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UNE EXPOSITION / CENTRE D’HISTOIRE DE LA RESISTANCE ET DE LA DEPORTATION, LYON
__Résistance[s] : Itinéraire et engagements de Germaine Tillion

Résistance[s]Le Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation présente, jusqu'au 14 novembre 2004, à Lyon, une exposition inédite sur la vie et le travail passionnants de l'ethnologue et résistante Germaine Tillion.

Ardent défenseur des droits de l'homme, Germaine Tillion s'est battue contre la pauvreté, la torture, la peine de mort et a lutté pour la scolarisation en Algérie, le droit des prisonniers français à étudier et celui des femmes à l'instruction. La multiplicité de ses engagements, son ardeur à les tenir, sa recherche fidèle de la vérité font de Germaine Tillion un grand témoin et une personnalité fondamentale du XXe siècle.

Le Centre d'Histoire lui rend hommage à travers une exposition qui retrace son itinéraire, ses combats et l'apport de son travail à l'ethnographie française. Un parcours en trois temps permettra de découvrir la vie de cette femme d'exception qui n'a cessé d'étudier et d'analyser le monde qui l'entourait. Photos, notes, fiches des objets trouvés, documents originaux, sont autant de témoins de cette vie de résistances.

Germaine Tillion n'a pas 27 ans lorsque, motivée par son maître en ethnologie Marcel Mauss, elle part dans l'une des contrées les plus reculées de l'Algérie : l'Aurès, en plein pays Chaouïa (berbérophone). Pendant six ans, elle découvre et analyse les murs, les rites et l'organisation du peuple avec lequel elle vit.

En 1940, lorsqu'elle revient en France, son sens de la justice et de l'engagement la poussent à entrer en Résistance dans le réseau du Musée de l'homme. Trahie par un proche, elle est déportée à Ravensbrück, de l'automne 1943 au printemps 1945. Pour résister dans cet enfer, elle étudie le fonctionnement des camps et expose sa thèse à ses compagnes. Animée d'un véritable sens de l'équité et de la charité, elle vient à maintes reprises en aide à celles qui l'entourent, mettant ainsi en jeu sa propre vie : " Si j'ai survécu, je le dois d'abord et à coup sûr au hasard, ensuite à la colère, à la volonté de dévoiler ces crimes et enfin, à une coalition de l'amitié" - Introduction de "Ravensbrück", 1972.

PhotoGermaine Tillion renoue avec l'Algérie en 1954 au lendemain des premiers attentats, et observe l'évolution de la société. Constatant la "clochardisation" de la population, elle crée, avec l'appui du gouvernement, des centres sociaux pour rendre l'éducation accessible à tous et aux femmes, dont elle défendra inlassablement les droits.

Aller à la rencontre de Germaine Tillion, c'est découvrir l'œuvre et la pensée d'une des plus grandes figures humanistes du XXe siècle, un modèle de droiture et de justice pour le XXIe balbutiant.

Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation. Jusqu'au 14 novembre 2004. 14 Avenue Berthelot, F69007 Lyon. Tél. +33 (0)4 78 72 23 11. E-mail : chrd@mairie-lyon.fr

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