DE LA RAFLE A L’ASSASSINAT


L’industrie de la mort

La famille Reifman

La famille Reifman. De gauche à droite : Suzanne, Eva, Claude et Moïse. Ils seront assassinés le 15 avril 1944 à Auschwitz-Birkenau. © Col. Paule Reifman
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Le 6 avril au soir, à Lyon, les portes de la prison du fort Montluc se renferment sur le convoi en provenance d'Izieu. À partir de cet instant, le destin des enfants et des éducateurs bascule. Enfermés dans des cellules, ils y passent la nuit. Tous, à tour de rôle, sont interrogés par la Gestapo.

Le lendemain, les adultes et les adolescents menottés, les 51 prisonniers sont transférés en train à Drancy, l'antichambre de la mort. Enregistrés dans le carnet des entrées du camp, le 8 avril 1944, ils portent les numéros 19 185 à 19 235.

Dès l'annonce de la rafle, Sabine Zlatin ne se résigne pas. Elle veut tout faire pour les sauver. Elle se rend à l'administration de Vichy pour qu'on les libère. Sans résultat. Toujours aussi déterminée, elle se rend à Paris et rencontre la directrice de la Croix-Rouge qui lui indique qu'ils sont à Drancy. Mais rien à faire, leur sort est définitivement scellé. Implacablement.

Une semaine après la rafle, le 13 avril 1944, 34 des enfants d'Izieu et 4 des éducateurs sont déportés au centre de mise à mort d'Auschwitz-Birkenau par le convoi n° 71. Après trois jours d'un trajet aux conditions inhumaines, ils arrivent sur la "Judenrampe" où l'on procède à "la sélection". Les enfants sont directement dirigés vers les chambres à gaz, ainsi que les époux Eva et Moïse Reifman. Leur fille Suzanne Reifman et Léa Feldblum sont dirigées vers les kommandos de travail. Alors qu'elle entend pleurer son fils Claude, Suzanne décide de le rejoindre dans l'autre file, celle qui mène directement à la mort.

Les autres enfants et éducateurs d'Izieu sont déportés puis assassinés à Auschwitz par les convois n° 72, n° 74, n° 75 et n° 76, entre le 20 avril et le 30 juin 1944. Quant à Miron Zlatin et aux deux adolescents de la colonie, Théo Reis et Arnold Hirsch, ils sont déportés par le convoi n° 73 du 15 mai 1944, uniquement constitué d'hommes jeunes, à destination de l'Europe du Nord. Transférés à la forteresse de Reval en Estonie, ils effectuent des travaux forcés dans une carrière, avant d'être fusillés à la fin du mois de juillet 1944.

Aucun des enfants ne reviendra. De tous les éducateurs, seule Léa Feldblum a survécu.

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