| MEMOIRE[S] DUN CRIME | ||
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Le devoir républicain
A l'issue du procès Barbie, il est impensable que le souvenir de la rafle d'Izieu retombe à nouveau dans l'oubli. L'idée de créer un mémorial à Izieu s'impose comme une évidence. Le 8 mars 1988, les statuts de l'association pour la création et la gestion du Musée-mémorial d'Izieu sont déposés à la préfecture de l'Ain. Sabine Zlatin et Pierre-Marcel Wiltzer en assurent la présidence. L'objectif premier est de "commémorer la mémoire des victimes innocentes de cette tragédie". L'association doit acquérir la maison. Elle lance une souscription publique nationale sous le haut patronage du président de la République, François Mitterrand. L'Etat et les collectivités accordent des subventions. Après des négociations parfois difficiles, la maison est finalement acquise en juillet 1990. L'historienne Anne Grynberg est nommée commissaire de l'exposition permanente et assure la conception scientifique avec des personnalités réputées : Bernard Comte, Philippe Joutard, Pierre Nora, Henry Rousso, Pierre Birnbaum, le procureur Pierre Truche, le maire de Brégnier-Cordon Robert Mériaudeau et Hélène Waysbord, inspectrice générale de l'Éducation nationale. Un projet de musée est présenté en avril 1992. Au mois de novembre, François Mitterrand inscrit le projet dans la liste des "Grands travaux de la présidence de la République". Il décide par décret d'instituer une "Journée nationale commémorative des persécutions racistes et antisémites commises sous l'autorité de fait dite "Gouvernement de l'Etat français" (1940-1944)". Cette journée est fixée le 16 juillet, date anniversaire de la rafle du Vélodrome d'hiver à Paris. La tragédie d'Izieu devient un symbole auquel la République rend hommage. Au début des années 1990, la France commence à regarder son passé en face. La République doit s'inscrire dans cette dynamique de vérité. Dans un message lu à Izieu le 25 avril 1993, François Mitterrand écrit : "La douleur de la communauté juive est aussi celle de la République." Un an plus tard, le 24 avril 1994, le président inaugure le Musée-mémorial des enfants d'Izieu. Le drame d'Izieu rentre définitivement dans la mémoire républicaine. |