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LEPIDEMIE DE SIDA ET LES DROITS DE LHOMME
__Un aperçu de la stigmatisation et de la discrimination associées au VIH/SIDA
| Partout dans le monde, les épidémies de
VIH et de SIDA ont un fort impact et font ressortir ce qu'il y
a de meilleur et de pire chez les individus. Elles déclenchent
ce qu'il y a de meilleur lorsque les gens se regroupent par solidarité
pour combattre le déni des gouvernements, des communautés
et des individus, et pour offrir soins et soutien aux personnes
vivant avec le VIH et le SIDA. Elles font ressortir le pire, lorsque
les individus sont l'objet de stigmatisation et d'ostracisme de
la part de ceux qu'ils aiment, de leur famille et de leur communauté,
et de discrimination sur les plans individuel et institutionnel. |
La nature de la stigmatisation et de la discrimination
Les "différences indésirables" et les "spoliations de l'identité" provoquées par la stigmatisation associée au VIH/SIDA n'existent pas naturellement; elles sont créées par les individus et par les communautés. La stigmatisation dépeint ce processus de dévalorisation.
La stigmatisation liée au VIH/SIDA s'appuie sur les préjudices existants et les renforce. Elle fait aussi le jeu des inégalités sociales existantes - notamment les inégalités entre les sexes, et en matière de sexualité et de race - et les aggrave.
La stigmatisation et la discrimination associées au VIH/SIDA jouent un rôle clé dans la production et la reproduction des relations de pouvoir et de contrôle. Elles font que certains groupes sont dévalorisés et que d'autres se sentent supérieurs. En fin de compte, la stigmatisation crée l'inégalité sociale et se trouve renforcée par cette dernière.
Stigmatisation, discrimination et droits de l'homme
Les opinions qui véhiculent des préjugés et la stigmatisation conduisent souvent les gens à faire (ou ne pas faire) quelque chose qui prive ou restreint la fourniture de services ou de droits à un autre individu. Par exemple, elles peuvent interdire l'accès aux services de santé à une personne vivant avec le VIH/SIDA, ou la licencier parce qu'elle est séropositive. Il s'agit là de discrimination.
La discrimination survient lorsque l'on fait une distinction à l'égard d'une personne, qui a pour résultat un traitement inéquitable et injuste, sur la base de son appartenance - réelle ou supposée - à un groupe particulier.
De par la stigmatisation et la discrimination liées au VIH/SIDA, les droits des personnes vivant avec le VIH/SIDA et de leur famille sont souvent bafoués, simplement parce que l'on sait ou que l'on suppose qu'elles sont touchées par le VIH/SIDA. Cette violation des droits est un obstacle à l'action et accroît l'impact négatif de l'épidémie.
La liberté de ne pas être discriminé est un droit humain fondamental basé sur les principes universels et inaliénables de justice naturelle. Les caractéristiques de base des droits de l'homme font qu'ils appartiennent aux individus et s'appliquent à tous les individus où qu'ils se trouvent.
Le principe de non-discrimination est au cur de la philosophie des droits de l'homme. Tous les instruments relatifs aux droits de l'homme ainsi que la Charte africaine [1] interdisent
la discrimination fondée sur la race, la couleur, le sexe,
la langue, la religion, l'opinion politique ou autre, la nationalité,
l'origine ethnique ou sociale, la propriété, l'incapacité,
la fortune, la naissance ou autre statut.
Des résolutions récentes de la Commission des droits de l'homme des Nations unies [en 1999 et 2001 - 2]
ont confirmé sans équivoque que "l'expression
"ou toute autre situation" utilisée dans les
clauses de non-discrimination des textes internationaux sur les
droits de l'homme doit être comprise comme incluant le statut
relatif à la santé, notamment le VIH/SIDA",
et que "la discrimination en fonction du statut VIH/SIDA,
réel ou supposé, est contraire aux règles
internationales en vigueur touchant les droits de l'homme".
