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FAITS ET CHIFFRES

> Tabagisme et lutte antitabac dans le monde
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NATIONS UNIES, FEVRIER 2008 | UN RAPPORT DE L'OMS SUR LA LUTTE ANTITABAC
__Le tabac tue plus que le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme réunis
| LE COMMUNIQUE DE L'OMS |
Le tabac est responsable de 5,4 millions de décès par an dans le monde, affirme l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dans son nouveau rapport sur la lutte antitabac, publié le 7 février 2008 à New York. Une tendance "catastrophique" à la hausse, surtout dans les pays en développement, s'alarme l'agence.
"Cinq pour cent seulement de la population mondiale habite dans des pays qui protègent totalement leur population en appliquant l'une des mesures fondamentales pour réduire la consommation de tabac", indique l'agence des Nations unies.
Ce rapport, qui fournit des données sur la consommation de tabac par pays, a été présenté par Margaret Chan, la directrice de l'OMS. Il montre ainsi qu'aucun pays n'applique complètement l'ensemble des six stratégies de lutte antitabac recommandées - dites stratégies MPOWER - et que 80% des pays n'en appliquent aucune.
Par ailleurs, l'épidémie touche maintenant les pays en développement, où devraient survenir 80% des huit millions de décès annuels attribuables au tabac prévus d'ici 2030.
"Il s'agit du tueur numéro un. Le tabac tue plus que le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme réunis", rappelle Douglas Bettcher, le directeur de l'Initiative pour un monde sans tabac de l'OMS.
Bien que plus de 150 pays sont parties à la Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac, entrée en vigueur le 27 février 2005, il y a une tendance "catastrophique", explique Douglas Bettcher, notamment en raison d'un accroissement de la consommation de tabac dans les pays en développement. La Chine et l'Inde sont, selon l'OMS, parmi les pays les plus touchés par cette hausse de la consommation.
"Les plus pauvres seront les victimes les plus nombreuses", affirme-t-il, en ajoutant que les sommes déboursées par certains foyers pour l'achat du tabac pouvaient représenter jusqu'à 10% des dépenses. "Certains foyers au Bangladesh dépensent dix fois plus pour le tabac que pour l'éducation", souligne-t-il, en dénonçant les effets de l'addiction.
L'industrie du tabac a vendu ses produits en expliquant que fumer était symbole de liberté et d'autonomie, en particulier auprès des femmes. "C'est pourtant le contraire, ce n'est pas de liberté qu'il s'agit, mais d'addiction", précise encore Douglas Bettcher en dénonçant les pratiques déloyales de cette industrie pour accroître ses profits.
Il remet également en cause l'idée que l'arrêt de la consommation de tabac dans certains pays pourrait signifier une baisse substantielle des impôts, et donc des ressources nationales. "Les coûts engendrés par la consommation du tabac sont largement supérieurs aux ressources provenant de la collecte des impôts prélevés sur les produits dérivés du tabac", dit-il. "Il s'agit tout d'abord d'une question de santé publique".
De même, il récuse l'idée que l'arrêt de la consommation pouvait avoir un effet négatif sur l'emploi. "La fabrication de cigarettes est de plus en plus mécanisée, et, par conséquence, le nombre d'emplois diminue drastiquement".
Dans les villes où l'interdiction a frappé les commerces, comme aux Etats-Unis ou en Irlande, il n'y a pas eu de baisse du chiffre d'affaires, la mesure a été très populaire.
Selon l'OMS, le tabac est responsable de la mort de la moitié de ses consommateurs. Si la tendance ne se modifie pas, il sera la cause de près d'un milliard de décès au XXIème siècle, contre 100 millions au XXème siècle.
LE RAPPORT DE L'OMS - GENEVE
7 FEVRIER 2008 | GENÈVE - L’OMS publie de nouvelles données montrant que, si des progrès ont été accomplis, aucun pays n’applique totalement l’ensemble des principales mesures de lutte antitabac, et propose une approche qui, si elle était adoptée par les pouvoirs publics, permettrait d’éviter des dizaines de millions de décès prématurés dans les cinquante prochaines années.
L’OMS constate, dans ce nouveau rapport, qui présente la première analyse exhaustive du tabagisme et de la lutte antitabac dans le monde, que 5% seulement de la population mondiale habite dans des pays qui protègent totalement leur population en appliquant l’une des mesures fondamentales pour réduire la consommation de tabac.
Le rapport révèle également qu’à l’échelle mondiale, les recettes fiscales perçues sur le tabac sont 500 fois supérieures aux sommes dépensées par les pouvoirs publics pour lutter contre le tabagisme. Il estime également que l’on pourrait, dans la quasi-totalité des pays, augmenter considérablement les taxes sur le tabac l’approche de loin la plus efficace ce qui permettrait de disposer d’une source de financement durable pour appliquer l’ensemble des six stratégies recommandées, baptisé "MPOWER".

