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La bande annonce de Valse avec Bachir
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UN FILM, 2008 | 1982, L'ARMEE ISRAELIENNE AU LIBAN
__Valse avec Bachir, un film d'Ari Folman
| LU DANS LA PRESSE |
Valse avec Bachir, un film d'animation (et documentaire) israélien réalisé par Ari Folman. Titre original : "Waltz with Bashir". Avec Ari Folman, Ori Sivan, Ronny Dayag. Durée : 1h 27min. Année de production : 2008. Le film a fait partie de la Sélection officielle (compétition) du 61e Festival de Cannes.
Ari Folman est né en 1962 à Haïfa. Documentaliste, il est notamment l'auteur de Sainte Claire (1996) et de "Made in Israël" (2001) sur le dernier criminel nazi extradé de la Syrie vers Israël.
"J'ai été enrôlé dans l'armée avant mes 17 ans. En septembre 1982, j'arrivais à Beyrouth ouest avec l'armée israélienne, après l'assassinat du président Bachir Gemayel, le jour de sa nomonation. Je quittais Beyrouth ouest trois jours plus tard, j'étais une tout autre personne… Cette histoire est mon histoire, que j'ai décidé de raconter après plus de vingt ans".
"J'ai réalisé Valse avec Bachir du point de vue d'un soldat quelconque, et la conclusion est que la guerre est si incroyablement inutile ! Ca n'a rien à voir avec les films américains. Rien de glamour ou de glorieux. Juste des hommes très jeunes, n'allant nulle part, tirant sur des inconnus, se faisant tirer dessus par des inconnus, qui rentrent chez eux et tentent d'oublier. Parfois ils y arrivent. La plupart du temps, ils n'y arrivent pas.
Un soir, dans un bar, un vieil ami raconte au réalisateur, Ari Folman, un rêve récurrent qui vient hanter toutes ses nuits et dans lequel il est poursuivi par 26 chiens féroces.
Toutes les nuits, le même nombre de chiens.
Les deux hommes en concluent qu’il y a certainement un lien avec leur expérience commune dans l’armée israélienne lors de la première guerre du Liban, au début des années 80.
Ari est surpris de n’avoir plus aucun souvenir de cette période.
Intrigué, il décide de partir à la rencontre de ses anciens camarades de guerre maintenant éparpillés dans le monde entier. Afin de découvrir la vérité sur cette période et sur lui-même.
Au fur et à mesure de ses rencontres, Ari plonge alors dans le mystère et sa mémoire commence à être parasitée par des images de plus en plus surréalistes...
Valse avec Bachir a d'abord été tourné en vidéo, monté comme un film de 90 minutes, puis Ari Folman et ses animateurs ont développé un story board en 2300 dessins, qu'ils ont ensuite animé. Le long métrage mélange animation flash, d'animation classique et de 3D, et chaque dessin a été crée de toutes pièces par le directeur artistique du film, David Polonsky, et ses trois assistants. Sur les neuf personnes interrogées tout au long de Valse avec Bachir, seules deux ont refusé d'apparaître à l'écran sous leur véritable identité. Mais leurs témoignages sont bien réels, tout comme le sont les sept autres intervenants.
LU DANS LA PRESSE
Le 21 août 1982, après quatre-vingts jours d’invasion du Liban par Israël, un premier bateau de fedayin palestiniens quitte Beyrouth par mer. Yasser Arafat prendra le dernier navire, le 30 août. Béchir Gemayel, chef des Kataëb (phalanges chrétiennes) est élu président de la République le 23 août, malgré un boycott massif des députés musulmans. Le 2 septembre, il a une entrevue, tenue secrète, à Nahariya avec son allié israélien Menahem Begin. Il revient la nuit même à Beyrouth par hélicoptère. Amer, il confie à ses plus proches camarades : "Le vieux m’a traité comme le bell boy de son hôtel". La révélation par Israël, deux jours plus tard, de cette rencontre étrangle dans l’œuf les promesses de rapprochement lancées par Gemayel aux différents partis musulmans en vue d’une hypothétique unité nationale.
Vengeance. Le 14 septembre, à 16 h 10, une charge de 300 kilos de TNT tue Béchir Gemayel. Le lendemain matin, les forces israéliennes pénètrent dans Beyrouth-ouest. Les 16 et 17, ce sont entre 700 et 3'500 Palestiniens qui sont massacrés dans les camps de Sabra et Chatila, au sud-ouest de Beyrouth. Le 20, les miliciens Kataëb, que tout désigne car assoiffés de vengeance, se disent "non responsables". Le 26, après que Washington eut exigé leur départ, les troupes israéliennes finissent d’évacuer Beyrouth-ouest. L’histoire, en partie grâce à la commission Kahane, mettra deux décennies à établir que le massacre avait bien été pratiqué par les milices phalangistes sous la surveillance passive des troupes israéliennes, qui avaient pour ministre de la Défense Ariel Sharon.
