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| Au XIXe siècle, les Français désignaientde cette manière les voyages qui relièrent l'Indeaux colonies françaises de l'océan Indien et del'Atlantique pour les approvisionner en travailleurs libres oucoolies. [La terminologie anglaise indique que les Britanniquesfurent les premiers à pratiquer une activité qu'ilsn'hésitaient pas à condamner quand elle étaitfrançaise : jusqu'au lendemain de la Première Guerremondiale, ils transportèrent de un à deux millionsd'Indiens dans leurs propres colonies.] De 1849 à 1889,les navires français introduisirent officiellement àLa Réunion, à la Martinique et à la Guadeloupe,cent trente mille Indiens - auxquels il faut ajouter ceux de l'émigrationclandestine et les travailleurs noirs qui furent engagéssur la côte occidentale de l'Afrique. Emigration volontaireou traite déguisée ? La répression de la traite illégale eut comme conséquence de réduire le nombre des esclaves aux colonies alors que les planteurs en avaient grand besoin pour cultiver une canne à sucre dont la production était en plein essor. Prévoyant la disparition à moyen terme de la main-d'uvre servile, les grands propriétaires de l'île Bourbon firent appel dès 1827 à des travailleurs libres qui leur arrivèrent l'année suivante du comptoir français de Yanaon. C'était le début d'une émigration planifiée qui durerait soixante ans. En Inde, les agents recruteurs faisaient miroiter àses habitants miséreux les conditions d'une vie meilleuredans les colonies françaises. Les planteurs qui les engageaientpour trois ans, promettaient de leur payer le voyage du retour,un salaire mensuel et tout ce dont ils auraient besoin dans leurnouveau cadre de travail. Mais les coolies déchantèrentrapidement : les conditions du transport maritime étaientmauvaises et celles que leur réservaient sur place lesplanteurs étaient pires. En 1839, l'émigrationfut interdite. On l'autorisa à nouveau en 1849 sousréserve d'améliorations sensibles : engagéspour cinq ans maximum, les coolies, âgés d'au moins21 ans et en bonne santé, devaient disposer à borddes navires d'une alimentation et d'une place suffisantes. Enfin,c'est en 1852 que l'émigration indienne vers les coloniesd'Amérique fut permise et encouragée : troisans plus tard, l'Etat accorda à la Compagnie GénéraleMaritime des frères Péreire le monopole du transportet lui alloua une prime d'encouragement de 355 francs par émigrantdébarqué. Le trafic des coolies fut un commerce lucratif qu'ondoit pourtant différencier du trafic négrier. LesIndiens étaient mieux traités que les Noirs et letaux de mortalité moyen des coolies ships reliant l'Indeà l'Amérique fut de 2,7%, selon l'historien JacquesWeber. En revanche, la condition du coolie dans les colonies rappelait celle de l'esclave et la mortalité y atteignait des taux records de 30 à 50%. Cela motiva, dans les années 1880, la décision de cesser l'émigration indienne vers les colonies françaises
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