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Pourquoi parler aujourd'hui du Goulag ? Et pourquoi dans un Musée d'ethnographie? Parce que le Goulag, où croupirent chaque année, entre 1937 et 1953, plus de deux millions de détenus, n'est pas un chapitre clos, enfoui dans les oubliettes de l'exotisme soviétique. Cet archipel carcéral de dimensions continentales, terrible machine productive à rafler, exploiter et rejeter, appartient à une histoire universelle de la cruauté humaine. Le XXe siècle, appelé aussi "siècle des camps", enseigne que l'arbitraire et l'escalade disciplinaire peuvent faire irruption dans les sociétés modernes quand les libertés individuelles sont bradées au profit de motifs idéologiques et sécuritaires. C'est pourquoi le Goulag nous concerne. L'approche ethnographique qui pose un regard sur le fonctionnement interne de ce "peuple des zeks" tente de comprendre comment, au milieu d'une nature hostile et pris dans les rets d'une répression impitoyable, des hommes et des femmes ont pu survivre. Comment s'est mis en place ce monde à part, miroir déformé de la société, qui possédait ses règles de conduite, sa hiérarchie, ses normes de travail, son quotidien. A l'origine de l'exposition et du catalogue qui l'accompagne se trouve Mémorial, la plus importante association russe de défense des droits de l'homme. Une des rares instances à effectuer, dans la Russie d'aujourd'hui, un travail de recherche, de diffusion et de pédagogie sur la mémoire des répressions soviétiques. Goulag, le peuple des zeks. Exposition du Musée d'ethnographie de Genève, Annexe de Conches, Chemin Calandrini 7. Tél. +41.22.346.01.25 / Internet: www.ville-ge.ch/eth. Jusqu'au 2 janvier 2005. Les mardi, mercredi, jeudi et vendredi de 13h à 17h. Les samedi et dimanche de 10h à 17h. Fermeture le lundi. |