|
Retour


|
2004, 10 ANS APRES / COMMISSION DES DROITS DE LHOMME DES NATIONS UNIES
__Le secrétaire général des Nations Unies lance un plan daction de prévention du génocide et attire lattention sur les situations en Ituri et au Darfour
La Commission des droits de l'homme a observé
le 7 avril 2004, lors d'une séance d'une heure qui
s'est tenue dans la Salle des Assemblées du Palais des
Nations, à Genève, la Journée internationale
de réflexion sur le génocide de 1994 au Rwanda,
dont l'Assemblée générale avait décidé,
en décembre 2003, qu'elle serait commémorée
le 7 avril de chaque année.
|
 |
|
Commission des droits de l'homme, Genève, 7 avril 2004. Photo Onu.
|
Le secrétaire général des Nations unies,
Kofi Annan, le ministre rwandais de l'information, Laurent
Nkusi, et les coordonnateurs des cinq groupes régionaux
de la Commission, ainsi qu'un rescapé du génocide,
actuellement directeur de l'Office national de la population,
sont intervenus durant cette cérémonie commémorative,
qui s'est ouverte en observant deux minutes de silence en mémoire
des victimes du génocide rwandais.
Kofi Annan a souligné que la communauté
internationale ne doit jamais oublier que nous avons échoué
collectivement à protéger les plus de 800'000 hommes,
femmes et enfants sans défense qui ont péri au
Rwanda il y a 10 ans. "Nous devons tous assumer nos responsabilités
et reconnaître que nous aurions dû faire plus pour
empêcher le génocide ou y mettre fin", a-t-il
affirmé, ajoutant que nul ne saurait plaider l'ignorance.
Relevant que le spectre du génocide demeure hélas
bien réel, le secrétaire général des
Nations unies a indiqué qu'il lançait un plan
d'action de prévention du génocide axé
sur la prévention des conflits armés, la protection
des civils dans les conflits armés, la fin de l'impunité,
la mise en place d'un système d'alerte précoce et
claire, ainsi que sur l'action rapide et décisive lorsque,
en dépit de tous ces efforts, le génocide se produit
ou est sur le point de se produire. Il a indiqué qu'il
avait décidé de créer un nouveau poste
de conseiller spécial sur la prévention du génocide.
Kofi Annan a, par ailleurs, attiré l'attention sur la
situation actuelle dans la province d'Ituri en République
démocratique du Congo, "où les conflits ethniques
pourraient de toute évidence aller jusqu'au génocide".
Il a également dit partager la vive inquiétude qu'ont
exprimée, la semaine dernière, les huit experts
indépendants que la Commission a nommés pour s'informer
sur les violations massives des droits de l'homme et la crise
humanitaire qui serait en train de se produire dans la région
du Darfour au Soudan. Il a proposé d'envoyer au Soudan
une équipe pour mieux prendre la mesure et mieux comprendre
la nature de la crise.
Pour sa part, le ministre de l'information du Rwanda,
Laurent Nkusi, a déclaré que, "alors
que nous nous souvenons que plus d'un million de nos surs et de
nos frères ont été tués dans des conditions
atroces durant le génocide, nous devons nous demander si
des mesures appropriées ont été mises en
place afin d'assurer qu'un génocide ne puisse plus jamais
intervenir dans quelque région du monde que ce soit".
Le système des Nations unies avait en 1994, et même
avant, la capacité et les ressources nécessaires
pour savoir exactement ce qui se passait au Rwanda, a-t-il déclaré.
Il a déploré le manque de volonté politique
de la communauté internationale, dominée par
des intérêts divergents. Les Rwandais découvrent
que le phénomène de l'appartenance ethnique, qui
avait été exagéré par le passé
par les régimes coloniaux et post-coloniaux, n'était
pas le principal problème qui se posait à eux. Les
véritables questions en jeu sont la mauvaise gouvernance,
la culture de l'impunité et la pauvreté économique,
a souligné le ministre. Il a par ailleurs fait observer
que les extrémistes qui avaient planifié et exécuté
le génocide se promènent encore partout dans le
monde et sont encore protégés par certains Etats.
