Santé et droits de l'homme

     Onusida

LES FICHES D’INFORMATION DU HAUT COMMISSARIAT DES NATIONS UNIES AUX DROITS DE L’HOMME





ASSEMBLEE 2006
> Les soins pour tous d'ici à 2010
> L'accès universel aux traitements
> Le rapport de Kofi Annan [ 156 ko]
> L'intervention de Kofi Annan
> La déclaration 2006 [ 68 ko]
> La déclaration 2001 [ 133 ko]

NATIONS UNIES, MAI 2006 / ASSEMBLEE GENERALE EXTRAORDINAIRE SUR LE SIDA
__L'Assemblée générale réaffirme la Déclaration d'engagement de 2001 sur le vih/sida et se prononce en faveur d'un accès aux soins pour tous d'ici à 2010
Elle reconnaît que 20 à 23 milliards de dollars sont nécessaires chaque année pour lutter contre la pandémie dans les pays à revenu faible et intermédiaire

L'Assemblée générale des Nations unies a adopté sans vote, le 2 juin 2006, au terme d'un "sommet" de trois jours qui a rassemblé plusieurs dizaines de chefs d'Etat et de gouvernement, une nouvelle Déclaration politique sur la lutte contre le VIH et le sida, l'un des plus grands défis qui se posent aujourd'hui aux dirigeants de la planète, réaffirmant la Déclaration d'engagement de 2001. Elle a également reconnu l'estimation réalisée par le Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) selon laquelle 20 à 23 milliards de dollars sont nécessaires chaque année, d'ici à 2010, pour développer rapidement des actions dans les pays à revenu faible et intermédiaire.

Le président de l'Assemblée générale, Jan Eliasson (Suède), s'est félicité de l'adoption de cette Déclaration qui, selon lui, établit un nouveau dialogue, un nouveau partenariat, une nouvelle dynamique entre les gouvernements et la société civile. Il a estimé que l'influence de cette dernière, au cours des ultimes jours et heures de négociations, aura en partie permis de renforcer le texte, et non de l'affaiblir.

Kofi Annan : renforcer la protection de tous les groupes vulnérables

Dans un message transmis par son porte-parole, Kofi Annan s'est dit "particulièrement touché que par cette Déclaration, les gouvernements se soient engagés à prendre des mesures pour promouvoir l'égalité entre les sexes, l'émancipation des femmes et la protection des filles".

"Il se félicite aussi que les gouvernements se soient engagés à respecter tous les droits des personnes qui vivent avec le VIH/SIDA et à renforcer la protection de tous les groupes vulnérables, qu'il s'agisse des jeunes gens, des travailleurs du sexe, des consommateurs de drogues injectables ou des hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes".

Le secrétaire général des Nations unies a aussi salué "le large éventail de mesures de prévention du VIH, y compris les préservatifs masculins et féminins et le matériel de stérilisation des seringues, adopté dans la Déclaration".

"Il se félicite enfin du plein engagement exprimé dans la réponse du secteur privé et de la société civile, y compris les personnes qui vivent avec le VIH/sida", ainsi que "l'engagement à dépenser, d'ici à 2010, 20 à 23 milliards de dollars dans la réponse au VIH/SIDA".

"Le secrétaire général espère qu'avec cette Déclaration, les dirigeants du monde ont finalement officialisé leur engagement personnel et le leadership nécessaire pour gagner la bataille contre le VIH/SIDA, qui est le plus grand défi posé à notre génération", conclut le message.

En adoptant une nouvelle déclaration, l'Assemblée générale réaffirme que l'Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC) n'empêchent pas et ne devraient pas empêcher leurs membres de prendre des mesures visant à protéger la santé publique. Autrement dit, cet accord ne doit pas compromettre le droit à la santé publique, et, en particulier, la promotion de l'accès pour tous aux médicaments, y compris la production d'antirétroviraux génériques et d'autres médicaments essentiels aux infections liées au sida.

A cette fin, l'Assemblée générale appelle les gouvernements, les parlements nationaux, les donateurs, les organisations régionales et sous-régionales, les organisations du système des Nations Unies, le Fonds mondial de lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme, ainsi que la société civile, les personnes vivant avec le VIH, les groupes vulnérables, le secteur privé, les communautés les plus touchées par le VIH et le sida et autres parties prenantes à travailler étroitement ensemble, d'ici à 2010.

Peter Piot, directeur exécutif de l'ONUSIDA, a déclaré que la Déclaration commune de 2001 avait marqué un tournant réel dans la lutte à échelle mondiale. Se félicitant du chemin parcouru depuis, il a estimé qu'un échec serait aujourd'hui impardonnable. Notre réunion, a-t-il dit, doit être assortie d'une déclaration soulignant la nécessité absolue d'intégrer la lutte contre le VIH/sida dans toutes les stratégies nationales. Il ne s'agit pas d'une crise passagère et nos décisions doivent tenir compte de la nécessité convenue d'allouer 20 milliards de dollars à la lutte contre le sida chaque année à partir de 2008.

L'accès universel aux traitements, aux soins, le devoir de venir en aide aux personnes les plus vulnérables vivant avec le virus est le préalable à une action d'ampleur mondiale qui vise à exempter les générations futures de ce fléau dévastateur. La riposte à long terme doit être basée sur le changement social, sur une transformation des mentalités pour que disparaissent les brimades, qui entravent l'émancipation des femmes, l'homophobie et la stigmatisation.

Richard Feachem, directeur exécutif du Fonds mondial de lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme, a indiqué qu'il y a cinq ans, Kofi Annan avait proposé la création d'un fonds mondial pour combattre le sida en Afrique, qui puisse financer une action rapide et urgente. Aujourd'hui, le Fonds travaille dans une centaine de pays et dispose d'un budget de 10 millions de dollars. Mais il reste encore beaucoup à faire dans la mesure où les niveaux d'investissement doivent être accrus.

Pour beaucoup de pays réunis ici, il sera nécessaire de trouver de nouvelles modalités de fonctionnement pour mener à bien les programmes déjà mis en place. J'en appelle à tous les dirigeants pour qu'ils fassent tout leur possible afin de trouver ces sources de financement supplémentaires. Il faut que le monde des affaires optimise sa contribution et que nous élevions notre voix pour qu'aucune femme, homme ou enfant ne meure en raison de notre incapacité à trouver les quelques milliers de dollars nécessaires.
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