DE LA RAFLE A L’ASSASSINAT


Izieu-Auschwitz / Avril - juillet 1944

Les enfants devant la fontaine d'Izieu, été 1943

Les enfants devant la fontaine d'Izieu, été 1943. Cette photographie fut probablement prise avant ou après une représentation théâtrale. © Maison d'Izieu/Succession Sabine Zlatin
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"Je pense qu'il n'y aurait pas de justification à l'extermination des hommes si on autorisait leurs vengeurs, sous la forme de leurs enfants, à grandir au milieu de nos fils et de nos petits-fils" [1].

Le 8 septembre 1943, l'Italie fasciste capitule. Dès le 9 septembre, les Allemands occupent la zone italienne de la France. Elle n'est plus un territoire de protection pour les juifs. La politique nazie anti-juive s'y applique avec détermination. Les responsables du réseau Garel intensifient leur activité pour cacher les enfants et assurer leur sécurité. L'OSE procède à la fermeture progressive des maisons d'enfants et à la dispersion de leurs occupants.

La fratrie Benassayag : Élie, Esther et Jacob, le 26 mars 1944

La fratrie Benassayag : Élie, Esther et Jacob, le 26 mars 1944. © Col. Marie-Louise Bouvier


L'Ain n'est pas épargné par la répression allemande : 184 arrestations, 42 personnes fusillées et 38 maisons incendiées au cours du seul mois de février 1944. La ville de Belley est occupée par les Allemands et compte quelques miliciens. A Glandieu, près d'Izieu, un médecin juif, Albert Bendrihem, est arrêté le 7 janvier 1944. Ce médecin soignait les enfants d'Izieu. Son arrestation inquiète sérieusement les responsables de la colonie et résonne pour Sabine Zlatin comme un signal d'alarme. Le 8 février, la Gestapo rafle le personnel du siège de l'OSE à Chambéry. L'œuvre bascule alors dans la clandestinité totale. Les quelques maisons encore en fonction sont fermées, celle d'Izieu reste en activité, mais les liens avec l'OSE sont coupés.

Dès lors, Sabine Zlatin multiplie les démarches afin de disperser les enfants dans des lieux sûrs. Courant février, elle cherche à céder la maison au Service social d'aide aux émigrants. Elle prévoit de transférer les enfants dans l'Hérault. Le 5 mars, Pierre-Marcel Wiltzer est muté dans un autre département. La colonie perd son principal protecteur et se retrouve complètement isolée.

La dispersion est prévue pour le 11 avril. Le 2 avril, Sabine Zlatin se rend à Montpellier qu'elle considère comme sa base arrière. L'abbé Prévost lui propose de cacher une douzaine de garçons dans un établissement religieux. Mais il est déjà trop tard. La rafle a lieu lors de son déplacement.

1. Heinrich Himmler, chef suprême des SS, 1943, à propos de l'extermination des juifs.


Léon Reifman entouré d'enfants de la colonie, été 1943

Léon Reifman entouré d'enfants de la colonie, été 1943. © Maison d'Izieu/Succession Sabine Zlatin

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