| GENESE DUNE TRAGEDIE | ||
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Le sort des enfants juifs sous Vichy
Ce qui oblige l'administration de Vichy à s'occuper d'un nombre important d'orphelins. A la surprise des nazis, qui n'avaient formulé aucune demande, ce sont les autorités françaises qui proposent d'intégrer les enfants dans les convois de déportation. Dans une note adressée le 6 juillet 1942 à Berlin, Théo Dannecker, le chef de la section anti-juive de la Gestapo en France, avertit ses supérieurs que "Le président Laval a proposé, à l'occasion de la déportation des familles juives de la zone non occupée, de déporter également les enfants de moins de seize ans" [1]. Après un temps de réflexion, Adolf Eichmann, chargé des affaires juives au sein de la Gestapo du Reich, donne son accord le 20 juillet. Ainsi, comme l'indique un télégramme de la section anti-juive de Paris à Berlin : "Le 14.8.1942, à 8 h 55, le convoi n° D 901/14 a quitté la gare du Bourget-Drancy en direction d'Auschwitz avec 1'000 juifs en tout (parmi eux, pour la première fois, des enfants)" [2]. Le convoi n° 19 comprend 80 enfants de moins de douze ans. Comment expliquer l'attitude française ? L'historien Michaël R. Marrus propose l'explication suivante : "La haine que les Allemands vouaient aux juifs reposait sur une théorie raciste, selon laquelle les enfants représentaient pour l'Ordre Nouveau une menace au moins aussi sérieuse que leurs parents : en Pologne comme en France, le programme consistait purement et simplement à les exterminer. La plupart des responsables de Vichy, pour leur part, ne croyaient pas à une guerre totale contre les juifs. Ce n'est ni le fanatisme ni la haine qui ont lancé l'appareil de l'Etat français contre les enfants juifs, c'est tout bêtement l'indifférence. Deux années de discrimination officielle avaient érigé une barrière morale entre les juifs et le reste de la société française. S'étant accoutumés à considérer les juifs comme des parias, s'étant peu à peu accommodés du discours prônant leur exclusion, les hommes de Vichy ont fini par traiter les personnes comme de simples objets" [3]. Sur les 11'000 enfants juifs de France déportés, moins de 100 ont survécu. 1. Centre de Documentation juive contemporaine (CDJC),
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