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Rwanda-Le génocide des Tutsi


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LE RWANDA ET LA FRANCE 

2008. Un rapport rwandais accuse la France d'avoir "participé", en 1994, au massacre des Tutsis

Le réquisitoire rwandais

La réaction française

LE RAPPORT MUCYO

Le communiqué du gouvernement rwandais
[PDF 7 Mo]

Introduction au rapport

Le rapport [PDF 4 Mo]

POINTS DE VUE

Un rapport à prendre au sérieux [Jean-François Dupaquier]

France-Rwanda. Oeil pour oeil [Patrick de Saint-Exupéry]

Génocide, un discutable rapport rwandais [Jacques Sémelin]

Renouer avec le Rwanda, respecter la vérité [Bernard Kouchner]


RWANDA, AOUT 2008 | COMMISSION D'ENQUETE SUR LE ROLE DE LA FRANCE AUX COTES DES HUTUS EN 1994
__Un rapport rwandais accuse la France d'avoir "participé", en 1994, au massacre des Tutsis

La France aurait "participé à la mise en exécution" du génocide de 1994, selon le Rwanda, qui réclame que 13 hauts responsables politiques et 20 militaires français soient poursuivis.

Ce n'est pas la première fois que les autorités rwandaises accusent la France d'être impliqué dans le génocide qui a fait plus de 800'000 morts (minorité tutsie et Hutus modérés) en 1994, selon les estimations des Nations unies. Mais, à présent, elles menacent de poursuivre des responsables politiques français devant la justice internationale pour "complicité [..] dans la préparation et l'exécution du génocide".

Un rapport d'une commission d'enquête rwandaise, présenté le 5 août 2008, à Kigali, vise treize hauts responsables politiques, dont le président François Mitterrand, Edouard Balladur, son Premier ministre de  l'époque, Alain Juppé, ministre des affaires étrangères, Dominique de Villepin, son directeur de cabinet, François Léotard (défense), Hubert Védrine, secrétaire général de l'Elysée, et Jean-Christophe Mitterrand, conseiller à l'Elysée, ainsi que vingt militaires français.

La France a rejeté ces accusations, indiquant que la commission rwandaise n'avait aucune légitimité en la matière. Les deux pays n'entretiennent plus de relations diplomatiques depuis novembre 2006, après que le juge français Bruguière* a réclamé des poursuites contre le président rwandais Paul Kagamé pour sa "participation présumée" à l'attentat contre l'avion de l'ex-président rwandais Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994, qui avait déclenché le génocide.

"L'implication de l'Etat français dans le génocide"

Le ministre rwandais de la Justice, Tharcisse Karugarama, a présenté à la presse les conclusions du rapport de la commission d'enquête rwandaise, qui avait entamé ses travaux en avril 2006. L'intitulé officiel de la commission : "chargée de rassembler les preuves montrant l'implication de l'Etat français dans le génocide", montre "la précision de l'objectif assigné et le peu de place laissé aux vérités complexes", relève Philippe Bernard dans le quotidien "Le Monde" [7 août].

Selon ce rapport rédigé en français, la France était "au courant des préparatifs" du génocide, a "participé aux principales initiatives" de sa mise en place, ainsi qu'à "sa mise en exécution". "Le soutien français était de nature politique, militaire, diplomatique et logistique", peut-on lire dans le rapport.

"Des militaires français [de l’opération militaro-humanitaire Turquoise, déployée au Rwanda de juin à août 1994, Ndlr] ont commis eux-mêmes directement des assassinats de Tutsis et de Hutus accusés de cacher des Tutsis. [...] Des militaires français ont commis de nombreux viols sur des rescapées tutsies", accuse un communiqué du ministère rwandais de la Justice. Et les autorités rwandaises, "compte tenu de la gravité des faits avancés", demandent "aux autorités compétentes d’entreprendre toutes les actions nécessaires afin que les dirigeants politiques et militaires français mis en cause répondent de leurs actes devant la justice".

"Rédigé par sept juristes et historiens choisis par le pouvoir rwandais, présidé par l'ancien ministre de la justice Jean de Dieu Mucyo, le rapport est alourdi de 166 feuillets de témoignages dont la lecture suscite à la fois accablement et gêne, écrit Philippe Bernard dans Le Monde.

"Accablement, tant s'accumulent les récits de la collaboration des soldats français au tri ethnique de la population, de l'aide apportée aux tueurs, et de leurs exactions, allant des viols aux assassinats. Gêne, tant peuvent être sujets à manipulation des témoignages invérifiables de génocidaires repentis, recueillis par leurs vainqueurs dans un pays traumatisé et autoritaire. […]

"Le document dresse un inventaire de toutes les charges que l'actuel régime rwandais du président Paul Kagamé, issu de la victoire militaire des Tutsis de l'extérieur contre les génocidaires, a accumulées contre le pays qui a soutenu militairement ses adversaires hutus et parfois ses bourreaux".

* En novembre 2006, le juge Bruguière accusait le président rwandais Kagamé d'avoir commandité l'assassinat de son prédecesseur, Juvenal Habyarimana, une mort qui fut, le 6 avril 1994, le signal déclencheur du génocide. Le juge recommandait des poursuites contre Paul Kagamé devant le TPIR. Le 22 novembre, il signait neuf mandats d'arrêt contre des dirigeants rwandais.

Source : presse française, dont Le Monde, août 2008.
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