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Foulard - et islam - à l'école et dans la société française : l'état des lieux


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FRANCE, JANVIER 2004 / LE DEBAT SUR LA LAICITE DANS LA REPUBLIQUE
__De quel voile islamique parle-t-on ?

L'immense majorité des immigrés d'origine musulmane en France est laïque. Mais tous ne se sont pas déclarés ouvertement pour une loi interdisant le voile. Outre la crainte de représailles de la part des islamistes, cette réticence a d'autres motifs : une grande partie de ces immigrés a été longtemps délaissée par la République; et aujourd'hui on leur demande de lui faire confiance. Ils se trouvent dans une situation complexe. Beaucoup ont souffert du dogmatisme qui domine, depuis des siècles, les sociétés musulmanes et souhaitent que les lois de la République les protègent contre l'intégrisme religieux. Ils ont donc toutes les raisons de se dire favorables aux droits de l'homme, à l'égalité des sexes. Ils l'auraient fait mille fois et sans hésitation s'ils en avaient eu l'occasion dans leur pays d'origine.

BurqaBurqa. C'est un tissu qui recouvre tout le corps avec une grille tissée à la hauteur des yeux.
Surtout portée en Afghanistan.




Hidjab

Hidjab. C'est le nom le plus courant du foulard islamique porté par les femmes musulmanes partout dans le monde. Le hidjab couvre les cheveux, le cou, la nuque et les épaules.
Le khimar est une variante qui couvre la tête et le buste, mais laisse le visage apparent.

TchadorTchador. Mot persan pour désigner un tissu souvent noir qui recouvre tout, sauf le visage, les mains et les pieds. La partie inférieure du menton ne doit pas non plus être visible. C'est pourquoi la femme maintient souvent le tchador en place d'une main. Surtout porté par les musulmanes chiites.



Nikab-Abaya
<P><B>Burqa</B>. C'est un tissu qui recouvre tout le corps avec
une grille tiss&eacute;e &agrave; la hauteur des yeux. <BR>
Surtout port&eacute;e en Afghanistan.</P>

<P><B>Hidjab</B>. C'est le nom le plus courant du foulard islamique
port&eacute; par les femmes musulmanes partout dans le monde.
Le hidjab couvre  les cheveux, le cou, la nuque et les &eacute;paules.<BR>
Le khimar est une variante qui couvre la t&ecirc;te et le buste,
mais laisse le visage apparent.</P>

<P><B>Tchador</B>. Mot persan pour d&eacute;signer un tissu souvent
noir qui recouvre tout, sauf le visage, les mains et les pieds.
La partie inf&eacute;rieure du menton ne doit pas non plus &ecirc;tre
visible. C'est pourquoi la femme maintient souvent le tchador
en place d'une main. Surtout port&eacute; par les musulmanes chiites.
</P>

<P>&quot;<B>Nikab</B>&quot;. Le nikab, voile de visage, est port&eacute;
par les populations du Golfe arabo-persique. Il est destin&eacute;
&agrave; cacher tout, sauf les yeux. Souvent la femme porte, en
plus, de longs gants puisque ses mains ne doivent pas &ecirc;tre
visibles.</P>

<P>&quot;<B>Abaya</B>&quot;. Long manteau noir qui recouvre parfois
la t&ecirc;te. Il est port&eacute;, en m&ecirc;me temps que le
voile de t&ecirc;te, par les femmes du Golfe arabo-persique. Le
plus souvent, on y ajoute un voile couvrant aussi le visage. [<B>Source</B>
: <B>Courrier international</B>, 2003)</P>

<P><B>QUE DIT LE CORAN AU SUJET DU VOILE?</B>  <BR>
[Le mufti de Marseille, <B>Soheib Bencheikh</B>. Agence France-presse
(AFP), 17 janvier 2004].</P>

