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Le Haut Conseil à l'intégration (HCI) a remis au Premier ministre, Dominique de Villepin, le 29 janvier 2007, un projet de Charte de la laïcité dans les services publics. Le projet a pour vocation, aux yeux du HCI, à être affiché dans tous les services publics - les hôpitaux, les prisons, les armées, mais aussi les services publics d'accueil plus ponctuels comme les caisses d'allocations familiales (CAF) ou les caisses primaires d'assurance maladie (CPAM); non normatif, il ne garantit pas le changement de certaines pratiques dans les services publics. Le HCI préconise que cette charte soit affichée dans tous les services publics, "sans attendre la multiplication des débordements". Le texte rappelle aux agents que si "la liberté de conscience [leur] est garantie", notamment à travers la possibilité de se voir attribuer des autorisations d'absence à l'occasion des grandes fêtes propres à leur confession, "le principe constitutionnel de laïcité impose [à tous] un devoir de stricte neutralité, le traitement égal de tous les individus et le respect de la liberté de conscience". "Le fait pour un agent public de manifester ses convictions religieuses dans l'exercice de ses fonctions constitue un manquement à ses obligations". A l'égard des usagers, le texte rappelle que : "Les usagers des services publics doivent s'abstenir de toute forme de prosélytisme. [Lorsque] la vérification de l'identité est nécessaire, ils doivent se conformer aux obligations qui en découlent. [Ils] ne peuvent, à raison de leurs convictions, récuser un agent public ou d'autres usagers, ni exiger une adaptation du fonctionnement du service public".
PROJET DE CHARTE DE LA LAICITE DANS LES SERVICES PUBLICSLa Charte de la laïcité dans les services publics, proposée par le Haut Conseil à l'intégration (HCI) est bâtie autour d'un préambule et de deux parties articulées autour de 8 articles : Le préambule renvoie aux grands principes constitutionnels de liberté de conscience et de laïcité puisés dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 (alinéa 1), la Constitution de 1958 (alinéa 2), ainsi que la loi de 1905 (alinéa 4). Par ailleurs, le HCI a eu le souci de s'inspirer de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme (aliéna 3) en matière de liberté religieuse. Enfin, il a jugé particulièrement utile de retenir le premier des "principes particulièrement nécessaires à notre temps" formulés au sein du préambule de la constitution de 1946, citation qu'il a eu la hardiesse de légèrement amender (alinéa 5). La première partie (quatre articles) vise les agents publics tels qu'ils ont été précédemment définis, dans un souci d'équilibre entre leurs devoirs et leurs droits. La seconde partie (six articles) s'adresse aux usagers dans les limites précédemment exposées, pour prendre en compte un ensemble de règles générales, applicables dans tous les services publics. LE TEXTE DE LA CHARTEConsidérant, Que nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi, Que la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale et qu'elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion et respecte toutes les croyances, Que la loi garantit aux hommes et aux femmes, des droits égaux dans tous les domaines et prohibe toute forme de discrimination, Que la République assure la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes tandis qu'elle ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte, Qu'il peut se révéler nécessaire d'assortir
la liberté de religion ou de conviction de limites propres
au respect du pluralisme religieux, à la protection des
droits et libertés d'autrui, aux impératifs de l'ordre
public et au maintien de la paix civile : DES AGENTS DU SERVICE PUBLIC Article 1 Article 2 Article 3 Article 4 DES USAGERS DU SERVICE PUBLIC Article 5 Article 6 Article 7 Article 8 Article 9 Article 10 Artile 11 |