La discrimination à l'égard des personnes vivant avec le VIH/SIDA, ou de celles qui sont supposées être infectées, représente donc une violation claire de leurs droits humains.
Les formes de stigmatisation et de discrimination rencontrées par les personnes vivant avec le VIH/SIDA sont multiples et complexes. Les individus risquent non seulement d'être stigmatisés ou de faire l'objet de discrimination en raison de leur statut par rapport au VIH, mais également à cause de la connotation de ce dernier. Des recherches récentes parrainées par l'ONUSIDA en Inde et en Ouganda montrent que les femmes vivant avec le VIH/SIDA peuvent être doublement stigmatisées - à la fois en tant que "femmes" et en tant que "personnes vivant avec le VIH/SIDA" lorsque l'on apprend leur séropositivité [3].
Les Etats ont des obligations relatives au respect, à la protection et au plein exercice des droits de l'homme. Pour ce qui est de la stigmatisation et de la discrimination, par exemple, l'obligation de respect exige que les Etats ne discriminent
ni directement ni indirectement, en matière de lois, de
politiques ou de pratiques. L'obligation de protection exige
des Etats qu'ils prennent des mesures empêchant la discrimination
par des tiers [4], et l'obligation de plein exercice
exige des Etats qu'ils adoptent des mesures législatives,
budgétaires, judiciaires, d'encouragement et autres pour
faire en sorte que des stratégies, politiques et programmes
soient élaborés en tenant compte de la discrimination
et qu'une compensation soit accordée aux personnes qui
souffrent de discrimination.
Action pour aborder la stigmatisation et la discrimination
Le cadre des droits de l'homme permet d'accéder aux mécanismes existants de surveillance en matière de procédures, d'institutions et autres pour l'application des droits des personnes vivant avec le VIH et le SIDA, et pour combattre et redresser les torts causés par l'action discriminatoire.
Les mécanismes de déclaration et d'application appropriés (qui vont des services d'aide juridique à l'assistance téléphonique pour signaler les actes de discrimination et de violence) ont fourni des moyens puissants et rapides pour atténuer les pires effets de la stigmatisation et de la discrimination associées au SIDA.
L'expérience a montré que deux types de stratégies complémentaires étaient nécessaires pour aborder la stigmatisation et la discrimination: I) les
stratégies qui empêchent la stigmatisation ou la
formation de préjugés, et II) les stratégies
qui abordent ou redressent la situation lorsque la stigmatisation
persiste et qu'une action discriminatoire est prise, conduisant
à des conséquences négatives ou au refus
des droits ou des services.
En fin de compte, c'est aux niveaux communautaire et national que la stigmatisation et la discrimination associées au VIH/SIDA peuvent être combattues le plus efficacement. Les communautés et les leaders communautaires doivent plaider en faveur de l'intégration et de l'égalité quel que soit l'état sérologique vis-à-vis du VIH.
1. Le droit à la non-discrimination figure
dans l'article 2 de la Déclaration universelle des droits
de l'homme; le Pacte international relatif aux droits civils et
politiques; le Pacte international relatif aux droits économiques,
sociaux et culturels; la Convention internationale sur l'élimination
de toutes les formes de racisme et de discrimination raciale;
la Déclaration sur l'élimination de la discrimination
à l'égard des femmes; la Convention relative aux
droits de l'enfant; la Charte africaine.
2. Résolutions de la Commission des droits
de l'homme 1999/49 et 2001/51.
3. Site Internet : http://www.unaids.org/publications/documents/human/law/ugandaindiabb.pdf
4. Par exemple, le fait d'adopter une législation
pour l'égalité d'accès aux soins de santé
et aux services liés à la santé fournis par
des tiers; contrôler la commercialisation des médicaments
et de l'équipement médical et s'assurer que les
praticiens et autres professionnels de la santé répondent
aux normes appropriées en matière d'éducation,
de capacité et de codes de conduite / d'éthique.
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