CONCLUSION

Perspectives

Les droits de l'homme sont devenus un facteur important de la politique (extérieure). Lors de la Conférence des Nations Unies sur les droits de l'homme qui s'est tenue en 1993 à Vienne, les représentantes et représentants de 171 Etats ont confirmé le principe selon lequel les droits de l'homme sont universels et indissociables : "Tous les droits de l'homme sont universels, indissociables, interdépendants et intimement liés. [...] S'il convient de ne pas perdre de vue l'importance des particularismes nationaux et régionaux et la diversité historique, culturelle et religieuse, il est du devoir des Etats, quel qu'en soit le système politique, économique et culturel, de promouvoir et de protéger tous les droits de l'homme et toutes les libertés fondamentales." / Extrait de la Déclaration de la Conférence mondiale sur les droits de l'homme de 1993 à Vienne.

Et pourtant, les intérêts économiques et politiques ne sont pas sans influencer la politique menée par les Etats en matière de droits de l'homme. Le danger d'une application sélective est grand. Il est donc indispensable que des experts indépendants et des ONG contrôlent la mise en uvre des droits de l'homme.

Il ne faut en outre pas ignorer les voix critiques qui s'élèvent surtout dans le "Sud". Elles s'interrogent sur la possibilité d'exporter les droits de l'homme, formulés avant tout par les Etats occidentaux, sans tenir compte des particularités culturelles. Elles estiment que lorsque les étrangers à leur culture condamnent leurs comportements en les taxant de violations des droits de l'homme, il faudrait vérifier au cas par cas si les personnes concernées le voient ainsi. Cette critique est l'expression de la méfiance des jeunes Etats du "Sud" à l'encontre des anciennes puissances coloniales qui, après avoir grossièrement violé les droits de l'homme, s'en font aujourd'hui les gardiens.

Les droits de l'homme peuvent-ils donc, selon les circonstances, être dissociables ? Peut-on, à un certain stade de développement, renoncer à une partie d'entre eux ­ à certains droits politiques par exemple ? Peut-on les limiter dans l'intérêt du développement économique ou pour des considérations politiques ? Les différences culturelles peuvent-elles justifier certaines formes de peines telles que la mutilation ou la lapidation dans le droit islamique ? Bien que la Déclaration et le Programme d'action de la Conférence de Vienne de 1993 fournissent des réponses à certaines questions, la mise en uvre d'une politique cohérente des droits de l'homme demeure contestée sur de nombreux points. Cette politique doit être élaborée dans le dialogue. Les droits de l'homme sont, dans ce sens, un work in progress.


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