A l'instar de Laurent Nkusi, Claudien Uwanyirigira,
directeur de l'Office national de la population, a souligné
que le regret collectif - face au génocide - n'aura de
sens et de sincérité véritables que dans
la mesure où la réhabilitation physique et morale
des rescapés sera entreprise.
Ont ensuite fait des déclarations les coordonnateurs
des cinq groupes régionaux au sein de la Commission, à
savoir les représentants de la République du Congo
au nom du Groupe africain, du Pakistan au nom du Groupe asiatique,
de l'Arménie au nom du Groupe de l'Europe de l'est, de
l'Argentine au nom du Groupe des pays d'Amérique latine
et des Caraïbes, et l'Allemagne au nom du Groupe des Etats
occidentaux.
LES DECLARATIONS
MIKE SMITH, Président de la Commission des droits
de l'homme, a souligné que la présente séance
est organisée pour commémorer le moment le plus
sombre de l'histoire récente, à savoir l'échec
collectif de la protection humanitaire au Rwanda en 1994. En observant
cette Journée et en rendant hommage aux victimes de la
tragédie, il convient d'essayer de s'imaginer la profondeur
de l'horreur et de l'incompréhension que chacune des 800'000
personnes assassinées doivent avoir ressenties au moment
où elles ont réalisé leur sort. Il convient
ensuite de réfléchir à ce qu'auraient pu
faire les individus, les nations et les Nations unies pour éviter
cette catastrophe. Enfin, il convient de réfléchir
à la manière d'assurer qu'un tel événement
ne se reproduise jamais.
LAURENT NKUSI, ministre de l'Information du Rwanda,
a salué la résolution par laquelle l'Assemblée
générale a décidé en décembre
dernier de faire de ce 7 avril 2004 une Journée internationale
de réflexion sur le génocide de 1994 au Rwanda.
Alors que nous nous souvenons que plus d'un million de nos surs
et de nos frères ont été tués dans
des conditions atroces durant le génocide, nous devons
nous demander si des mesures appropriées ont été
mises en place afin d'assurer qu'un génocide ne puisse
plus jamais intervenir dans quelque région du monde que
ce soit. Pour sa part, le Rwanda a adopté une double approche
fondée, d'une part, sur des mesures constitutionnelles
prévoyant la punition de ceux qui font la promotion de
la haine, de l'intolérance et de la division et, d'autre
part, sur la mise en place d'un programme de promotion de l'unité
nationale et de la réconciliation.
Le ministre rwandais a déclaré que le système
des Nations unies avait, en 1994, et même avant, la capacité
et les ressources nécessaires pour savoir exactement ce
qui se passait au Rwanda. Il a affirmé que la communauté
internationale n'est pas intervenue pour mettre fin au génocide
en raison d'un manque de volonté politique et d'intérêts
divergents. Si une telle situation devait se reproduire, il
ne faudrait pas que la réponse de la communauté
internationale soit aussi inappropriée qu'elle le fut en
1994 au Rwanda, a souligné le ministre rwandais.
Ces dix dernières années, le Rwanda a réalisé
d'importants progrès sur les plans politique, économique
et social, a poursuivi Laurent Nkusi. Les Rwandais découvrent
que le phénomène de l'appartenance ethnique, qui
avait été exagéré par le passé
par les régimes coloniaux et post-coloniaux, n'est pas
le principal problème qui se pose à eux. Les véritables
questions en jeu sont la mauvaise gouvernance, la culture de l'impunité
et la pauvreté économique, a souligné le
ministre. C'est la raison pour laquelle nous avons banni pour
toujours les pratiques discriminatoires s'agissant des symboles
nationaux, des cartes d'identité et de l'accès à
l'école et à l'emploi. Le ministre a souligné
que la renaissance des tribunaux gacaca, cette procédure
traditionnelle de résolution des conflits, se veut
à la fois participative, punitive et réconciliatrice.
