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"Plus de trois millions de personnes - dont plus de 500'000 enfants - sont mortes de maladies liées au virus du sida en 2005", indique ce rapport annuel, intitulé Le point sur l'épidémie du sida 2005, du Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida (Onusida). Chaque jour, quelque 14'000 personnes dans le monde - dont 2'000 enfants - sont contaminées par le sida. Au total, près de 5 millions de personnes ont été contaminées au cours de l'année 2005, un chiffre jamais atteint depuis le début de l'apparition de l'épidémie en 1981, affirme le rapport. Les taux de contamination les plus forts ont été observés en Europe de l'Est, en Asie de l'Est et en Asie centrale - avec un taux d'infection qui atteint 25 % en 2005, soit 1,6 million de personnes contaminées au cours de cette année. Mais l'Afrique sub-saharienne reste la région la plus touchée dans le monde - avec 25,8 millions de personnes contaminées sur 40,3 millions dans le monde, soit 64 % du total mondial. Le Kenya, le Zimbabwe et certains pays de la région des Caraïbes notamment montrent des diminutions de la prévalence du VIH au cours des dernières années, avec des taux globaux d'infection en baisse chez l'adulte - d'un pic de 10 % à la fin des années 90 à 7 % en 2003 au Kenya. Le sida a fait plus de 25 millions de morts depuis 1981 "Plus de 25 millions de personnes dans le monde sont mortes de maladies liées au sida, depuis 1981, date de l'apparition de l'épidémie, ce qui en fait une des épidémies les plus meurtrières de l'histoire", explique Jim Kim, directeur du département sida à l'Organisation mondiale de la santé (OMS). "La féminisation de l'épidémie continue", souligne-t-il. Plus de 2 millions de femmes sont actuellement infectées en Asie - soit une augmentation de 17% par rapport à 2003. En Afrique, les jeunes femmes entre 15 et 25 ans ont trois plus de chances d'être contaminées que les hommes. Les nouvelles ne sont pas toutes mauvaises. Le taux d'infection a baissé dans plusieurs pays, a affirmé le représentant de l'OMS qui explique que des changements de comportements pour prévenir l'infection - comme l'utilisation accrue des préservatifs, une première expérience sexuelle tardive et moins de partenaires sexuels - ont joué un rôle décisif dans certaines régions. Autre bonne nouvelle, l'accès au traitement s'est remarquablement amélioré. Il y a maintenant plus d'un million de personnes sous traitement dans les pays pauvres. "Un tiers de ces personnes seraient mortes cette année, si elles n'avaient pas bénéficié de ce traitement, un autre tiers l'année prochaine et encore un autre tiers, l'année d'après", fait remarquer Jim Kim. Enfin, troisième bonne nouvelle, la prévention fonctionne et notamment dans la transmission du virus de la mère à l'enfant. Aux Etats-Unis par exemple, la prévention a fonctionné à presque 100 % dans la transmission de la mère à l'enfant. KOFI ANNAN : STOPPER LA PROPAGATION DU SIDA EST UNE CONDITION INDISPENSABLE POUR ATTEINDRE LA PLUPART DES AUTRES OBJECTIFS DU MILLENAIRE
Au cours de ces dix dernières années, de grands progrès ont été accomplis, à l'échelle mondiale, dans la lutte contre le sida. De grandes promesses ont également été faites. Le temps est venu de les tenir; je suis convaincu que nous en avons les moyens. Aujourd'hui, environ 8 milliards de dollars sont consacrés, chaque année, à la lutte contre le sida dans les pays en développement, contre 300 millions de dollars il y a 10 ans. Aujourd'hui, dans une quarantaine de pays, l'action menée à l'échelle nationale contre le sida est dirigée par les chefs d'Etat ou de gouvernement eux-mêmes ou leurs représentants. Aujourd'hui, le sida est un sujet familier de discussion à l'Assemblée générale et au Conseil de sécurité. Nous constatons des progrès dans presque toutes les régions du monde. Nous voyons clairement qu'il y a une solution au problème du sida. Nous avons établi un plan d'action précis pour stopper la propagation du sida et inverser la tendance actuelle. Les dirigeants réunis au Sommet mondial, tenu au Siège de l'Organisation des Nations unies en septembre 2005, se sont engagés à appliquer pleinement la Déclaration d'engagement sur le VIH/sida, adoptée en 2001, en intensifiant les efforts dans les domaines de la prévention, du traitement, des soins et des services d'appui, en vue d'assurer l'accès de tous, sans exception, à ces programmes qui sauvent des vies. L'année prochaine [2006], nous examinerons les progrès accomplis sur la voie de l'application de la Déclaration. Le temps de la réflexion est donc venu. Le temps est venu de reconnaître qu'en dépit des succès remportés dans certains domaines, l'action menée n'est toujours pas à la mesure de l'épidémie. Le temps est venu d'admettre que, si nous voulons réaliser l'objectif du Millénaire pour le développement consistant, d'ici à 2015, à avoir stoppé la propagation du VIH/sida et commencé à inverser la tendance actuelle, nous devons absolument, absolument, redoubler d'efforts. Cette mission est l'affaire de chacun d'entre nous. En effet, stopper la propagation du sida n'est pas un objectif du Millénaire pour le développement comme les autres, c'est une condition indispensable pour atteindre la plupart des autres objectifs du Millénaire. Aujourd'hui, nous devons faire entendre clairement que le temps est venu de tenir les promesses faites. A l'occasion de cette Journée mondiale de la lutte contre le sida, je vous demande à tous de vous joindre à moi pour mener à bien cette mission. |