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LA COMMEMORATION DU GENOCIDE RWANDAIS >Laccord de paix dArusha >Le TPIR en bref |
Evoquant le génocide, le président a reconnu que son peuple avait été torturé, violé et infecté par le SIDA, et vivait dans le dénuement. "Ces dix dernières années ont été un cauchemar pour eux," a-t-il indiqué, ajoutant sur un ton élogieux, et en faisant référence à la réconciliation nationale que, "nous les avons chargé encore plus en leur demandant de vivre avec leurs anciens bourreaux, et ils ont accepté." Il a poursuivi, indiquant que le génocide avait détruit tout ce qui portrait la vie au Rwanda. "Le génocide a bouleversé chaque aspect de nos vies, jusqu'à notre apparence," a déclaré Kagame, remarquant également que les responsables du génocide avaient été défaits, mais pas détruits. Il a également mis au défi la communauté internationale présente, en lui demandant comment elle réagirait si une telle atrocité venait à se reproduire. Il leur a conseillé de ne pas seulement se sentir coupable du pêché d'omission, mais les a enjoint de coopérer afin de banner le génocide par la solidarité internationale. Il a demandé à ce que la conférence ne
soit pas seulement un débat de plus, mais serve d'élan
pour que la communauté internationale ait la volonté
d'agir en conséquence et à temps pour se prévenir
des atteintes aux droits de l'homme qui précèdent
le génocide. "Lorsqu'un génocide a lieu et qu'une intervention militaire est nécessaire, la communauté internationale ne doit pas se montrer pusillanime", a exhorté Kagame. Concernant le rôle de la Mission des Nations Unies d'Assistance au Rwanda (MINUAR), Kagame a fait état des nombreuses discussions qu'il avait eues avec son commandant, le général Romeo Dallaire. Au moment du génocide, a-t-il dit, il avait demandé à Dallaire ce qu'il faisait au Rwanda s'il ne protégeait pas les Rwandais. Le général canadien lui aurait répondu qu'il n'avait pas de mandat pour cela. Kagame a déclaré qu'il avait à plusieurs reprises pensé prendre les armes de la MINUAR par la force. "Pourquoi ne me donnez-vous pas ces armes et restez en arrière pendant que je les utilise ?" a-t-il demandé à Dallaire. Le chef d'Etat a terminé son discours en indiquant les progrès qu'avait fait son gouvernement ces dix dernières années. Il s'est assuré que l'état de droit, la réconciliation et un mécanisme de partage du pouvoir soient mis en place. Il a conclu en rappelant l'importance du génocide. "Qui peut considérer le million de vies rwandaise perdues sans importance?" Des mémoriaux ont été érigés au Rwanda afin de rappeler aux Rwandais comme au monde entier les massacres de 1994, mais aussi les génocides antérieurs, que ce soient ceux commis en Arménie ou au Cambodge. Ces mémoriaux doivent également contribuer à la réconciliation nationale. LE GENOCIDE AURAIT OFFICIELLEMENT FAIT 937'000 VICTIMESKigali, le 5 avril 2004 (FH) Un recensement effectué par le ministère rwandais de la Jeunesse, de la Culture et des Sports porte à 937'000 Tutsis et opposants hutus le nombre de victimes du génocide de 1994. "Voici le nombre de personnes tuées au cours des cent jours (d'avril à juin 1994) et pour lesquels nous avons pu trouver le nom, l'âge et le lieu de naissance," a indiqué Robert Bayigamba, ministre de la Jeunesse, de la Culture et des Sports, au cours d'une conférence de presse à Kigali. Il a ajouté que ce chiffre pourrait augmenter au fur
et à mesure des procès gacaca, de nombreux génocidaires
devant déposer sur leurs exactions. Les procès
gacaca, basés sur la justice traditionnelle, devraient