En dépit des avancées réalisées,
le Rwanda doit encore faire face aux suites du génocide
de 1994, a affirmé le ministre. Les extrémistes
qui avaient planifié et exécuté le génocide
se promènent encore partout dans le monde et sont encore
protégés par certains Etats. Nous devons encore combattre l'idéologie du révisionnisme qui continue de nier l'existence même du génocide. Il a enfin souligné que de nombreux survivants du génocide, physiquement et psychologiquement blessés, ne bénéficient pas de tout le soutien qui leur serait nécessaire. Le gouvernement du Rwanda a créé un Fonds en leur faveur, auquel il contribue à hauteur de 5% du budget annuel. Mais malheureusement, ce fonds n'est pas à la hauteur de l'ampleur des problèmes rencontrés par les survivants. Le peuple du Rwanda remercie tous ceux qui ont exprimé leurs regret pour l'avoir abandonné à l'heure où il aurait eu le plus besoin d'aide. De telles expressions de remords ne resteront qu'une rhétorique vide si elles ne s'accompagnent pas d'actions concrètes de soutien en faveur des survivants, a conclu le ministre.
CLAUDIEN UWANYIRIGIRA, directeur de l'Office national
de la population et membre de la Commission nationale des droits
de l'homme du Rwanda, très ému, s'est présenté
comme un rescapé du génocide, six des neuf membres
de sa famille ayant perdu la vie en avril 1994. M. Uwanyirigira
a notamment dit que les rescapés ressentaient encore aujourd'hui,
dix ans plus tard, des angoisses inexprimables. La perte de leurs
proches dans des circonstances épouvantables et souvent
devant leurs propres yeux, les séquelles psychologiques
pèsent lourdement encore sur leur vie quotidienne. De nombreuses
jeunes filles ont été violées, mutilées;
les viols systématiques ont aussi entraîné
la transmission problématique du sida et, dix ans plus
tard, on trouve encore des cadavres dans la forêt. La population
est traumatisée par les attitudes d'incompréhension,
d'abandon qu'elle perçoit, et même avec le recul,
on ne comprend pas vraiment tous les aspects de ce génocide.
La question est plus complexe encore pour les survivants. Qu'aurait-on
pu faire pour empêcher les meurtres ? Pourquoi les voisins
se sont-ils transformés en bourreaux ? Pourquoi la communauté
internationale y a-t-elle consenti ? Toutes ces questions tourmentent
encore les Rwandais et le regret collectif n'aura de sens
et de sincérité véritables que dans la mesure
où la réhabilitation physique et morale des rescapés
sera entreprise, a conclu Claudien Uwanyirigira.
ROGER JULIEN MENGA (République du Congo, s'exprimant
au nom du Groupe africain), a déclaré que ce qui
est saillant aujourd'hui, au sein de cette Commission, c'est que
l'humanité des victimes du génocide des Tutsis du
Rwanda a non seulement été niée par ceux
qui l'ont perpétré, mais a été ignorée
par toute la communauté internationale qui était
pourtant largement informée. Dix ans après un génocide
qui a entraîné le massacre de plus d'un million de
personnes, le représentant a invité la communauté
internationale à engager une réflexion sur les
causes profondes de cette faillite collective à protéger
l'Humanité de ce crime odieux et à en tirer les
leçons. Toutes les commissions d'enquête sur
le sujet sont parvenues à la même conclusion : le
génocide du Rwanda n'a pas été stoppé
par la communauté internationale à cause du manque
de volonté politique. Tant que l'obligation de protéger
l'Humanité restera assujettie à la protection des
intérêts stratégiques des Etats membres des
Nations unies, les catastrophes de ce genre peuvent se répéter.
Le représentant du Groupe africain a par ailleurs estimé
qu'une des leçons à tirer du génocide est
le courage avec lequel le peuple et le gouvernement rwandais reconstruisent
et gèrent le pays avec des ressources limitées.
