sont inhérents à tous les êtres
humains et indissociables. C'est l'un des points essentiels de
la Déclaration de 1948. Il revient à chaque Etat
de les garantir. La Déclaration universelle des droits
de l'homme n'a pas en tant que telle un caractère obligatoire,
mais sa valeur politique et symbolique est très grande.
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Photo Franziska Frutiger.
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La Déclaration de 1948 constitue le point de
départ d'une série de 72 traités internationaux
relatifs aux droits de l'homme. Parmi ceux-ci figurent :
le Pacte des Nations unies relatif aux droits civils
et politiques, ainsi que
le Pacte relatif aux droits économiques, sociaux
et culturels (1966).
Les Conventions sur l'élimination de toute forme
de discrimination raciale (1965), sur l'interdiction de toute
discrimination à l'égard des femmes (1979) ou encore
celle relative aux droits de l'enfant (1989) font partie des nombreux
traités découlant de la Déclaration universelle.
A ces traités internationaux viennent s'ajouter les conventions
régionales telle la Convention européenne des droits
de l'homme (CEDH).
Si la reconnaissance internationale des droits de l'homme a
constitué un progrès notable, elle n'était
pas pour autant suffisante. Il fallait encore pouvoir contrôler
le respect des ces droits par les Etats. Deux types de procédure
de contrôle ont été prévus : des procédures
de nature politique et des procédure de nature juridictionnelle.
L'instance politique de contrôle est la Commission des
droits de l'homme de l'ONU avec ses rapporteurs spéciaux
sur des thèmes et des pays déterminés. Les
instruments juridiques de contrôle sont fixés par
les différentes conventions relatives aux droits de l'homme
- Voir : Mécanismes de contrôle.
Le fait que les particuliers puissent faire valoir leurs droits
constitue un progrès remarquable par rapport à la
situation que l'on connaissait avant la Seconde Guerre mondiale.
A cette époque, les particuliers n'avaient pratiquement
aucune possibilité de se référer directement
au droit international. Désormais, le droit international
garantit un certain nombre de droits individuels et permet de
les faire valoir devant des organes indépendants - Voir
: Plaintes et communications individuelles.
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