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Le rapport Kaspi
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POINT DE VUE  


Commémorations : en finir avec la repentance [Johann Michel]


FRANCE, NOVEMBRE 2008 | RAPPORT DE LA COMMISSION DE REFLEXION SUR LA MODERNISATION DES COMMEMORATIONS PUBLIQUES
__L'historien André Kaspi prône une diminution des commémorations nationales, pour valoriser celles du 11 novembre, du 8 mai et du 14 juillet

La Commission de réflexion sur "la modernisation des commémorations publiques", présidée par l’historien André Kaspi, a rendu son rapport le 12 novembre 2008.

La Commission, qui avait pour objectif de réfléchir au sens et au contenu des commémorations publiques, dont le nombre a doublé depuis 1999, estime que le trop grand nombre de commémorations entraîne "une désaffection et une incompréhension de la part d'une très grande majorité de la population, un affaiblissement de la mémoire collective, des particularismes qui vont à l'encontre de l'unité nationale".

Le rapport Kaspi propose - au nom de la lutte contre l’inflation mémorielle - de ne retenir que trois dates dans le cadre d'une commémoration nationale, les autres dates devenant des commémorations locales ou régionales :

"Le 11Novembre pour commémorer les morts du passé et du présent, le 8 Mai pour rappeler la victoire sur le nazisme et la barbarie, le 14 Juillet qui exalte les valeurs de la révolution française".

D'autres propositions sont présentées : donner une plus forte ampleur au tourisme de mémoire, inciter les établissements scolaires à mettre au point des projets pédagogiques permettant une réflexion approfondie sur la signification de la date commémorée, préparer à l'intention des médias des programmes, des événements qui retiennent l'attention des lecteurs et des téléspectateurs. La Commission souhaite également conforter le rôle des collectivités territoriales dans l'organisation des journées de la mémoire.

LES CINQ PRINCIPALES CONCLUSIONS DU RAPPORT

La commission avait pour objectif de réfléchir sur le nombre et le déroulement des commémorations publiques. Après avoir entendu les associations d’anciens combattants et une quarantaine d’invités, elle aboutit aux conclusions suivantes :

1 - Les commémorations publiques ou nationales sont trop nombreuses. Elles atteignent aujourd’hui le nombre de 12, soit deux fois plus qu’en 1999. Leur nombre pourrait encore augmenter dans les années à venir. Ce qui entraîne une désaffection et une incompréhension de la part d’une très grande majorité de la population, un affaiblissement de la mémoire collective, des particularismes qui vont à l’encontre de l’unité nationale.

2 - Trois dates devraient faire l’objet d’une commémoration nationale : le 11 novembre pour commémorer les morts du passé et du présent, le 8 mai pour rappeler la victoire sur le nazisme et la barbarie, le 14 juillet qui exalte les valeurs de la Révolution française. Bien entendu, dans toute la mesure du possible, les commémorations nationales seront intégrées dans le processus de la construction européenne.

3 - Les autres dates ne seraient pas supprimées. Elles deviendraient des commémorations locales ou régionales. De temps à autre, elles revêtiraient un aspect exceptionnel, comme ce fut le cas en 2004 pour les débarquements alliés de 1944.

4 - Il ne suffit pas d’exprimer des exigences à l’égard de l’Education nationale et des médias. Il faut inventer des formes nouvelles de commémoration, qui contribueront à transmettre la mémoire des grands événements de notre histoire. De là, un effort particulier dans plusieurs directions :

donner une plus forte ampleur au tourisme de mémoire, qui offre la possibilité de visiter des lieux historiques, de rassembler sur le plan national et sur le plan international;
inciter les établissements scolaires à mettre au point des projets pédagogiques, qui ne seront pas limités à la date commémorée, mais permettront une réflexion approfondie sur sa signification;
préparer à l’intention de la presse écrite, de la presse radio - télévisée et électronique des programmes, des événements qui retiennent l’attention des lecteurs et des téléspectateurs.

5 - Ne pas tout attendre de l’Etat central. Les collectivités territoriales doivent tenir une place primordiale. C’est d’elles que partiront les initiatives les plus novatrices. C’est elles qui mettront sur pied des journées de la mémoire, adaptées aux lieux. Chacune d’elles peut apporter sa contribution à la sauvegarde de la mémoire nationale.

LES DOUZE JOURNEES ACTUELLES. Fête nationale, 14 juillet [depuis 1880] | Fête de Jeanne d’Arc, deuxième dimanche de mai [depuis 1920] | Armistice de la Première Guerre mondiale, 11 novembre [depuis 1922] | Journée de la déportation, dernier dimanche d’avril [depuis 1954] | Armistice de la Seconde Guerre mondiale, 8 mai [depuis 1981] | Hommage aux Justes de France, 16 juillet (depuis 2000) | Abolition de l’esclavage, 10 mai (2001) | Hommage aux harkis, 25 septembre (2003) | Hommage aux morts de la guerre d’Algérie, 5 décembre (depuis 2003) | Hommage aux morts d’Indochine, 8 juin (depuis 2005) | Appel du général de Gaulle, 18 juin (2006) | Hommage à Jean Moulin, 17 juin

11.2008.
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