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© Maison d'Izieu/Col. Henri Alexander
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"Arrivé à Izieu, j'ai eu juste le temps
d'embrasser mes parents et je suis monté à l'infirmerie
pour voir ma sur. Nous avons bavardé quelques minutes.
Et puis la cloche du réfectoire a sonné pour appeler
les enfants au petit-déjeuner. Ma sur est descendue, je
l'ai suivie, et arrivée au milieu de l'escalier, j'ai vu
s'engouffrer dans le couloir qui menait au réfectoire trois
hommes en civil. Un petit au milieu qui portait une gabardine
et un chapeau et deux autres beaucoup plus grands que lui et qui
l'encadraient. Alors, bien sûr, je me suis arrêté.
Le premier qui était à droite du petit a levé
les yeux et m'a dit : "Monsieur, descendez, on a besoin de
vous". En bon français d'ailleurs, sans accent. Et
tout de suite, ils se sont engouffrés dans le couloir.
Je me suis arrêté. Sur ce fait, j'ai vu ma sur qui m'a fait un signe : "C'est les Allemands, sauve-toi !" (témoignage de Léon Reifman, procès Barbie, 13e audience, 27 mai 1987).
Léon Reifman saute par la fenêtre et se
cache dans un buisson. Le soir venu, grâce aux Perticoz,
il quitte Izieu pour être finalement caché dans une
famille de Belley.
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