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LA DECLARATION DU MILLENAIRE



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2000, NATION UNIES / KOFI ANNAN, LE RAPPORT DU MILLENAIRE
__Les propositions clés du Rapport du Millénaire

LogoLe secrétaire général, Kofi Annan, a présenté à l'Assemblée générale de l'organisation, en décembre 2000, un rapport, intitulé "Nous, les peuples: le rôle des Nations Unies au XXIe siècle", qui présente une vision d'avenir concrète des Nations unies, dans le contexte d'un monde qui s'est radicalement transformé depuis la création de l'Organisation en 1945.
Kofi Annan articule son rapport autour de trois grands défis pour le XXIe siècle: vivre à l'abri du besoin, libérer le monde de la peur et bâtir un avenir viable. Il conclut sur la nécessité, pour relever ces défis, de rénover l'Organisation des Nations unies.

Dans le Rapport du millénaire, le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, recense les problèmes les plus pressants des peuples de la planète et propose un certain nombre de priorités.

Voici un aperçu des nouvelles initiatives proposées, ainsi que les objectifs et les recommandations qui ont été soumises à l'examen des chefs d'Etat.

Kofi Annan a présenté dans son rapport quatre nouvelles initiatives :

Un corps de volontaires, le Service des technologies de l'information des Nations Unies ("UNITeS"), formera des équipes dans les pays en développement à l'utilisation et aux potentialités d'Internet et des technologies de l'information.

Un réseau de santé InterNetwork établira dans des hôpitaux et dispensaires des pays en développement 10 000 points d'accès à Internet permettant de consulter des données médicales actualisées. Ce programme bénéficie du soutien de la Fondation WebMD, de l'OMS, de la Fondation des Nations unies et d'autres partenaires.Haut de page

Un programme d'intervention en cas de catastrophe, "Les premiers sur place", mettra des téléphones portables et par satellite ainsi que des liaisons hertziennes à la disposition du personnel des secours humanitaires déployés en cas de catastrophes naturelles et dans des situations d'urgence. Ce projet s'effectuera sous la direction de la société de communication Ericsson, avec le concours d'organismes des Nations Unies et de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

Un réseau mondial stratégique étudiera de nouvelles solutions durables au problème du chômage des jeunes. Ce groupe de haut niveau, auquel participeront les chefs de la Banque mondiale et de l'OIT, ainsi que des dirigeants du secteur privé et de la société civile, formulera d' ici un an des recommandations à l'intention des gouvernements.

A L'ABRI DU BESOIN : L'ACTION EN FAVEUR DU DEVELOPPEMENT

Il a été demandé aux chefs d'Etat ou de gouvernement d'agir dans les domaines suivants :

Pauvreté : Réduire de moitié, d'ici à 2015, la proportion de la population mondiale (actuellement 22 %) dont le revenu est inférieur à un dollar par jour.

Eau : Réduire de moitié, d'ici à 2015, la proportion de la population mondiale (actuellement 20 %) qui n'a pas accès à de l'eau potable.

Education : Réduire d'ici à 2005 les disparités entre filles et garçons en matière d'éducation primaire et secondaire; et garantir que d'ici à 2015 tous les enfants termineront leur scolarité primaire.

VIH/sida : Enrayer et commencer à faire reculer la progression du VIH/sida d'ici à 2015 :
En se fixant comme objectif de réduire le taux d'infection par le VIH chez les 15 à 24 ans de 25 % avant 2005 dans les pays les plus durement touchés et de 25 % à l'échelle mondiale avant 2010.
En se fixant des objectifs de prévention : d'ici à 2005 au moins 90 % et d'ici à 2010 au moins 95 % des jeunes des deux sexes doivent avoir accès à de l'information et à des services de prévention du VIH/sida.
En exhortant tous les pays gravement touchés par le sida à mettre en place un plan d'action national dans l'année qui suivra le Sommet.Haut de page

Elimination des taudis : Adopter et mettre en oeuvre le programme "Villes sans taudis" lancé par la Banque mondiale et les Nations unies en vue d'améliorer d'ici à 2020 les conditions de vie de 100 millions d'habitants de quartiers insalubres.

Emploi des jeunes :Définir des stratégies visant à réduire le chômage des jeunes.

Accès numérique : Réviser les orientations politiques en vue de supprimer les obstacles, en matière de réglementation et de tarif, à l'accès à Internet, afin que toute la population puisse bénéficier de la révolution de l'information.
Secteur privé : Former de solides partenariats avec le secteur privé, aux niveaux national et international, afin de lutter contre la pauvreté sous toutes ses formes.

Il est en particulier demandé aux pays industrialisés :

Commerce : d'ouvrir sans restriction leurs marchés aux marchandises produites par les pays pauvres, et, dans un premier temps, de se préparer à accorder, lors de la Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés qui aura lieu en mars 2001, des conditions d'accès libre -sans droits de douane et sans quotas- à l'ensemble des exportations provenant des pays les moins avancés.

