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L'inquiétude des historiens n'est pas apaisée : ils ont décidé de s'organiser afin de mieux se défendre face aux groupes de pression. Les 580 d'entre eux (parmi lesquels Alain Decaux, Alain Besançon, Jean-Claude Casanova, Stéphane Courtois, Max Gallo, Emmanuel Le Roy Ladurie, Pierre Nora, Michel Winock) qui avaient signé en décembre 2005 un appel contre les lois qu'ils jugent "interventionnistes" ont décidé de créer une association baptisée Liberté pour l'histoire. Présidée par René Rémond, cette association a pour vocation de"défendre la liberté d'expression des historiens contre les interventions politiques et les pressions idéologiques de toute nature et de toute origine", comme le précisent ses statuts. Les signataires demandent l'abrogation des principales dispositions de la loi - dite Taubira - "reconnaissant la traite négrière et l'esclavage comme un crime contre l'humanité", mais aussi la suppression de plusieurs articles des lois réprimant le négationnisme, reconnaissant le génocide arménien et rendant hommage aux rapatriés. Selon eux, ces textes "ont restreint la liberté de l'historien, lui ont dit, sous peine de sanctions, ce qu'il doit chercher et ce qu'il doit trouver [ ]". Les signataires dénoncent "les interventions politiques de plus en plus fréquentes dans l'appréciation des événements du passé" et "les procédures judiciaires touchant des historiens". Les poursuites contre Olivier Pétré-GrenouilleauA l'origine de cette affaire, rappelons-le, il y a les poursuites judiciaires initiées par trois associations - dont le Collectif des filles et fils d'Africains déportés et le Collectif des Antillais, Guyanais et Réunionnais - contre l'universitaire Olivier Petré-Grenouilleau pour "apologie de crime contre l'humanité" et "diffamation publique raciale". Celui-ci a déclaré, le 12 juin 2005 dans le Journal du dimanche, que l'esclavage est "un phénomène qui s'est étendu sur treize siècles et cinq continents" et que "les traites négrières ne sont pas des génocides", car "la traite n'avait pas pour but d'exterminer un peuple". La "loi Taubira" autorise en effet les associations qui "défendent la mémoire des esclaves et l'honneur de leurs descendants" à déclencher l'action publique. |