Le 14 septembre 1982, Ari Folman, réserviste israélien envoyé au Liban depuis le milieu de l’été, est juché sur un toit à 100 mètres au-dessus des camps. On lui demande de lancer des fusées éclairantes qui serviront en fait de lampadaires au massacre. Il ne savait rien, ne voulait rien voir, n’a rien compris et, comme sous le choc, ne se souvient plus de rien depuis. Libération, Philippe Azoury, 25 juin 2008.
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Comment un film d'animation pouvait-il, sans être obscène, s'approcher de cette insupportable vérité : sous les yeux des soldats israéliens, qui venaient d'investir Beyrouth-Ouest et faisaient pleuvoir, la nuit tombée, sur Sabra et Chatila des centaines de fusées éclairantes, les phalangistes chrétiens s'étaient livrés à un carnage d'une barbarie inouïe ?
Le massacre s'inscrivait dans un engrenage d'événements qui s'était mis en marche, trois mois plus tôt, en juin, avec l'invasion du Liban par l'armée israélienne. Le siège de Beyrouth-Ouest, le départ, en août, des combattants palestiniens, l'élection du protégé d'Israël, Bachir Gemayel, à la présidence de la République, sa mort trois semaines plus tard dans un attentat, puis l'entrée de l'armée israélienne dans Beyrouth-Ouest pour protéger, disait-on, la population de la fureur phalangiste : chaque étape semblait, avec le recul, conduire au pire.
Valse avec Bachir nous projette sans ménagement, comme des soldats ballottés à l'intérieur d'un blindé, dans la tourmente de cet été de feu, de sang et de mort.
Mieux que des tonnes d'artifices pyrotechniques et des bataillons de figurants, l'énergie brutale dégagée par ces dessins en mouvement restitue, avec un réalisme éprouvant, le cauchemar où se sont trouvés plongés les jeunes soldats israéliens témoins du massacre. Car le coup de génie de l'auteur, réalisateur et producteur du film, Ari Folman, est d'être parti à la recherche de la vérité sur Sabra et Chatila dans les méandres de sa propre mémoire. […]
C'est, vécu au plus près des hommes, ce chapitre de l'histoire du Proche-Orient que reconstitue, avec une puissance d'émotion exceptionnelle, le film d'Ari Folman. Mesdames et messieurs les jurés de Cannes qui n'avez pas retenu Valse avec Bachir dans votre palmarès, vous êtes passés à côté d'un chef-d'oeuvre. Le Nouvel observateur, René Backmann, 26 juin 2008.
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Sorti de nulle part avec seulement quelques documentaires au compteur, le réalisateur Ari Folman livre un film d'animation intense, poignant et unique en son genre. Ancien soldat de Tsahal, il a participé à la guerre du Liban, en 1982, et raconte sa lutte pour exorciser ce qu'il y vécut. Très vite, Valse avec Bachir, où la petite histoire regarde la grande, dépasse la simple autobiographie pour évoquer l'une des plus douloureuses tragédies du conflit au Moyen-Orient : les massacres des réfugiés palestiniens à Sabra et Chatila.
Jean Genet y avait passé quatre heures et raconté l'impossibilité de décrire une telle horreur dans un texte percutant. Folman, lui, part à la rencontre d'anciens amis, questionne son impuissance à se rappeler les événements et nourrit ces entretiens par des cauchemars qui hantent encore ses nuits plus de vingt ans après. Un devoir de mémoire, une succession de scènes obsédantes, une danse lancinante entre souvenir et réalité. Dans un style simple et presque innocent, Folman illustre les tueries, les combats et les ombres de la folie des hommes. Une grande oeuvre. L'Express, Julien Welter, 2008.
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Valse avec Bachir est un film sur la peur et sur la culpabilité qui ose montrer ces soldats israéliens comme victimes. Cette interprétation de la guerre par des soldats quelconques met l'accent sur le stress post-traumatique qui les habite, leur culpabilité de rescapés, la douleur d'avoir été impuissants à empêcher cette boucherie non commanditée par leur hiérarchie militaire. Culpabilité attisée par une hantise : ils n'ont pas participé aux massacres mais ne sont-ils pas suspects d'avoir endossé le rôle des nazis durant la seconde guerre mondiale, se demande Folman. Leur chaos psychologique met en effet en regard Sabra et Chatila et le ghetto de Varsovie.
Outre ces morceaux de bravoure que sont l'attaque d'un tank israélien par des milices palestiniennes, une tuerie dans un verger, l'entrée stupéfiante de soldats israéliens dans Beyrouth sous les rafales de snipers, une scène récurrente ne cesse de renvoyer ces jeunes fantassins à l'horreur des camps de concentration : trois hommes surgissant nus de la mer, squelettiques, sortis de l'enfer.
Rien de glamour ni de glorieux dans cette épopée d'hommes qui ne retrouvent leurs ombres que grâce aux expertises freudiennes. Valse avec Bachir est d'ailleurs truffé de signes illustrant le désir et la mort, la sensualité féminine et le refuge marin... Jusqu'à ce que quelques dernières images des documents d'archives en vidéo et photo cette fois authentifient les blessures en faisant basculer le film du dessin au drame réel. Le Monde, Jean-Luc Douin, 16 mai 2008.
07.2008

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