Home
Foulard - et islam - à l'école et dans la société française : l'état des lieux


Retour





FRANCE, 1905 - 2005 / LOI SUR LA LAICITE, CENT ANS APRES
__Histoire de la laïcité à la française : le livre du centenaire de la loi de 1905

Restituer la loi fondatrice de la laïcité à la française, mais aussi relire l'histoire pour trouver une solution aux problèmes d'aujourd'hu : c'est dans cette double perspective que l'Académie des sciences morales a publié, en mai 2005, le livre du centenaire de la loi de 1905.

L'Histoire de la laïcité à la françaiseSelon André Damien, vice-président de l'Académie des sciences morales et politiques et responsable de la commémoration du centenaire de la loi, l'idée de cette "Histoire de la laïcité à la française" est "que l'on ne peut comprendre la loi de 1905 [sur la séparation des églises et de l'Etat] sans remonter loin dans le temps".

"Si l'on veut qu'aujourd'hui, les Français comprennent la laïcité, souligne-t-il, il faut qu'ils comprennent l'Histoire". Le livre, supervisé par l'historien Jean Tulard, président de l'Académie des sciences, et André Damien, mais écrit par l'historien Yves Bruley, retrace toute l'histoire de France sous l'angle des rapports entre le pouvoir politique et les religions.

Illustré de très nombreuses iconographies, le livre parcourt, dans une première partie, les siècles "de la monarchie catholique à la république laïque". Il démontre la distinction du spirituel et du temporel dès les origines du christianisme, la précocité, en France, de la naissance de l'Etat-nation et comment l'histoire de cette naissance est étroitement liée au conflit entre l'Eglise et l'Etat.

Le livre évoque bien sûr le Concordat qui, après la Révolution française, va régir les relations entre l'Etat et les religions pendant un siècle. "L'idée qui prévaut alors, explique Yves Bruley, est que la religion étant utile à la société, l'Etat finance les quatre religions présentes sur le sol national (catholiques, luthériens, calvinistes et juifs). Une sorte de service public du culte, précise-t-il".

Une seconde partie évoque les épisodes de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, "du conflit violent à la République laïque". Comment les religions sortent alors du cadre d'établissement public pour obtenir le statut d'associations. "Les Catholiques refusant la loi de 1905, explique Yves Bruley, n'ont pas fondé d'associations cultuelles comme les autres religions et il faudra une loi supplémentaire, en 1907, qui attribuera les édifices cultuels catholiques aux communes".

"Ce n'est qu'après les drames partagés de la guerre de 14-18 que les catholiques accepteront la loi et fonderont des associations diocésaines", explique-t-il encore.

Une troisième et dernière partie est consacrée au "nouvel équilibre républicain" entre Etat et religions dans une France qui a bien changé depuis "le petit père Combes", champion de la laïcité sous la IIIème République.

"Pour comprendre la permanence des principes qui fondent la République - la laïcité de l'Etat et la liberté de conscience-, explique André Damien, il est plus que jamais nécessaire de connaître l'histoire".

Les deux principes de la loi de 1905, la laïcité et la liberté :

puce La séparation des Eglises et de l'Etat met fin au régime des cultes reconnus et subventionnés sur le budget de l'Etat (issu du concordat napoléonien de 1801), remplacé par le régime laïque des "associations cultuelles".
puce La loi garantit les libertés religieuses : liberté personnelle de conscience et liberté collective de pratiquer une religion sans entraves.

"L'Histoire de la laïcité à la française", Académie des Sciences morales et politiques, 2005.
Up