débuter d'ici quelques semaines. Le nombre exact de victimes du génocide reste flou. Plusieurs organisations ont cité des chiffres oscillant entre 500'000 et un million de morts. "Nous aurons le chiffre exact lorsque les gacaca auront fini leur travail," a indiqué Bayigamba. En ce qui concerne la commémoration du dixième anniversaire du génocide, Bayigamba a indiqué que les Rwandais débuteraient une semaine de deuil lundi 5 avril, lors de laquelle les restes de certaines victimes seront enterrés dans la dignité, les drapeaux en berne. "Nous commémorons le génocide pour rendre honneur et dignité aux victimes, pour se pencher sur le passé et pour s'efforcer de bâtir un avenir meilleur," a-t-il commenté. LE GENERAL DALLAIRE ENCOURAGE LES RWANDAIS A SE RECONCILIERKigali, Le 5 avril 2004 (FH) L'ancien commandant de la Mission des Nations unies d'Assistance au Rwanda (MINUAR), le général Romeo Dallaire, a déclaré aux journalistes peu après son arrivée dimanche à Kigali que les Rwandais devaient "voir au-delà du préjudice subi et se réconcilier." Le général Dallaire qui est au Rwanda pour la commémoration du dixième anniversaire du génocide a aussi indiqué qu'il était content d'être de retour et de se joindre aux Rwandais pour cette commémoration. "Le préjudice subi au cours du génocide ne devrait pas servir a retenir le pays et ses habitants, mais devrait au contraire constituer une référence pour la jeunesse et l'encourager à aller au-delà, à se réconcilier, comme ils le font, et à construire une nation forte au coeur de l'Afrique centrale," a-t-il déclaré. Interrogé sur la responsabilité de la communauté internationale pendant le génocide, le général Dallaire a déclaré : "Fondamentalement, je pense que si un nouveau génocide survenait, la communauté internationale ne se montrerait pas beaucoup plus concernée." Il a ajouté que le Rwanda devait être traité comme un pays orphelin par ceux qui ont la capacité de faire quelque chose. Le général a déposé en janvier 2004 contre quatre anciens haut-gradés de l'ex-armée rwandaise devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). SEPT CHEFS D'ETAT ASSISTERONT AUX CEREMONIES DE COMMEMORATION DU GENOCIDEKigali, le 2 avril 2004 (FH) Sept chefs d'Etat
et de gouvernement ont confirmé leur présence
lors des cérémonies de commémoration du dixième
anniversaire du début du génocide rwandais, le 7
avril, a constaté sur place l'Agence Hirondelle. Parmi les chefs d'Etat, figurent le Sud-Africain Thabo Mbeki, le Soudanais Umar al-Bashir, le Tchadien Idriss Deby, le Kenyan Mwai Kibabi et l' Ougandais Yoersi Museveni. La Tanzanie sera représentée par son premier ministre, Frederick Sumaye et le Burundi par son vice-président Alphonse Marie Kadege. De tous les pays occidentaux, la Belgique enverra la plus importante délégation, menée par le premier ministre Guy Verhofstadt. La France sera représentée au niveau ministériel. Le ministre rwandais de la Jeunesse et des Sports, Robert Bayigamba, a par ailleurs annoncé que le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Anan, ne serait pas présent à Kigali. Cependant, Kofi Anan a appelé le monde entier à observer une minute de silence à midi, le 7 avril, en mémoire des victimes du génocide. Les principaux représentants du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), le président Erik Mose, le procureur Hassan Boubacar Jallow et le greffier Adama Dieng, seront également présents à Kigali le 7 avril. Le programme des commémorations indique qu'une conférence internationale sur le génocide se tiendra du 4 au 6 avril, et qu'un mémorial aux victimes sera inauguré à Kigali le 7. Une cérémonie d'hommage aux victimes aura également lieu au stade national d'Amahoro, à Kigali, en présence d'une foule importante. Toujours à Kigali, un mémorial en hommage aux dix casques bleus belges assassinés le 7 avril 1994, sera inauguré. Lors d'une cérémonie plus intime, à laquelle participeront des officiels belges et les familles des dix victimes, dix stèles seront érigées au "camp Kigali ", où les casques bleus ont trouvé la mort. Le ministre de la Jeunesse et des Sports a également indiqué, sur Radio Rwanda, que 7 millions de dollars avaient été donnés au Rwanda pour l' organisation de ces cérémonies. La plupart de cette somme sera utilisée pour l'érection de mémoriaux. De son côté, l'ambassadeur belge à Kigali, Marck Vedapt, a promis 1,5 millions d'euros pour les cérémonies du génocide. Agence d'Information, de documentation et de formation
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