
> Le rapport Kofi Annan |
1er DECEMBRE 2003 / LA JOURNEE MONDIALE CONTRE LE SIDA
__Six millions de personnes "voient leur vie en péril parce qu'elles n'ont pas accès aux médicaments indispensables"
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Photo OMS, Genève.
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"Vivez et laissez vivre": le slogan choisi pour la Journée mondiale contre le sida, le 1er décembre 2003, veut stigmatiser les discriminations, obstacles dans la lutte contre une épidémie qui ne fléchit pas, avec 3 millions de morts en 2003. "Tout indique une fois de plus que l'épidémie est en augmentation", a déclaré le directeur exécutif du Programme commun des Nations unies pour le sida (Onusida), Peter Piot. Chaque jour, quelque 14'000 personnes contractent le virus.
En 2003, environ 5 millions de personnes ont été touchées, ce qui porte à 40 millions le nombre de porteurs du virus sur la planète, dont 2,5 millions d'enfants de moins de 15 ans, selon l'Onusida. Le problème de l'accès aux traitements, essentiellement dans les pays pauvres, est souligné par l'ensemble des acteurs de la lutte contre le sida. Six millions de personnes "voient leur vie en péril parce qu'elles n'ont pas accès aux médicaments indispensables", qui peuvent "être obtenus pour cinquante cents par jour seulement", rappelle Peter Piot.
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L'Organisation mondiale de la santé (OMS)
et le Programme commun des Nations unies sur le VIH/SIDA
(ONUSIDA) ont mis en place un plan détaillé et concret
visant à fournir un traitement anti-rétroviral à
3 millions de personnes vivant avec le SIDA dans les pays
en développement et les pays en transition d'ici la
fin de 2005. C'est là un pas important en vue de l'accès
universel au traitement de tous ceux qui en ont besoin.
L'Afrique subsaharienne, où 2,3 millions de personnes
sont mortes du sida en 2003, reste de loin la région la
plus durement touchée par l'épidémie. Quelque
26,6 millions d'Africains vivent avec le VIH. Seulement une poignée
d'entre eux - 50'000 fin 2002- a accès aux trithérapies.
"Le sida n'est plus une maladie, c'est une question de droits
de l'homme", a rappelé l'ancien président sud-africain
Nelson Mandela.
En et dans le Pacifique, où 485'000 personnes sont mortes
du sida en 2002, seuls 43'000 malades bénéficiaient
d'un traitement. Dans la zone et Caraïbes, quelque 200'000
personnes étaient traitées fin 2002. Et la situation
s'aggrave en Chine, en Indonésie, dans des pays de l'ex-URSS,
ou en Afrique du Nord. L'Inde, deuxième pays de la planète
pour le nombre de séropositifs, comptait entre 3,82 et
4,58 millions d'habitants infectés fin 2002.
L'initiative de l'Oms et de Onusida
L'initiative "3 millions d'ici 2005" vient
s'ajouter aux engagements novateurs du président des Etats-Unis
(15 milliards de dollars consacrés à une riposte
accrue contre le SIDA), aux travaux de pionnier que l'on doit
à des ONG (comme MSF) et à des groupes à
base religieuse, aux efforts des sociétés pharmaceutiques
visant à réduire les prix du traitement concernant
le SIDA, à la contribution de fondations internationales
comme la Fondation Bill et Melinda Gates, à l'initiative
et aux efforts considérables de nombreux organismes nationaux
et internationaux et, enfin, à la contribution déterminante
et courageuse apportée par les pays pour améliorer
l'accès de leur population au traitement.
Ainsi que l'a souligné le Dr Lee Jong-wook, directeur
général de l'OMS, "la prévention et
le traitement du SIDA constituent peut-être la tâche
la plus difficile en matière de santé à laquelle
le monde ait jamais été confronté. La vie
de millions de personnes est en jeu. La stratégie suppose
des efforts massifs et de caractère inhabituel pour leur
permettre de survivre".
La stratégie constitue un élément clé
dans un programme d'accélération de la prévention
et du traitement du VIH/SIDA. Beaucoup a déjà été
fait par les pays, par l'ONUSIDA, par la Banque mondiale, par
les fondations, par l'OMS et par de nombreux autres groupes. Après
vingt ans de lutte, il apparaît aujourd'hui clairement qu'une
approche complète face au VIH/SIDA doit englober la
prévention, le traitement et les soins.
Pour le Directeur exécutif de l'ONUSIDA, le Dr Peter
Piot, "l'accès insuffisant au traitement constitue
une véritable situation d'urgence mondiale. Nous croyons fermement que nous n'avons aucune chance de freiner l'épidémie si nous n'arrivons pas à étendre de façon spectaculaire l'accès au traitement. Le traitement et la prévention sont les deux piliers d'une stratégie efficace contre le SIDA".
KOFI ANNAN : "L'EPIDEMIE SUIT SON COURS
MEURTRIER"
En matière d'action contre le sida "nous sommes
loin du compte", prévient le secrétaire général
des Nations unies, Kofi Annan, dans son message délivré
à l'occasion de la Journée mondiale contre le
sida, le 1er décembre 2003. Malgré les ressources
mobilisées ou promises par les gouvernements, l'épidémie
gagne du terrain, notamment chez les femmes et dans des régions
jusque là épargnées. Elle a contaminé
"chaque minute de chaque jour" en 2003 une dizaine de
personnes.
Malgré des ressources en augmentation et des efforts
certains tant de la part des gouvernements que de la part des
entreprises ou encore des organisations communautaires, "l'épidémie
suit son cours meurtrier dans le monde, ne montrant que peu de
signes de ralentissement", souligne Kofi Annan.
"Pendant l'année écoulée, à
chaque minute de chaque jour, une dizaine de personnes ont été
contaminées", souligne-t-il. "Dans les régions
les plus durement touchées, l'espérance de vie recule".
Il note que "le VIH/sida se répand à un
rythme alarmant parmi les femmes, qui représentent maintenant
la moitié des personnes séropositives dans le monde"
et "dans des régions qui, jusque-là, avaient
été épargnées dans une large mesure,
en particulier en Europe orientale et dans l'ensemble de l'Asie,
de l'Oural à l'océan Pacifique".
"Nous avons été impuissants à réaliser
plusieurs des objectifs de la Déclaration (d'engagement
adoptée lors de la session extraordinaire de l'Assemblée
générale consacrée au VIH/sida, en 2001)
fixés pour cette année", remarque-t-il. "Plus
grave encore, nous ne sommes pas sur la bonne voie pour commencer
à réduire l'ampleur et les effets de l'épidémie,
objectif que nous nous étions fixé pour 2005".
Kofi Annan rappelle que "d'ici à cette date, nous
devrions avoir fait baisser d'un quart le nombre de jeunes séropositifs
dans les pays les plus touchés; nous devrions avoir réduit
de moitié le taux de contamination des nouveau-nés;
et nous devrions avoir mis en place partout dans le monde de vastes
programmes de soins"
"Au rythme actuel, nous n'aurons réalisé
aucun de ces objectifs d'ici à 2005 ", constate-t-il.
Il affirme "illusoire" l'attitude qui consiste "
à croire que nous nous pouvons nous protéger en
élevant des barrières entre nous et eux".
Aussi invite-t-il à se joindre à lui pour faire
entendre la voix de tous au sujet du VIH/sida. "Il nous faut
joindre nos efforts, car c'est avec chacun de nous que commence
la lutte contre le VIH/sida".
Sources: Nations unies, New York; OMS, Genève,
décembre 2003.
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