<P>Le mot &quot;<B>hidjab</B>&quot;, dans le <B>Coran</B>, d&eacute;signe
un rideau qui s&eacute;parait les croyants des femmes du proph&egrave;te.
Il y a deux versets qui pr&eacute;cisent que la femme doit cacher
le haut de sa poitrine et rabattre son manteau. Ce qui peut &ecirc;tre
interpr&eacute;table par un habit correct et pudique. Par ailleurs,
la tradition proph&eacute;tique pr&eacute;cise que tout le corps
de la femme est intime, sauf le visage et les mains jusqu'aux
poignets. Cet adage - attribu&eacute; au proph&egrave;te deux
si&egrave;cles et demi apr&egrave;s sa mort, et qui a moins d'autorit&eacute;
que le Coran - a &eacute;t&eacute; &eacute;dict&eacute; avec l'objectif
de prot&eacute;ger la femme et de la distinguer des femmes esclaves
ou de mauvaises moeurs. Aujourd'hui, si nous voulons r&eacute;aliser
cet objectif proph&eacute;tique, <B>nous devons prot&eacute;ger
la femme par l'instruction</B>. </P>

<P><B>&gt; LE FOULARD</B>,<B> ACTE DE FOI <BR>
</B>[<B>Tariq Ramadan</B>, &quot;Le Monde&quot;, 14 janvier 2004.]</P>

<P>On a tout dit sur le <B>foulard</B>, et les musulmans eux-m&ecirc;mes
se sont laiss&eacute;s aller &agrave; la surench&egrave;re. &quot;Voile&quot;,
&quot;symbole&quot;, &quot;signe&quot;, &quot;objet de soumission&quot;...
les vocables n'ont pas manqu&eacute; ni les commentaires autoris&eacute;s.
En terre la&iuml;que, l'autorit&eacute; publique a curieusement
parl&eacute; pour les musulmans, leur a expliqu&eacute; leur religion
et expos&eacute; comment &quot;il fallait &ecirc;tre moderne&quot;.
On n'avait jamais connu de rabbins non juifs, ni de pr&ecirc;tres
non chr&eacute;tiens. On a vu appara&icirc;tre de nouveaux muftis
non musulmans. Ministres, universitaires, &eacute;lus ou f&eacute;ministes
&quot;ont dit et interpr&eacute;t&eacute; le bon islam&quot;,
au nom d'une d&eacute;fense de la la&iuml;cit&eacute; qui a autoris&eacute;
de curieux &eacute;carts.</P>

<P>Or, <B>c'est aux musulmans d'exprimer clairement leur position</B>.
<B>Le port du foulard est une prescription islamique reconnue
par toutes les &eacute;coles juridiques musulmanes</B> (sunnites
et chiites), <B>sans exception</B>. Il s'agit d'un acte de foi
qui ne peut donc advenir qu'&agrave; l'&acirc;ge de raison et
doit &ecirc;tre l'expression libre d'un choix de la conscience.
Comme tout acte de foi et de conscience, il ne peut &ecirc;tre
question de l'imposer &agrave; une femme contre sa volont&eacute;
ou m&ecirc;me d'exercer une pression par l'intimidation ou la
culpabilit&eacute;. En toute circonstance donc, il faut refuser
la contrainte... d'avoir &agrave; le porter ou d'&ecirc;tre forc&eacute;e
de l'enlever.</P>

<P><B>LE VOILE EN MARCHE EN EUROPE</B>. <BR>
[<B>Hanifa Cherifi</B>, m&eacute;diatrice sur le voile au minist&egrave;re
fran&ccedil;ais de l'&eacute;ducation nationale. <B>Le Nouvel
Observateur</B>,<B> </B>2-8 octobre 2003].</P>

<P>C'est dans sa version iranienne que le voile islamique est
apparu sur la sc&egrave;ne m&eacute;diatique, comme signe de r&eacute;veil
de l'islam. A Neaupphle-le-Ch&acirc;teau, l'<B>imam</B> <B>Khomeyni
</B>exigeait des journalistes femmes qu'elles se pr&eacute;sentent
devant lui t&ecirc;te couverte. La proclamation de la R&eacute;publique
islamique d'Iran marquera le triomphe de la morale islamique rigoriste,
qui autorise la rel&eacute;gation des femmes et prohibe la mixit&eacute;.
Le <B>hidjab</B>, version arabe du tchador, est devenu depuis
lors l'&eacute;tendard des islamistes, hostiles &agrave; l'&eacute;galit&eacute;
entre homme et femme reconnue dans les soci&eacute;t&eacute;s
occidentales comme un acquis des droits de l'homme.</P>

