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La bande-annonce du film



UN FILM, 2008 | UN DOCUMENTAIRE SUR LA SITUATION AU DARFOUR
__Darfour : du sable et des larmes

Darfour : du sable et des larmes [titre original : Sand and Sorrow]. Documentaire américain réalisé par Paul Freedman. Avec George Clooney, Ahmed Ali, Abdulrahman. Année de production : 2007. Sortie en Europe : 2008. Durée : 1h 33min.

Avec "Darfour : du sable et des larmes", le cinéaste Paul Freedman, lauréat du "Peabody Award", nous plonge dans la réalité de la situation au Darfour. Il s'est joint à un contingent des forces pour la paix de l'Union Africaine au Darfour, où l'une des pages les plus tragiques et perturbantes de l'histoire de l'humanité est en train de s'écrire. Alors que les hommes et les femmes de cette mission affrontent des conditions très dures et une violence sans limites, deux millions et demi de personnes déplacées n'ont pas d'autre choix que de trouver refuge dans des camps sordides. A ce jour, on estime que 400'000 civils ont perdu la vie.

Darfour : du sable et des larmes
analyse les événements historiques qui ont conduit à ce qu'un gouvernement en majorité arabe tue et déplace volontairement la partie indigène africaine de son propre peuple. Le film examine aussi la longue série d'échecs de la communauté internationale, son incapacité à réagir à de si graves crimes contre l'humanité dans le passé. Tout en s'immergeant dans cette crise désespérée de notre époque, Paul Freedman donne cependant la parole au mouvement de plus en plus important de ceux qui ont juré de faire en sorte que l'expression "plus jamais" prenne enfin un sens.

John Prendergast, Samantha Power et Nick Kristof, chroniqueur au "New York Times", conduisent le spectateur à travers les camps de réfugiés le long de la frontière entre le Soudan et le Tchad, dans les charniers du Darfour, et dans les bureaux du Sénat des Etats-Unis pour plaider la cause des innocents du Darfour. Ce trio passionné inspire un mouvement de défense dont les rangs ne cessent de grossir, un plaidoyer qui s'étend des écoles supérieures des campagnes aux campus des grandes universités, jusqu'aux sphères du pouvoir aux Etats-Unis et ailleurs. La caméra de Paul Freedman est là pour saisir le combat héroïque entre la politique et l'humanité.

LU DANS LA PRESSE [FRANCE]

TELECINEOBS. Abandonné à l'indifférence générale pour manque notoire de richesses pouvant motiver une aide militaire internationale, le Darfour est depuis de nombreuses années le théâtre d'un génocide digne des pires heures du siècle précédent.

Analysant, avec la rigueur nécessaire et indispensable, les origines du drame, sa tragique ampleur, ses ramifications ainsi que ses nombreuses conséquences géopolitiques, le documentariste suit les traces de trois journalistes et témoins (dont Nick Kristof, chroniqueur au "New York Times") ayant très tôt sensibilisé et mobilisé l'opinion publique à défaut des dirigeants. Un travail minutieux, exhaustif, parvenant à dégager des lignes de lecture claires et pertinentes. Et dans le rôle du narrateur de cet indispensable témoignage, l'impeccable George Clooney dont l'engagement humanitaire pour cette cause est connu depuis longtemps. TéléCinéObs, Xavier Leherpeur, août 2008.
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Le film de Paul Freedman, déjà auteur d'un documentaire sur le génocide rwandais, analyse les événements qui ont permis à un gouvernement de tuer et déplacer une partie de sa propre population, sans craindre les remontrances de la communauté internationale. Il examine - succinctement - la chronologie du drame mais surtout la faillite de la communauté internationale à réagir, alors que les preuves de massacres s'accumulent. Les errements des Nations unies sont tels qu'une des protagonistes du film, l'auteure et lauréate du prix Pulitzer Samantha Power, s'interroge : "Finalement, qu'est-ce que l'ONU ? 191 pays qui ont chacun des raisons de ne pas y aller..." [...].

