|
Le dernier jour du procès |
||
Le 3 juillet 1987, maître Vergès, avocat de la défense, doit clore sa plaidoirie pour Klaus Barbie. Maître Alain Jakubowicz, avocat des parties civiles, cite cette anecdote singulière : "Au matin du dernier jour de ce procès, l'atmosphère était aussi lourde que la chaleur, dans l'immense salle des Pas perdus du palais de justice de Lyon où se pressait une foule immense, venue entendre la plaidoirie de la défense. Au moment où l'avocat de Klaus Barbie se levait pour prononcer ses premiers mots, un orage s'est abattu sur la ville. Un de ces orages d'une rare violence, comme on les connaît à Lyon en été. La sonorité du tonnerre et des éclairs était telle que l'avocat, devenu inaudible, a dû se taire, non sans esquisser un petit sourire de dépit. Alors que les éléments s'étaient calmés et que l'avocat, toujours debout, allait reprendre son propos, ce furent les cloches de la cathédrale Saint-Jean qui se mirent à battre à grandes envolées, comme si rien ne pouvait les retenir. La voix du défenseur fut à nouveau couverte; il devait se taire derechef, comme accablé par une force supérieure. Nous n'avons jamais eu d'explication sur ces événements. Chacun, qu'il soit croyant ou pas, y verra le signe qu'il souhaite" (plaquette du Conseil représentatif des Institutions juives de France, délégation Rhône-Alpes, 2000-2001, p. 21). |