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SADDAM HUSSEIN |
IRAK, 2005-6 / LE PROCES DE SADDAM HUSSEIN - TRIBUNAL SPECIAL IRAKIEN __Massacre de Doujaïl : la peine de mort requise contre Saddam Hussein
Le procureur général du Haut tribunal pénal, Jaafar Al-Moussaoui, a requis la peine de mort contre Saddam Hussein et deux autres accusés : son demi-frère Barzan Al-Tikriti et l'ancien vice-président irakien, Taha Yassine Ramadan. Dans son réquisitoire, le magistrat s'est évertué à démontrer la responsabilité directe des trois hommes dans la répression sanglante qui a eu lieu, à Doujaïl, contre des civils accusés par l'ancien régime d'avoir participé à une tentative d'assassinat de Saddam Hussein. "Ce sont des crimes contre l'humanité étant donné qu'ils ont eu lieu dans le cadre d'une campagne organisée et ordonnée par les autorités contre un groupe de civils", a-t-il soutenu. Selon lui, il y a eu "une violente campagne contre les habitants qui ont subi meurtres, destructions de biens et ont été forcés à l'exil intérieur". "Les tortures pendant les interrogatoires ont coûté la vie à 46 personnes", a-t-il affirmé, ajoutant que leurs noms avaient été ajoutés ensuite à la liste de 148 condamnés à mort qui ont été exécutés. "Au même moment, 399 personnes, des vieux, des femmes et des enfants ont été parqués dans un camp proche des frontières avec l'Arabie saoudite où ils sont restés jusqu'en 1986 dans des conditions très difficiles. A l'examen de ces mesures, on peut les qualifier de véritable opération militaire impliquant les services de renseignement, des services de sécurité et l'armée populaire [un corps paramilitaire lié au régime]", a-t-il ajouté. "Les accusés étaient conscients de ce qu'ils faisaient et leurs opérations ont eu un caractère systématique", a encore souligné le procureur, affirmant que plusieurs d'entre eux se sont rendus à Doujaïl pour participer à la répression. Le verdict pourrait être prononcé vers la mi-septembre 2006. Le massacre de 148 villageois chiites en 1982 Saddam Hussein, qui plaidait non coupable, ne reconnaît pas l'autorité du tribunal. Ses co-accusés étaient l'ancien vice-président Taha Yassine Ramadan; son demi-frère Barzan al-Tikriti; un ancien juge du tribunal révolutionnaire et adjoint du chef du cabinet de Saddam Hussein, Awad Ahmed al-Bandar, et quatre anciens responsables du parti Baas dans la région de Doujaïl, Abdallah Kadhem Roueid, Mezhar Abdallah Roueid, Ali Daeh Ali et Mohammed Azzam al-Ali. Saddam Hussein ne répondait, au cours de ce premier procès, que d'un seul chef d'inculpation : l'exécution et la disparition de 148 civils chiites de la petite ville de Doujaïl, à 60 km au nord de Bagdad, en 1982. Cette affaire faisait suite à une tentative d'assassinat
perpétrée sur la personne de l'ancien dictateur,
dont le convoi motorisé avait été mitraillé
alors qu'il traversait la localité. Le lendemain, le 9
juillet 1982, des éléments de la puissante garde
républicaine avaient investi Doujaïl, et plus de 600
personnes arrêtées avaient été torturées. LE PROCES_19 OCTOBRE 2005. Lors de la première audience, Saddam Hussein a refusé de répondre aux questions du président du Tribunal lui demandant de décliner son identité.
_28 NOVEMBRE. Deuxième audience : témoignage d'un ancien responsable des services de sécurité, Ouaddah Ismaïl al-Cheikh, enregistré à l'hôpital avant sa mort, contre le demi-frère du président, Barzan" Ibrahim al-Hassan al-Tikriti, accusé d'avoir mené une répression impitoyable à Doujaïl. Selon ce témoignage, 400 personnes, dont des femmes, des enfants et des personnes âgées, avaient été arrêtées, après l'attaque du convoi de Saddam Hussein. "Les forces de sécurité ont reçu l'ordre de Barzan" Ibrahim al-Hassan al-Tikriti, demi-frère de Saddam Hussein et ancien chef des services de renseignements, "de se déployer à travers la localité et ont commencé à arrêter des familles entières", dit-il. _5 DECEMBRE. "Je n'ai pas peur d'être exécuté", déclare Saddam Hussein lors de la troisième audience. Le premier témoin à être entendu au procès, Ahmed Hassan Mohammed, membre du parti chiite Al Dawa, raconte comment des arrestations de masse étaient intervenues avant même la visite de Saddam Hussein en 1982 à Doujail. Il donne les noms de plusieurs de ses voisins tués après l'attentat contre le convoi de l'ancien dictateur. "J'ai vu les corps de nos voisins martyrisés, certains étaient méconnaissables". _6-7 DECEMBRE. Quatrième et cinquième audiences : témoignages.
Les décrets approuvant la condamnation puis ordonnant l'exécution "immédiate" portent la signature de Saddam Hussein. Le procès a eu lieu en mai 1984, en l'absence des accusés, devant le Tribunal de la révolution. Les documents révèlent que 46 condamnés sont morts pendant leur interrogatoire et que 96, dont 10 mineurs, ont été exécutés par pendaison. _1er MARS. "Je suis le seul responsable", affirme Saddam Hussein devant le Tribunal. "Vous avez inculpé Awad Bandar, le président de tribunal de la révolution, car il avait prononcé le verdict. Mais, c'est moi qui les ai transférés au tribunal pour être jugés selon la loi, comme vous le faites aujourd'hui". "C'est moi le responsable alors pourquoi en jeter d'autres en prison ?", ajoute-t-il. "C'est moi qui ait ordonné de détruire les vergers. Ce n'est bien sûr pas moi qui suis monté sur le bulldozer pour les raser mais j'ai signé l'ordre du Conseil du commandement de la révolution (CCR)". L'ancien chef d'Etat irakien justifie les condamnations à mort prononcées contre les auteurs de l'attentat qui le visait. "J'ai vu passer les balles devant mes yeux. J'étais dans la voiture derrière le chauffeur. Il y avait un ami à mes côtés et un garde du corps près du chauffeur. C'est Dieu qui a voulu sauver la voiture, même si des balles l'ont touchée", explique-t-il. "Ces personnes ont commis un crime contre le chef de l'Etat et, quel que soit son nom, c'est le chef de l'Etat. Alors jugez le président, mais laissez les autres [les sept coaccusés] tranquilles". [ ] "Si vous pensez que le CCR a eu tort de confisquer les terres alors jugez-moi, car le chef du CCR est entre vos mains".
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