La clémence des occupants italiens  


De novembre 1942 à septembre 1943, la partie française réservée à l'occupation italienne devient une zone refuge pour les juifs. Les témoignages sont nombreux de ceux qui affirment que les autorités italiennes ont protégé, ici et là, des juifs pourchassés par les Allemands ou par les forces de Vichy. Les Italiens n'adhèrent pas en masse à la radicalité raciste de l'Allemagne nazie. En février 1943, à Annecy, l'armée italienne obtient quasiment par la force que la gendarmerie française relâche des juifs qu'elle s'apprêtait à livrer aux Allemands.

L'historien et écrivain Max Gallo note que "dans sa profondeur le peuple italien rejetait le racisme et l'antisémitisme", mais il souligne que "le régime fasciste a eu, sur la question juive, une politique criminelle, et ce dès 1938" précisant que celui-ci "encouragé par les Allemands, est devenu à partir de fin 1943 un agent actif de la politique antisémite en organisant des déportations vers Auschwitz". Selon lui, "c'est la société italienne qui a résisté à cette politique, de la même manière qu'elle a imposé, en 1943, la sortie de l'Italie de la guerre nazie" [1].

1. Max Gallo : Italie, le politique raciste du régime fasciste, Historia, mars-avril 1995, n°34, p. 50-53.

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