Selon le directeur général de l’OMS, le Dr Chan, "des efforts de plus en plus grands sont déployés pour lutter contre le tabagisme mais la quasi-totalité des pays doivent en faire davantage. Ces six stratégies sont à la portée de tous les pays, riches ou pauvres. Si nous les appliquons simultanément, nous avons toutes les chances de faire reculer cette épidémie qui progresse".
"Nous disposons pour la première fois d’une approche rigoureuse et de données fiables face auxquelles nous devons tous prendre nos responsabilités. Aucun pays n’applique complètement toutes les stratégies MPOWER et 80% des pays n’en appliquent aucune. Si les mesures de lutte antitabac sont parfois controversées, elles permettent de sauver des vies et les pouvoirs publics doivent accroître leurs efforts dans ce sens".
Les six stratégies MPOWER sont les suivantes:
Monitoring: surveiller la consommation de tabac et les politiques de prévention,
Protecting: protéger la population contre la fumée du tabac,
Offering: offrir une aide à ceux qui veulent arrêter de fumer,
Warning:mettre en garde contre les méfaits du tabagisme,
Enforcing: interdire la publicité en faveur du tabac, la promotion et le parrainage,
Raising: augmenter les taxes sur le tabac.
Le rapport indique également que l’épidémie touche maintenant les pays en développement, où devraient survenir 80% des huit millions de décès annuels attribuables au tabac prévus d’ici 2030.
Selon le rapport, ce phénomène est dû à une stratégie mondiale de l’industrie du tabac, qui cible les jeunes et les adultes dans les pays en développement afin de rendre mortellement dépendantes des millions de personnes chaque année. En particulier, le choix des jeunes femmes comme cibles est considéré comme l’un des "faits les plus inquiétants pour l’évolution de l’épidémie".
L’analyse mondiale établie par l’OMS sur la base des informations fournies par 179 Etats membres donne aux pouvoirs publics et à d’autres parties prenantes une base pour contrôler les efforts qui seront entrepris dans les années à venir afin d’endiguer l’épidémie. Les stratégies MPOWER donnent aux pays des orientations afin qu’ils puissent respecter leurs engagements vis-à-vis de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac, entrée en vigueur en 2005 et qui fait l’objet d’un large consensus.
L’OMS collabore également avec des partenaires mondiaux afin d’offrir davantage d’aide aux pays pour mettre en oeuvre les stratégies.
Selon le Dr Douglas Bettcher, directeur de l’Initiative pour un monde sans tabac, les six stratégies MPOWER devraient permettre d’affronter efficacement l’épidémie de tabagisme. "Ces stratégies créeront des conditions propices pour faciliter le sevrage tabagique, pour protéger les populations du tabagisme passif et pour éviter que les jeunes ne commencent à fumer", a-t-il déclaré.
Autres conclusions importantes du rapport:
5% seulement de la population mondiale est protégée par une législation nationale relative à l’interdiction de fumer et, dans 40% des pays, il est encore permis de fumer dans les hôpitaux et dans les écoles;
5% seulement de la population mondiale vit dans des pays où la publicité en faveur du tabac et la promotion sont totalement interdits;
seuls quinze pays, représentant 6% de la population mondiale, exigent l’apposition de mises en garde illustrées sur les emballages de produits du tabac;
seuls neuf pays, représentant 5% de la population mondiale, disposent de services exclusivement destinés au traitement de la dépendance à l’égard du tabac.
Dans les pays à revenu intermédiaire, les recettes fiscales tirées du tabac sont plus de 4'000 fois supérieures aux dépenses consacrées à la lutte antitabac et, dans les pays à revenu faible, plus de 9'000 fois supérieures. Les pays à revenu élevé perçoivent grâce au tabac des recettes fiscales 340 fois plus élevées que les sommes qu’ils consacrent à la lutte contre le tabagisme.
Sources: Nations unies, New York; OMS, Genève, février 2008.

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