| GENESE DUNE TRAGEDIE | ||
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Été 1942 : une collaboration meurtrière
A partir du 14 août, les enfants sont envoyés dans les convois en direction des camps de la mort. L'OSE travaille rapidement pour sauver le plus d'enfants possible, en instance de départ. Dans les camps d'internement, elle assume la dramatique obligation de convaincre les parents de lui confier leurs enfants. Entre le mois d'août et le mois de septembre, les familles Krochmal, Gamiel-Hirsch, Loebmann, Wertheimer, Reis, Zuckerberg, Spiegel, Springer et Bulka sont déportées. Certains enfants de ces familles, sortis des camps par l'OSE, suivent des filières qui les mènent dans différents hébergements de la zone non occupée, du château de Montintin (Haute-Vienne) à Penne-d'Agenais (Lot-et-Garonne), en passant par de nombreuses maisons. Ces enfants, privés de leur famille, retrouvent dans ces lieux d'accueil des conditions de vie décentes, tant sur le plan de la santé que de l'éducation. Il reste que 1942 est une année noire : 42'000 juifs de France dont environ 6'000 enfants sont déportés. Parmi eux, seules 805 personnes dont 21 femmes reviendront des camps. Parmi les enfants, aucun ne survivra. L'historien Serge Klarsfeld souligne "que 34 convois totalisant 33'057 juifs sont partis entre le 17 juillet et le 30 septembre. Pendant ces onze semaines, avec le concours massif du gouvernement de Vichy, de l'administration et de la police françaises, 3'000 juifs par semaine ont été déportés de France" [1]. Le 8 novembre 1942, un événement militaire bouleverse l'Europe hitlérienne. L'opération Torch marque le débarquement des alliés en Afrique du Nord. En réaction, l'armée allemande envahit la zone sud, et occupe ainsi tout le territoire français. Seuls les huit départements se trouvant sur la rive gauche du Rhône sont occupés par les Italiens. Dans cette zone, les juifs ne sont pas pourchassés. Le village d'Izieu se situe en zone italienne. 1. Serge Klarsfeld. Vichy-Auschwitz, le rôle de Vichy dans la solution finale de la question juive en France. Fayard, Paris, 1983, page 192. |