<P>En <B>France</B>, et plus largement en <B>Europe</B>, la situation
des femmes musulmanes est assur&eacute;ment plus enviable que
leurs consoeurs vivant soi la loi islamique. Pourtant, ici aussi
h&eacute;las, les courants islamistes fortement implant&eacute;s
dans les quartiers immigr&eacute;s ont introduit des changements
de rapport de sexe avec un contr&ocirc;le social sur les femmes
qui d&eacute;passe largement le cadre familial. L'adoption du
hidjab, d'abord par les adolescentes, plus r&eacute;ceptives au
discours identitaire des id&eacute;ologues islamistes, atteint
maintenant les femmes en situation active. Sophia Spiliotopoulos,
vice-pr&eacute;sidente des femmes de l'Europe m&eacute;ridionale,
veut que l'&eacute;galit&eacute; entre hommes et femmes soit inscrite
dans la <B>Constitution</B> de l'Union europ&eacute;enne; esp&eacute;rons
qu'elle d&eacute;noncera le voilement des femmes en marche en
Europe. </P>

<P><B>F&eacute;vrier 2004 : Le grand mufti d'Arabie, les Saoudiennes
et le voile islamique </B></P>

<P>Le grand mufti d'Arabie saoudite, <B>cheikh Abdel Aziz Al-Cheikh</B>,
qui pr&eacute;side le Conseil des grands oul&eacute;mas d'Arabie,
la plus haute autorit&eacute; religieuse dans le royaume, a vivement
<B>d&eacute;nonc&eacute; l'attitude de femmes saoudiennes qui
se sont montr&eacute;es sans voile</B> - &quot;ce qui est illicite&quot;
- devant des hommes lors d'un forum &eacute;conomique, fin f&eacute;vrier
2004, &agrave; Djeddah.</P>

<P>&quot;En d&eacute;non&ccedil;ant cela vivement, je mets en
garde contre les cons&eacute;quences f&acirc;cheuses d'un tel
comportement outrageant dans le pays des deux lieux saints [La
Mecque et M&eacute;dine], l'Arabie saoudite dont les dirigeants
appliquent la charia et continuent sur cette m&ecirc;me voie&quot;,
a-t-il d&eacute;clar&eacute;, d&eacute;plorant &quot;la publication
par certains journaux [de propos] selon lesquels la femme saoudienne
commence &agrave; se lib&eacute;rer, comme si elle &eacute;tait
ligot&eacute;e par la charia&quot;.<BR>
"Nikab". Le nikab, voile de visage, est porté par les populations du Golfe arabo-persique. Il est destiné à cacher tout, sauf les yeux. Souvent la femme porte, en plus, de longs gants puisque ses mains ne doivent pas être visibles.

"Abaya". Long manteau noir qui recouvre parfois la tête. Il est porté, en même temps que le voile de tête, par les femmes du Golfe arabo-persique. Le plus souvent, on y ajoute un voile couvrant aussi le visage. [Source : Courrier international, 2003)

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QUE DIT LE CORAN AU SUJET DU VOILE ?
[Le mufti de Marseille, Soheib Bencheikh. Agence France-presse (AFP), 17 janvier 2004].

Le mot "hidjab", dans le Coran, désigne un rideau qui séparait les croyants des femmes du prophète. Il y a deux versets qui précisent que la femme doit cacher le haut de sa poitrine et rabattre son manteau. Ce qui peut être interprétable par un habit correct et pudique. Par ailleurs, la tradition prophétique précise que tout le corps de la femme est intime, sauf le visage et les mains jusqu'aux poignets. Cet adage - attribué au prophète deux siècles et demi après sa mort, et qui a moins d'autorité que le Coran - a été édicté avec l'objectif de protéger la femme et de la distinguer des femmes esclaves ou de mauvaises moeurs. Aujourd'hui, si nous voulons réaliser cet objectif prophétique, nous devons protéger la femme par l'instruction.

