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Depuis 1967, l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) est régulièrement saisie, principalement par les pays arabes, de "la sauvegarde du patrimoine culturel de Jérusalem Est", qui inclut la vieille ville et donc le mont du Temple / Haram. Ils insistent pour demander "qu'aucune mesure et qu'aucun acte de nature à modifier le caractère religieux, culturel, historique et démographique de la ville, ou l'équilibre de l'ensemble du site, ne soient accomplis" [résolution de la dernière Conférence générale de l'UNESCO à l'automne 1999]. Cette saisine s'appuie principalement sur le fait que les Nations unies considèrent Jérusalem-Est comme une "ville occupée". La démarche de ses promoteurs est basée principalement sur la Convention de La Haye sur la protection des biens culturels en cas de conflits armés (Unesco, 1954) et sur la Convention du patrimoine mondial culturel et naturel (Unesco, 1972): Jérusalem est inscrite sur la Liste du patrimoine mondial depuis 1981 et sur la Liste des sites en péril depuis 1982. La convention du patrimoine fait obligation à l'Etat responsable du site de veiller notamment au respect de son intégrité et de son authenticité. Les préoccupations des pays arabes se focalisent sur les aménagements entrepris par les autorités israéliennes dans la vieille ville, sur ses changements démographiques, et surtout sur les fouilles archéologiques. "Dans l'affrontement au Proche-Orient, chacun affirme sa légitimité en creusant le sol. Des strates symboliques et archéologiques marquent l'antériorité de l'un par rapport à l'autre", écrivait récemment Jacques Tarnero, du Centre interdisciplinaire de recherche sur les juifs et les diasporas (Paris). La hantise des fouillesEn particulier, les Israéliens voudraient que des travaux archéologiques puissent contribuer à reconstituer l'histoire de leurs lieux sacrés. Ils ne peuvent, en principe, les entreprendre, notamment parce que la recommandation de New Delhi (Unesco, 1956) interdit ce type d'activité à une puissance occupante. Les autorités islamiques, pour leur part, vivent dans la hantise que des fouilles ne sapent l'esplanade jusqu'à provoquer l'effondrement des mosquées. Les autorités israéliennes rejettent tous ces griefs. Elles estiment qu'ils ne relèvent pas de la protection du patrimoine mais principalement de considérations politiques. En outre, selon leur ambassadeur actuel, dans le processus de négociation engagé, "toute mesure prise... par un organisme extérieur, à plus forte raison une organisation internationale comme l'Unesco, suscite un malaise et constitue une ingérence inopportune". Les décisions des organes souverains de l'Unesco sur cette question s'appuient sur des missions d'experts. La prochaine, à mener par le professeur Oleg Grabar, attend le feu vert des autorités israéliennes. |