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SADDAM HUSSEIN |
IRAK, 2004-6 / SADDAM HUSSEIN - TRIBUNAL SPECIAL IRAKIEN __L'ancien dictateur irakien devant ses juges
Saddam Hussein devant le TribunalSe présentant comme "le président de l'Irak élu par la volonté du peuple", l'ancien dictateur âgé de 67 ans - il a le statut de prisonnier de guerre - a nié toute légitimité au Tribunal, dénoncé une "production théâtrale" au service du président américain George Bush, et refusé de signer l'acte d'accusation et défendu avec véhémence l'invasion du Koweït. Le procès de Saddam Hussein, qui encourra vraisemblablement la peine de mort, n'est pas attendu avant 2005. Onze autres dirigeants de l'ancien régime irakien,
dont l'ancien vice-premier ministre Tarek Aziz, ont également
été présentés séparément
devant le Tribunal et se sont vus notifier les chefs d'accusation
retenus contre eux. Les journalistes ont retrouvé Saddam Hussein dans la peau d'un accusé fatigué, mais combatif, lors de sa première comparution d'une demi-heure devant un juge irakien au Camp Victory, base américaine installée dans l'un de ses anciens palais à la périphérie de Bagdad. Ils l'avaient quitté hagard et hirsute, tiré de son "trou" par les soldats américains, lors de son arrestation le 13 décembre 2003, à 20 h 26 au sud-est d'Al-Daour, une petite localité proche de Tikrit, le fief de son clan. "Je suis Saddam Hussein Al-Majid, actuel président de l'Irak" L'Agence France-Presse fait la relation suivante de cette première comparution : "Les images ont été diffusées dans le monde arabe par les chaînes Al-Jazira et Al-Arabiya. Barbe poivre et sel correctement taillée, en chemise blanche et veste anthracite, derrière la balustrade de bois du box des accusés, est apparu un Saddam Hussein visiblement amaigri. Tour à tour, attentif, nerveux ou agacé, l'accusé prend quelques notes sur une feuille de papier jaune, reste pensif ou s'anime, appuyant ses propos de gestes fermes de la main. "Le regard est moins assuré, la posture moins fière, mais l'homme qui fait face au juge - montré seulement de dos pour des raisons de sécurité - n'en conteste pas moins vigoureusement les accusations portées contre lui". Agence France Presse, Paris, 2 juillet 2004. Rémy Ourdan, envoyé spécial du quotidien Le Monde à Bagad décrit ainsi l'interrogatoire de Saddam Hussein par le juge d'instruction irakien chargé de mener cette audience de comparution initial : "le jeune juge [ ], dont l'identité n'a pas été révélée, lui demande d'abord de décliner son identité. "Je suis Saddam Hussein, président de l'Irak". Puis il répète : "Je suis Saddam Hussein Al-Majid [le Glorieux], président de l'Irak". Le juge précise : "Ancien [président]". L'accusé : "Non, actuel". Il précise : "Elu par la volonté du peuple". Il répétera plusieurs fois durant l'audience qu'il est "le président de la République de l'Irak" et insistera pour que le juge s'adresse à lui en ces termes. (Les citations ont été recueillies par un pool de presse.) [ ] Saddam Hussein demande au juge : "Qui êtes-vous ?", ou encore : "Selon quelle loi intervenez-vous ?" Il fait la leçon : "Le système judiciaire en Irak a toujours représenté la volonté du peuple. Vous ne devriez pas travailler avec les forces d'occupation !" Ou encore : "Ainsi vous réprimez des Irakiens en suivant les ordres des forces d'occupation !" Le juge rétorque : "Je suis un juge irakien représentant l'Irak !" [
] Lorsque le juge lui demande s'il peut s'offrir les services d'un avocat, Saddam Hussein répond par une boutade : "Puisque les Américains affirment que j'ai des millions de dollars à Genève, je devrais pouvoir m'en offrir un". Puis il demande : "C'est fini ?" Le juge répond : "C'est fini". Alors Saddam Hussein se lève promptement, avant de dire au garde qui se précipite pour l'aider : "Eh doucement ! Je suis un vieil homme...". Puis il sort de la salle d'audience. / Le Monde, Paris,
3 juillet 2004. Les sept chefs d'accusation à l'encontre de Saddam HusseinVoici les sept chefs d'accusation pour lesquels le président irakien déchu Saddam Hussein est accusé de "crimes contre l'humanité". La guerre Iran-Irak ne figure pas parmi les chefs d'inculpation. Des chefs d'accusation spécifiques seront retenus ultérieurement, selon des responsables irakiens.
[L'Iran a préparé une plainte contre l'ex-président irakien Saddam Hussein pour la guerre qu'il a lancée contre ce pays en 1980 et l'utilisation d'armes chimiques et la présentera devant le TSI. "L'un des crimes de Saddam Hussein est l'attaque contre l'Iran, les morts d'Iraniens, l'utilisation d'armes chimiques. Nous avons préparé une plainte qui sera présentée au tribunal", a déclaré le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Hamid Reza Assefi, le 4 août 2004. Officiellement, plus de 200'000 soldats Iraniens ont été tués pendant la guerre, mais selon certaines estimations occidentales le nombre des morts iraniens et irakiens pourrait dépasser le million. La guerre a par ailleurs dévasté les zones frontalières, l'industrie pétrolière ainsi que les villes atteintes à la fin du conflit par les missiles irakiens. 100'000 combattants iraniens, selon Téhéran, auraient souffert des armes chimiques utilisées à large échelle par les forces irakiennes contre les combattants iraniens.] LIrak a accédé, le 20 mai 2005, à une demande de lIran de juger Saddam Hussein et ses adjoints pour "crimes de guerre (liés aux conflits ayant opposé lIran et lIrak de 1980 à 1988), crimes contre lhumanité et agressions militaires contre les peuples dIran, dIrak et du Koweït". Les chefs d'inculpation contre les onze coaccusés de Saddam HusseinOnze autres dirigeants de l'ancien régime irakien, dont l'ancien vice-premier ministre Tarek Aziz, ont également été présentés séparément devant le Tribunal et se sont vus notifier les chefs d'accusation suivants :
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