Allègement de la dette : de mettre en oeuvre sans plus tarder le programme d'allégement supplémentaire de la dette des pays très endettés qui a été adopté l'an dernier, et se préparer à annuler toutes les dettes publiques des pays très endettés, ces derniers s'engageant en échange de façon concrète à réduire la pauvreté.

APD : d'accorder une aide au développement plus généreuse, particulièrement aux pays qui s'emploient véritablement à réduire la pauvreté.

VIH/sida : de mettre au point, avec le concours de l'industrie pharmaceutique et d'autres partenaires, un vaccin efficace et abordable contre le VIH ; et mettre les traitements liés au VIH à la portée du plus grand nombre dans les pays en développement.

Afrique : de prendre des dispositions spéciales adaptées aux besoins de l'Afrique et soutenir sans réserve les efforts déployés par les Africains en vue de résoudre les problèmes du continent. Les experts et les fondations sont en particulier priés de chercher une solution au problème de la faible productivité agricole de l'Afrique.

A L'ABRI DE LA PEUR : L'ACTION EN FAVEUR DE LA SECURITE

Il est instamment demandé aux chefs d'Etat ou de gouvernement de :Haut de page

Droit international: Renforcer l'application du droit international, et en particulier des dispositions des traités sur la maîtrise des armements, du droit humanitaire international et des droits de l'homme. Lors du Sommet du millénaire, les chefs d' État ou de gouvernement auront la possibilité de signer tous les traités ou conventions dont le Secrétaire général est le dépositaire.

Opérations de maintien de la paix: Renforcer la capacité de l'ONU à mener à bien des opérations de maintien de la paix. Le Secrétaire général a mis en place un groupe d'étude de haut niveau chargé d'analyser les différents aspects des opérations de maintien de la paix et de suggérer des améliorations. Ce groupe devrait achever son rapport à temps pour le présenter à l'Assemblée du millénaire.

Ciblage des sanctions: Adopter des mesures de façon à minimiser l'effet des sanctions économiques sur les populations innocentes et à faire pression plus efficacement sur les régimes ciblés.

Armes légères : Enrayer le trafic d'armes légères, notamment :

en améliorant la transparence du transfert d'armes,
en soutenant les mesures de désarmement prises au niveau régional, comme par exemple le Moratoire sur l'importation, l'exportation ou la fabrication d'armes légères en Afrique de l'Ouest.,
étendre à d'autres régions -particulièrement aux pays sortant de conflits- les programmes d'échange "d'armes contre des marchandises" qui ont donné de bons résultats au Mozambique, au Panama, au Salvador et en Albanie.

Armes nucléaires : Envisager d'organiser une grande conférence internationale qui permettrait de définir des moyens d'éliminer toute menace nucléaire.

UN AVENIR VIABLE : L'ACTION EN FAVEUR DE L'ENVIRONNEMENT

Il est demandé aux chefs d'Etat ou de gouvernement d'adopter de nouvelles règles de conduite en matière de gestion avisée et de protection de l'environnement, et de commencer par :

Changement climatique : Adopter et ratifier le Protocole de Kyoto, de façon à ce qu'il entre en vigueur dès 2002, et faire en sorte que ses objectifs soient atteints, en vue de réduire l'émission de gaz à effet de serre.

Comptabilité écologique : Envisager d'adopter au sein de leur comptabilité nationale le système de "comptabilité verte" de l'ONU, afin d'intégrer les questions écologiques aux politiques économiques.

Evaluation de l'écosystème : Apporter un soutien financier et participer activement à l'Évaluation de l'écosystème du millénaire, un grand programme de coopération internationale visant à dresser le bilan de santé de la planète.

Sommet de la terre + 10 : Faciliter l'adoption par les dirigeants du monde entier de mesures concrètes et importantes lors de la conférence qui sera organisée en 2002, dix ans après le Sommet de la terre.

RENOUVELER L'ORGANISATION DES NATIONS UNIES

Pour faire des Nations unies un instrument plus efficace au service des peuples du monde entier, il est instamment demandé aux chefs d'État ou de gouvernement de :

réformer le Conseil de sécurité, de façon à ce qu'il puisse s'acquitter plus efficacement de ses responsabilités et revêtir une plus grande légitimité auprès de tous les peuples du monde.
s'assurer que les Nations unies disposent des ressources dont elles ont besoin pour remplir leur mission.
s'assurer que le Secrétariat utilise au mieux ces ressources, dans l'intérêt des Etats membres, et qu'il est en mesure d'adopter les meilleures pratiques de gestion et technologies qui existent, et de privilégier les tâches qui correspondent aux priorités actuelles des Etats membres.
permettre véritablement aux organisations non gouvernementales et aux intervenants autres que les Etats d'apporter leur contribution indispensable aux travaux des Nations unies.

Source : Nations unies, New York, 2000.
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