Tous les êtres humains...

LES DROITS DE L’HOMME SONT UNIVERSELS ET INDIVISIBLES
Chaque droit de la personne vaut pour l’humanité tout entière

Les droits de l'homme forment un tout. Ils valent partout et pour toutes les personnes sans distinction de couleur, de sexe, de pays, de religion, de richesse, d'opinion. Ils sont fondés sur des valeurs universelles (dignité, liberté, égalité, justice) qui, tout en étant un idéal pour l'humanité, sont des principes capables de réguler la vie des hommes, des femmes, des enfants. En même temps qu'ils sont universels, les droits de l'homme sont concrets, car ils permettent de caractériser certains actes comme étant inhumains, comme l'esclavage, la torture, la privation de liberté sans jugement préalable. C'est aux individus qu'il appartient, par une prise de conscience éthique, de s'exprimer publiquement contre les violations des droits de l'homme : chaque droit de la personne vaut pour l'humanité tout entière.

En ce sens, tout être humain est sujet de droit : il participe à l'élaboration des droits plus ou moins directement. Il est, par principe, créateur du droit, de la loi, et en même temps il est titulaire de droits, de tous les droits de l'homme, en tenant compte de ses obligations, de ses devoirs au regard de l'intérêt général.

Universels, les droits de l'homme sont indivisibles. Ils forment un tout. On ne peut ni en choisir quelques-uns ni donner une préférence exclusive à telle ou telle catégorie de droits sans mettre immédiatement à mal la notion même de droits de l'homme. L'originalité de la Déclaration universelle des droits de l'homme est d'avoir placé, sur le même plan, les droits économiques et sociaux, les droits civils et politiques, et les droits culturels.

Que signifie le droit à la vie ou encore la participation à la vie politique si la pauvreté, la misère, les épidémies, empêchent l'individu d'aller et venir, de voter, de se marier librement...? L'importance des DROITS ECONOMIQUES ET SOCIAUX comme condition même de l'efficacité et de l'exercice de l'ensemble des droits reconnus aux êtres humains ne peut échapper à personne. Les pays en développement peinent plus encore que les autres à obtenir l'exercice de ces droits durablement, les problèmes liés à la mondialisation de l'économie constituant de nouveaux défis.

Il faut par ailleurs se garder de rendre effectifs les seuls droits économiques au détriment des droits de la personne (les DROITS CIVILS) et des droits de chaque individu à décider de son sort et de l'avenir de son pays (DROITS POLITIQUES).

Entre droits civils et politiques d'une part, droits économiques et sociaux de l'autre, il existe un lien indéfectible. On peut affirmer que tous les droits de l'homme sont interdépendants et par conséquent indivisibles, inséparables. Chacune des catégories de droits garantit un aspect de la valeur de la personne humaine et de sa dignité.

L'universalité des droits de l'homme pose avec acuité la question de la diversité des cultures et celle de la spécificité des DROITS CULTURELS . La Déclaration universelle reconnaît le droit de chaque personne à participer à la vie culturelle de sa communauté, de son pays, à recevoir une éducation et une formation, à s'informer.

La diversité culturelle ne déroge pas à l'universalité des droits de l'homme. Il existe cependant un courant de pensée qui insiste sur le relativisme culturel et qui fait douter de l'universalité des droits de l'homme. L'idée selon laquelle les coutumes, les normes traditionnelles pèseraient définitivement sur une société et enfermeraient les individus nous semble inacceptable. Bien que des éléments culturels influencent effectivement les attitudes et la pensée des individus, les cultures évoluent et peuvent évoluer. La culture n'est pas un état figé mais un devenir en mouvement perpétuel. Le relativisme excessif que pourrait engendrer la prise en compte de la diversité des cultures conduirait à la négation du socle universel que constitue l'ensemble des droits de l'homme. On ne peut donc prétexter des différences culturelles pour ne pas respecter les droits de l'homme.

Les cultures, quelles qu'elles soient, peuvent en revanche faire progresser les droits de l'homme, notamment les droits culturels. Elles sont différentes dans leurs réalisations, mais elles sont égales en dignité lorsqu'elles sont des expressions de la liberté. A une période donnée, en un lieu défini, des hommes, des femmes, des enfants inventent, selon leur culture, des façons de vivre les droits de l'homme. Cette diversité est enrichissante si elle respecte la valeur de l'être humain comme fin en soi, si elle prend en compte l'ensemble des droits de l'homme.