Un brin optimiste, Freedman croit que le salut viendra de lamobilisation de l'opinion américaine. Aux Etats-Unis, il s'attache donc à filmer ceux qui refusent de faire comme s'ils ne savaient rien. En 2004, le 10e anniversaire du génocide rwandais est l'occasion rêvée pour parler du drame soudanais : deux lycéennes de l'Illinois invitent des rescapés rwandais, pour sensibiliser leurs copains. A Washington, via de brillants articles et un intense lobbying, l'activiste John Prendergast, l'écrivain Samantha Power et le journaliste du New York Times Nick Kristof parviennent à sensibiliser l'opinion américaine. En témoignant pour les victimes rencontrées au cours de leurs multiples voyages au Darfour, ils mobilisent des sénateurs, dont Barack Obama, des acteurs, des personnalités, jusqu'à réunir plus de 50'000 personnes, à Washington.

"Darfour : du sable et des larmes" raconte aussi les impasses d'une paix hâtive. Les 2 millions de personnes déplacées ne reviendront jamais chez elles. Les femmes violées n'oublieront pas, ni leurs enfants, qui dessinent les mitraillettes des jenjawids à l'âge où l'on colorie des arbres. Cette boucherie silencieuse a transformé à jamais ce pays. Les hommes ne retiennent rien, au mieux peuvent-ils limiter la prochaine casse. Car ce que l'on sait, c'est qu'il y en aura d'autres. Libération, Laure Noualhat, 20 août 2008.
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TELERAMA. La louable volonté d'explication résiste mal aux sirènes du sensationnalisme. "Imaginez les dieux de l'histoire toisant notre incapacité à protéger des millions de victimes innocentes de leurs propres gouvernements. Imaginez qu'ils nous accordent une nouvelle chance : cela se passe au ralenti et s'appelle... le Darfour". Dès l'introduction, le ton est donné par une voix off, caverneuse et virile, tout droit sortie d'une bande-annonce de blockbuster. En une phrase, voilà résumée l'idéologie néo-coloniale qui irrigue de bout en bout ce documentaire formaté, très américano-centré : les grandes puissances occidentales sont les garantes de l'ordre mondial.

Le réalisateur, Paul Freedman, fait pourtant oeuvre utile en retraçant les faits méconnus qui ont conduit au drame du Darfour et de ses tribus soudanaises non arabes persécutées par les Janjawid, ces "diables à cheval" à la solde du pouvoir de Khartoum. Mais, cette louable volonté d'explication résiste mal aux sirènes du sensationnalisme. Pour nous exhorter à l'action, le film se place sous l'empire de l'émotion : images de cadavres en boucle, musique anxiogène et omniprésente. Une scène résume parfaitement le malaise engendré par ce documentaire. Dans une galerie d'art de Chicago, entre petits-fours et gratin mondain, des gens très concernés prennent des mines de circonstance devant l'exposition du jour : les dessins hantés des enfants du Darfour. Télérama, Mathilde Blottière, 23 août 2008.
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Engagé depuis 2005 dans un combat pour obtenir du gouvernement américain une intervention substantielle pour faire cesser le génocide au Darfour, George Clooney a produit ce documentaire pour expliquer les causes de ce drame humain qui a fait à ce jour près de 400'000 morts et interroger l'indifférence dans laquelle il continue de se dérouler.

La voix de l'acteur, qui s'est fait narrateur pour l'occasion, expose les facteurs historiques et politiques qui ont conduit aux tueries, viols, déplacements massifs de population, et développe une thèse sur les causes de l'inertie du monde occidental. Celles-ci seraient à chercher dans une alliance passée entre les services secrets de son pays et ceux du Soudan, après le 11-Septembre. Destinée à réveiller les consciences, l'association de l'image (hors champ) de la star hollywoodienne et des corps en décomposition a quelque chose d'obscène. Ce documentaire qui donne la parole à divers spécialistes de la question, ainsi qu'à certaines victimes du génocide et à des acteurs de terrain pèche par ailleurs par sa volonté de vouloir trop embrasser, et trop vite.

L'impression qui se dégage est celle d'un film-tract dans lequel on offre de surcroît, et à peu de frais, une place d'honneur à Barack Obama - le candidat à la Maison Blanche qui jouit officiellement du soutient de George Clooney. "Darfour : du sable et des larmes" a néanmoins le mérite de faire un peu de pédagogie sur cette tragédie. Le Monde, Isabelle Régnier, 19 août 2008.

Août 2008.Up