LE FOULARD, ACTE DE FOI
[Tariq Ramadan, "Le Monde", 14 janvier 2004.]

On a tout dit sur le foulard, et les musulmans eux-mêmes se sont laissés aller à la surenchère. "Voile", "symbole", "signe", "objet de soumission"... les vocables n'ont pas manqué ni les commentaires autorisés. En terre laïque, l'autorité publique a curieusement parlé pour les musulmans, leur a expliqué leur religion et exposé comment "il fallait être moderne". On n'avait jamais connu de rabbins non juifs, ni de prêtres non chrétiens. On a vu apparaître de nouveaux muftis non musulmans. Ministres, universitaires, élus ou féministes "ont dit et interprété le bon islam", au nom d'une défense de la laïcité qui a autorisé de curieux écarts.Up

Or, c'est aux musulmans d'exprimer clairement leur position. Le port du foulard est une prescription islamique reconnue par toutes les écoles juridiques musulmanes (sunnites et chiites), sans exception. Il s'agit d'un acte de foi qui ne peut donc advenir qu'à l'âge de raison et doit être l'expression libre d'un choix de la conscience. Comme tout acte de foi et de conscience, il ne peut être question de l'imposer à une femme contre sa volonté ou même d'exercer une pression par l'intimidation ou la culpabilité. En toute circonstance donc, il faut refuser la contrainte... d'avoir à le porter ou d'être forcée de l'enlever.

LE VOILE EN MARCHE EN EUROPE
[Hanifa Cherifi, médiatrice sur le voile au ministère français de l'éducation nationale. Le Nouvel Observateur, 2-8 octobre 2003].

C'est dans sa version iranienne que le voile islamique est apparu sur la scène médiatique, comme signe de réveil de l'islam. A Neaupphle-le-Château, l'imam Khomeyni exigeait des journalistes femmes qu'elles se présentent devant lui tête couverte. La proclamation de la République islamique d'Iran marquera le triomphe de la morale islamique rigoriste, qui autorise la relégation des femmes et prohibe la mixité. Le hidjab, version arabe du tchador, est devenu depuis lors l'étendard des islamistes, hostiles à l'égalité entre homme et femme reconnue dans les sociétés occidentales comme un acquis des droits de l'homme.

En France, et plus largement en Europe, la situation des femmes musulmanes est assurément plus enviable que leurs consoeurs vivant soi la loi islamique. Pourtant, ici aussi hélas, les courants islamistes fortement implantés dans les quartiers immigrés ont introduit des changements de rapport de sexe avec un contrôle social sur les femmes qui dépasse largement le cadre familial. L'adoption du hidjab, d'abord par les adolescentes, plus réceptives au discours identitaire des idéologues islamistes, atteint maintenant les femmes en situation active. Sophia Spiliotopoulos, vice-présidente des femmes de l'Europe méridionale, veut que l'égalité entre hommes et femmes soit inscrite dans la Constitution de l'Union européenne; espérons qu'elle dénoncera le voilement des femmes en marche en Europe.

Février 2004 : Le grand mufti d'Arabie, les Saoudiennes et le voile islamique

Le grand mufti d'Arabie saoudite, cheikh Abdel Aziz Al-Cheikh, qui préside le Conseil des grands oulémas d'Arabie, la plus haute autorité religieuse dans le royaume, a vivement dénoncé l'attitude de femmes saoudiennes qui se sont montrées sans voile - "ce qui est illicite" - devant des hommes lors d'un forum économique, fin février 2004, à Djeddah.

"En dénonçant cela vivement, je mets en garde contre les conséquences fâcheuses d'un tel comportement outrageant dans le pays des deux lieux saints [La Mecque et Médine], l'Arabie saoudite dont les dirigeants appliquent la charia et continuent sur cette même voie", a-t-il déclaré, déplorant "la publication par certains journaux [de propos] selon lesquels la femme saoudienne commence à se libérer, comme si elle était ligotée par la charia".
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