LA COLONIE D'IZIEU

Une atmosphère paisible

Colonie d'Izieu, août 1943

Colonie d'Izieu, août 1943. Quelques enfants autour des éducatrices, entre la grange et la fontaine. Au premier plan, les cuvettes pour la toilette. © Maison d'Izieu/Col. Henri Alexander
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Pour parvenir au hameau de Lélinaz, il faut emprunter une petite route sinueuse en terre. Le site d'Izieu est isolé. L'atmosphère est celle des campagnes : immobile et douce.

Le confort de la maison est limité. Les bâtiments ne sont pas en très bon état. Il n'y a ni chauffage, si ce n'est de petits poêles, ni l'eau courante. Jeune éducatrice, Paulette Pallarés, se rappelle que les enfants faisaient leur toilette dans la grande fontaine : "Tous les matins, ils attrapaient leur petite cuvette, ils venaient prendre de l'eau dans le bassin, ils se lavaient" [1]. L'hiver, la toilette se fait dans le vestibule de la maison où de l'eau est chauffée dans un chaudron.

Ces conditions de fortune n'empêchent pas les enfants de vivre pleinement cette parenthèse de liberté. Henri Alexander, qui a quinze ans à l'époque, passe l'été 1943 à Izieu. Il en garde un souvenir heureux : "Les journées, on jouait, on s'amusait, on chantait, on faisait des promenades, des choses comme ça" [1]. Des baignades dans le Rhône sont organisées par l'un des éducateurs, Léon Reifman. De nombreuses fêtes rythment la vie de la colonie : anniversaires, Noël, mardi gras Les enfants s'approprient les lieux.

Paul Niedermann, qui avait lui aussi quinze ans et demi au cours de cet été 1943, se souvient : "Ce qui reste dans mon esprit, c'est le soir, sur les marches de l'escalier, devant la maison, autour de la fontaine et sur la fameuse terrasse, où tant de photos ont été prises. On parlait de l'après-guerre, où on se rencontrerait, où on se retrouverait, ce qu'on voudrait faire" [1]. La nuit tombée, les éducatrices veillent au coucher. Paulette Pallarés explique que, chaque soir, elle passait "d'une paillasse sur l'autre, raconter une histoire parce que les garçons, il fallait leur raconter une histoire à chacun, pas forcément la même" [1]. Dans ce cadre extraordinaire, bénéficiant de tous les soins, les fracas de la guerre semblent très lointains pour les enfants de la colonie d'Izieu.

1. Maison d'Izieu, Les Voix d'Izieu.


Représentation d'une pièce de théâtre, été 1943

Représentation d'une pièce de théâtre, été 1943. Des éducateurs, avec l'aide d'enfants, organisaient, été comme hiver, des spectacles de théâtre pour distraire la colonie. © Maison d'Izieu/Col. Henri Alexander

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