La justice est une priorité pour établir les différentes
responsabilités et éradiquer la longue culture d'impunité
qui a nourri pendant longtemps les racines de ce fléau.
Certains Etats membres de la Commission des droits de l'homme
et du Conseil de sécurité continuent d'offrir un
asile bienveillant à certains idéologues et planificateurs
du génocide de 1994. Mais nous reconnaissons les efforts
engagés par certains Etats pour juger les suspects de génocide
exilés sur leur territoire et exhortons les autres Etats
à en faire autant pour que la justice ne s'applique pas
uniquement aux exécutants mais également aux idéologues
et planificateurs, qui portent une lourde responsabilité,
a-t-il déclaré. Il a enfin appelé la communauté
internationale à davantage de mobilisation pour que les
victimes du génocide rwandais puissent enfin vivre dans
la dignité, le respect et la concorde nationale.
SHAUKAT UMER (Pakistan, s'exprimant au nom du Groupe
asiatique) a exprimé la solidarité totale du Groupe
asiatique avec le peuple du Rwanda pour ce qui s'est produit il
y a dix ans. Cet assassinat de masse prémédité
a ébranlé l'édifice élaboré
à la sortie de la deuxième guerre mondiale pour
garantir que le génocide qui s'était produit pendant
cette guerre ne se reproduirait plus. Et pourtant un massacre
d'une ampleur inimaginable s'est déroulé sous les
caméras et presque en direct. Cette commémoration
devrait redonner force à cette sagesse sans âge qui
veut que les différends soient résolus de manière
pacifique.
La communauté internationale a échoué
une fois au Rwanda. Elle doit être déterminée
à ne pas échouer à nouveau et à ne
jamais laisser une telle tragédie se reproduire, a déclaré
le représentant du Groupe asiatique, qui demande notamment
que la communauté des nations réaffirme son engagement
envers les principes des droits de l'homme et du droit international,
rejette toute forme de discrimination, déploie tous les
efforts pour éliminer la violence au sein des sociétés,
s'attaque aux massacres administratifs organisés par les
appareils d'Etat, assure une justice rapide aux victimes et renforce
la capacité d'alerte rapide des Nations unies.
ZOHRAB MNATSAKANIAN (Arménie, s'exprimant au
nom du Groupe de l'Europe de l'Est) a relevé que les crimes
commis au Rwanda s'étaient produits cinquante ans après
que la communauté internationale se fut dotée d'un
instrument juridique fort, la Convention sur la prévention
et la punition du crime de génocide, adoptée
en 1948 par l'Assemblée générale des Nations
unies. Le représentant a rappelé qu'au milieu des
années 1980, la Sous-Commission pour la prévention
de la discrimination et pour la protection des minorités
avait proposé d'établir un organe international
impartial de prévention des génocides. Cette idée
ne s'est malheureusement pas concrétisée. Le
génocide commis au Rwanda est ainsi la preuve du manque
de clairvoyance total des Etats et la marque d'une culpabilité
partagée. Dix ans plus tard, il convient que la communauté internationale fasse la preuve de sa capacité d'action. L'Organisation des Nations unies et les Etats qui la composent doivent prouver qu'ils peuvent agir pour débarrasser le monde de ce crime inhumain.
Le représentant du Groupe de l'Europe de l'Est a constaté
avec intérêt les initiatives de transformation de
la culture des Nations unies en une culture de prévention,
avec par exemple la proposition d'établir un comité
de prévention des génocides et de nommer un rapporteur
spécial sur la prévention des génocides.
Il ne faut jamais oublier, a dit le représentant arménien,
que le génocide du Rwanda a montré que le sort de
peuples entiers repose entre les mains de l'Organisation et de
ses Etats Membres. La répétition de tels crimes
est, dans les conditions actuelles, encore possible, a-t-il mis
en garde. Enfin, les interventions en Ituri (République
démocratique du Congo) ou en Sierra Leone par exemple,
doivent renforcer la détermination de la communauté
internationale à s'opposer aux auteurs de tels crimes.
