MEMOIRE[S] D’UN CRIME


Le combat contre l’oubli

Première commémoration de la rafle, le 7 avril 1946

Première commémoration de la rafle, le 7 avril 1946. Une foule importante assiste à cette manifestation. © Maison d'Izieu/Succession Sabine Zlatin
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De 1945 à nos jours, le souvenir de la tragédie d'Izieu est le produit d'une histoire difficile et mouvementée. Grâce à la ténacité et à la responsabilité d'une poignée de personnes, la mémoire des enfants d'Izieu n'est jamais tombée dans l'oubli.

Dès 1945, Sabine Zlatin met toute son énergie pour accomplir son devoir de mémoire. Le 24 juillet, elle écrit une lettre au préfet de l'Ain et lui demande l'autorisation "d'apposer une plaque sur la Maison d'Izieu". Une commémoration officielle est programmée pour le 7 avril 1946. La préparation de la cérémonie est assurée par un comité présidé par Jean Cardot, sous-préfet de Belley et ancien chef de la résistance locale. Une souscription est lancée. Les fonds recueillis permettent la pose d'une plaque sur la façade de la maison de l'ancienne colonie. Sur la commune de Brégnier-Cordon, un monument en pierre de l'Ain est érigé à la mémoire des victimes de la rafle.

La cérémonie du 7 avril 1946 est impressionnante. La foule est venue en masse à Lélinaz. Aux côtés de Sabine Zlatin, dans un esprit cuménique, de nombreuses personnalités ont fait le déplacement : Laurent Casanova, ministre communiste des Victimes de la guerre ; le préfet; le sous-préfet; le révérend-père Chaillet, directeur de "Témoignage Chrétien", ainsi qu'un détachement de tirailleurs sénégalais.

Cette cérémonie est le premier et le seul grand événement célébrant la tragédie d'Izieu avant les années 1980. Il faudra attendre quatre décennies pour que l'écho de ce drame se fasse réellement entendre sur un plan national et international. Entre-temps, Sabine Zlatin continue à honorer chaque année, en avril, la mémoire des disparus en venant fleurir la stèle d'Izieu. De leur côté, les autorités locales fleurissent régulièrement le monument de Brégnier-Cordon lors des fêtes nationales.

En 1950, la Maison d'Izieu est rachetée par la famille Thibaudier. Peu après, quelques événements modestes évoquent à nouveau la tragédie. En déplacement dans l'Ain, en juin 1956, le général de Gaulle fait allusion à la rafle qu'il qualifie de "honte". Le vingtième anniversaire est célébré, en avril 1964, en présence de quelques personnalités.

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