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LESINTERVENTIONS |
SEPTEMBRE 2003, NATIONS UNIES / LA LUTTE CONTRE LE SIDA __Pour Kofi Annan, les financements de la lutte contre l'épidémie demeurent très insuffisants
| KOFI ANNAN : LE FARDEAU DE LEPIDEMIE | EXTRAITS DU RAPPORT |
Même si des progrès ont été enregistrés,
a déclaré Kofi Annan, "la lecture du
rapport est édifiante" et met en évidence que
les objectifs pour l'année en cours n'ont pas été
atteints. "Plus important encore, nous ne sommes pas sur
la voie de commencer à réduire l'échelle
et l'impact de l'épidémie d'ici à 2005". Le Président de la République française, Jacques Chirac, s'est dit "convaincu que la progression du sida n'était pas une fatalité insurmontable", il a réaffirmé l'objectif défendu par la France, consistant à obtenir que le Fonds mondial de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose dispose, dans un cadre financier pluriannuel, de 3 milliards de dollars, l'Union européenne, les Etats-Unis et les autres donateurs apportant chacun un milliard de dollars par an. Soulignant pour sa part que les Etats-Unis financent la moitié de tous les engagements en faveur de la lutte contre le VIH sida et soutient des programmes bilatéraux dans plus de 75 pays, le Secrétaire d'Etat américain, Colin Powell, a rappelé qu'un programme de 15 milliards de dollars sur 5 ans a été voté par le Congrès en mai dernier et qu'il permettra à 2 millions de personnes dans 14 pays d'Afrique subsaharienne et des Caraïbes d'accéder à un traitement antirétroviral. LE RAPPORT DE KOFI ANNAN
A la fin de l'année 2002, l'Onusida estimait que 42 millions de personnes dans le monde étaient infectées par le VIH, pour l'essentiel dans les pays du tiers-monde, et que le pic de l'épidémie est encore largement devant nous. Le rapport souligne à quel point "le fardeau de l'épidémie continue à s'alourdir pour les femmes et les jeunes filles. En décembre 2002, les femmes représentaient 50 % de toutes les personnes vivant avec le VIH/sida dans l'ensemble du monde et 60 % en Afrique subsaharienne". Pourtant, près d'un tiers des pays "ne disposent pas de politiques donnant aux femmes l'égalité d'accès aux services essentiels de prévention et de prise en charge", ajoute le rapport. Alors qu'elle est techniquement simple et peu onéreuse, la prévention de la transmission du virus de la mère à l'enfant est très insuffisante. Douze pays d'Afrique subsaharienne dont les taux de prévalence du VIH chez les nouveau-nés atteignent 25 % ne disposent pas d'un programme de prophylaxie. Quatorze millions d'enfants de moins de 15 ans ont perdu au moins un de leurs parents, un chiffre qui devrait passer à 25 millions d'ici à 2010. Par ailleurs, dans les pays où la consommation de drogue intraveineuse est un mode important de transmission du VIH, moins de 5 % des toxicomanes injecteurs disposent des services de prévention recommandés. LES PROGRES FAITS DANS LA MISE EN UVRE DE LA DECLARATION D'ENGAGEMENT SUR LE VIH/SIDA[Extraits du rapport Onusida Kofi Annan, New York, septembre 2003] Le présent rapport est soumis conformément au paragraphe 100 de la Déclaration d'engagement sur le VIH/sida [résolution S-26/2 de l'Assemblée générale], adoptée par l'Assemblée à sa session extraordinaire consacrée au virus de l'immunodéficience humaine/syndrome d'immunodéficience acquise (VIH/sida) le 27 juin 2001. L'année 2003 est particulièrement importante dans la mesure où c'est la date à laquelle échoit le premier des objectifs assortis de délais fixés dans la Déclaration. Pour l'essentiel, il s'agit en 2003 de créer un environnement porteur susceptible de préparer le terrain aux objectifs fixés pour 2005 et 2010 en matière de programmes et de résultats. Le rapport repose principalement sur les réponses de 100 Etats Membres concernant les 18 indicateurs mondiaux et nationaux établis par le Programme commun co-parrainé des Nations unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) pour mesurer les progrès réalisés dans la mise en oeuvre de la Déclaration. Les Etats qui ont répondu proviennent des régions suivantes : Afrique subsaharienne - 29; Asie et Pacifique - 15; Amérique latine et Caraïbes - 21; Europe orientale et Asie centrale - 13; Afrique du Nord et Moyen-Orient - 8; pays à revenu élevé - 14. Presque tous les pays durement touchés par le VIH/sida ont fourni des informations relatives aux grandes questions traitées par les indicateurs. Les activités décrites dans le rapport sont des exemples des mesures prises pour mettre en oeuvre la Déclaration et ne constituent pas une liste exhaustive. D'importants progrès ont été réalisés
dans l'action mondiale contre le VIH/sida depuis le premier rapport du Secrétaire général, en date du 12 août 2002 (A/57/227 et Corr.1). Pratiquement tous les pays durement touchés disposent maintenant de plans stratégiques multisectoriels de lutte contre le VIH/sida, ainsi que de conseils nationaux sur le sida, dont un grand nombre sont dirigés au plus haut niveau du gouvernement. Les ressources disponibles pour les programmes de lutte contre le VIH/sida à l'échelon des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire se sont rapidement accrues ces dernières années et devraient atteindre un montant total d'environ 4,7 milliards de dollars en 2003, les Toutefois, dans certains domaines importants, les problèmes posés par l'épidémie sont toujours aussi aigus. Dans les pays les plus touchés de l'Afrique subsaharienne, l'impact de l'épidémie devient de plus en plus alarmant et donne lieu à une corrélation mortelle entre l'insécurité alimentaire, le VIH/sida et l'affaiblissement des capacités institutionnelles. Peu de progrès ont été réalisés à travers le monde en matière de réduction du nombre de nouvelles personnes infectées par le virus et certains signes indiquent que le rythme de contamination au niveau mondial pourrait s'accélérer à mesure que l'épidémie s'étend en Asie et en Europe orientale. Malgré un renforcement des engagements politiques et des ressources en faveur de la lutte contre le VIH/sida, la situation mondiale serait la suivante : a) Moins d'une personne sur quatre susceptibles d'êtres
infectées peut obtenir des informations de base sur le
VIH/sida; Les femmes et les filles représentent actuellement la moitié des cas d'infection par le VIH dans le monde et 58 % des cas en Afrique. Certaines normes sociétales contribuent à les rendre plus vulnérables et leur font payer un tribut plus lourd face au VIH/sida. A l'échelle mondiale, plus de 14 millions d'enfants âgés de moins de 16 ans ont perdu l'un de leurs parents ou les deux à cause du VIH/sida, dont 11 millions pour la seule région de l'Afrique subsaharienne. On constate que 39 % des pays ayant communiqué des informations, et dans lesquels l'épidémie s'est généralisée, ne disposent toujours pas de plans d'action nationaux visant les enfants rendus orphelins ou vulnérables par le VIH/sida. Sources : Nations unies, New York, 22 septembre 2002,
et journal Le Monde, Paris, 23 septembre 2003. |