Les Etats doivent continuer de s'atteler à la construction
d'un système international solide qui permette de prévenir
et de limiter les capacités d'action d'éventuels
auteurs de génocides. Ce serait la meilleure manière
de rendre hommage aux victimes du génocide du Rwanda, a-t-il
conclu.
ALFREDO VICENTE CHIARADIA (Argentine, s'exprimant au
nom du Groupe des pays d'Amérique latine et des Caraïbes
- GRULAC) a affirmé que le génocide du Rwanda illustre
clairement la faillite de la communauté internationale
et des Nations unies à prévenir et mettre un terme
aux massacres. Communauté internationale et Nations Unies
peuvent également être tenues pour responsables d'un
grave recul dans la promotion et la protection des droits de l'homme.
Dans ce contexte, l'interruption violente du processus démocratique,
lié à la violence ethnique, la violation du droit
international humanitaire, et à la mise en place d'un cadre
d'intimidation généralisé ont pu dégénérer
en une tragédie dont il nous faut tirer à présent
les enseignements. Ainsi, le représentant a estimé
qu'il est essentiel du point de vue de la prévention du
génocide que les Etats ratifient la Convention de 1948
sur la prévention et la sanction du crime de génocide.
Le représentant du Groupe des pays d'Amérique
latine et des Caraïbes a par ailleurs insisté sur
l'importance des initiatives régionales pour rétablir
la démocratie, restaurer la confiance et la stabilité
au niveau local. La communauté internationale se doit d'appuyer
de tels efforts. Les pays de GRULAC appuient les travaux du Tribunal
pénal international pour le Rwanda. Ils appuient en outre
fermement la proposition du secrétaire général
des Nations unies visant à créer un comité
sur la prévention du génocide. Le représentant
a estimé qu'un environnement international équitable
et solidaire, assorti d'une gestion nationale transparente, démocratique
et responsable constituent les meilleurs moyens d'empêcher
des violations flagrantes et planifiées des droits de l'homme
et du droit humanitaire international. Il est également
important de renforcer la coopération internationale.
La lutte contre l'impunité et le développement de
moyens de prévention sont les meilleures façons
de rendre hommage aux victimes du génocide rwandais.
MICHAEL STEINER (Allemagne, s'exprimant au nom du Groupe
des Etats occidentaux) a déclaré que le choc qui
a suivi le génocide du Rwanda avait fait réaliser
à chacun qu'une telle catastrophe ne devait plus jamais
se reproduire. Et des progrès ont été accomplis
par les Nations Unies en matière de maintien de la paix
et de protection des civils lors de conflits armés, a souligné
le représentant allemand, pour lequel cependant il faut
avant tout progresser en matière de prévention.
Les pays de son Groupe soutiendront pleinement le travail du nouveau
conseiller spécial sur la prévention du génocide,
poste récemment crée par le secrétaire général
et qui sera appuyé par le haut commissaire aux droits de
l'homme.
Il existe un lien direct entre droits humains et paix, entre
droits humains et stabilité, a poursuivi le représentant.
Comme le disait Mary Robinson, ancienne haut commissaire
aux droits de l'homme, "les violations des droits de l'homme
commises aujourd'hui sont les causes des conflits de demain".
Un rapport du Rapporteur spécial sur les exécutions
extrajudiciaires sommaires et arbitraires, daté
de mars 1994, décrivait la situation du Rwanda comme
explosive et préconisait des mesures immédiates
de restauration de la paix et d'arrestation des instigateurs des
massacres. La Commission des droits de l'homme avait pris
note de ces propos, mais sans réagir. Un mois plus tard,
les massacres commençaient au Rwanda. Il faut aujourd'hui
que la communauté internationale assume sa responsabilité
d'avoir laissé se commettre le génocide du Rwanda
et se donne les moyens d'agir rapidement et efficacement en cas
de besoin.
Source : Nations unies, Genève, 7 avril 2004.
|