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ASSEMBLEE NATIONALE
Proposition de loi, décembre 1998
[ 96 ko]
Rapport, 10 février 1999
[ 340 ko]
Rapport Taubira, avril 2000
[ 160 ko]
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FRANCE, 2005 / LA LOI, L'HISTOIRE ET LE DEVOIR DE MEMOIRE
__Loi du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité
Article 1er
La République française reconnaît que
la traite négrière transatlantique ainsi
que la traite dans l'océan Indien d'une part, et l'esclavage
d'autre part, perpétrés à partir du XVe siècle,
aux Amériques et aux Caraïbes, dans l'océan
Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes,
malgaches et indiennes constituent un crime contre l'humanité.
Article 2
Les programmes scolaires et les programmes de recherche
en histoire et en sciences humaines accorderont à la
traite négrière et à l'esclavage la place
conséquente qu'ils méritent. La coopération
qui permettra de mettre en articulation les archives écrites
disponibles en Europe avec les sources orales et les connaissances
archéologiques accumulées en Afrique, dans les Amériques,
aux Caraïbes et dans tous les autres territoires ayant connu
l'esclavage sera encouragée et favorisée.
Article 3
Une requête en reconnaissance de la traite négrière
transatlantique ainsi que de la traite dans l'océan Indien
et de l'esclavage comme crime contre l'humanité sera introduite
auprès du Conseil de l'Europe, des organisations internationales
et de l'Organisation des Nations unies. Cette requête visera
également la recherche d'une date commune au plan international
pour commémorer l'abolition de la traite négrière
et de l'esclavage, sans préjudice des dates commémoratives
propres à chacun des départements d'outre-mer.
Article 4
Le dernier alinéa de l'article unique de la loi
no 83-550 du 30 juin 1983 relative à la commémoration
de l'abolition de l'esclavage est remplacé par trois
alinéas ainsi rédigés :
"Un décret fixe la date de la commémoration
pour chacune des collectivités territoriales visées
ci-dessus;
"En France métropolitaine, la date de la commémoration
annuelle de l'abolition de l'esclavage est fixée par le
Gouvernement après la consultation la plus large;
"Il est instauré un comité de personnalités
qualifiées, parmi lesquelles des représentants d'associations
défendant la mémoire des esclaves, chargé
de proposer, sur l'ensemble du territoire national, des lieux
et des actions qui garantissent la pérennité de
la mémoire de ce crime à travers les générations.
La composition, les compétences et les missions de ce comité
sont définies par un décret en Conseil d'Etat pris
dans un délai de six mois après la publication de
la loi no 2001-434 du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance
de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité".
Article 5
A l'article 48-1 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté
de la presse, après les mots : "par ses statuts, de",
sont insérés les mots : "défendre
la mémoire des esclaves et l'honneur de leurs descendants".
La présente loi sera exécutée comme loi
de l'Etat.
Fait à Paris, le 21 mai 2001.
Source : Journal officiel n° 119 du 23 mai 2001,
page 8175.
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