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Textes de référence - 2004


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FRANCE 25 AOUT 2004 / L’ANNIVERSAIRE DE LA LIBERATION DE PARIS
__Bertrand Delanoë, maire de Paris : "Le message de la Libération constitue le plus beau des legs"

"Paris ! Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé, mais Paris libéré, libéré par lui-même...". Le 25 août 1944, Charles de Gaulle prononce ces mots célèbres du balcon de l'Hôtel de Ville de la capitale. Soixante ans plus tard, Paris a célébré avec force l'anniversaire de sa libération à la fois de l'occupation par l'Allemagne nazie et du régime français de collaboration.

La cérémonie officielle, très solennelle, de commémoration de la Libération de Paris, s'est tenue, le 25 août 2004, sur le parvis de l'Hôtel de Ville. Devant les 4'000 invités du maire de Paris, Bertrand Delanoë, et de nombreux parisiens massés, malgré la pluie, sur l'avenue Victoria et la rue de Rivoli, le président de la République, Jacques Chirac, s'est livré à un long rappel historique, invitant le "peuple de France" à se souvenir "de cette journée qui a forgé notre histoire". "N'oublions jamais, a-t-il lancé, qu'ils l'ont fait pour que la France redevienne elle-même, forte de ses valeurs d'égalité, de justice et de liberté, valeurs qui fondent notre Nation. N'oublions jamais que c'est nous, maintenant, qui avons le devoir de porter et de défendre ces valeurs."

Bertrand DelanoëLe maire de Paris a évoqué dans son allocution le peuple de Paris du mois d'août 1944, "qui a subi humiliations, privations et douleurs auxquelles se mêlent l'abjection antisémite et les déportations". Il a également évoqué la mémoire de "tant de héros magnifiques, célèbres ou anonymes […] entrés dans l'histoire, Français de Londres ou FFI, combattants de la 2 e DB, citoyens […], qui, a-t-il souligné, ont tous fait le choix de l'unité".

"Parmi eux, a rappelé Bertrand Delanoë, combien étaient nés loin de la terre de France ? Leur volonté de servir la dignité humaine et la liberté leur avait donné rendez-vous dans notre ville, dont ils ont rallumé les lumières. Nos amis américains, bien sûr, […] sans lesquels rien n'eût été possible. Les républicains espagnols de la division Leclerc […] mais aussi Arméniens, Polonais des légendaires FTP-MOI, Allemands antinazis ou Italiens antifascistes, tous se sont retrouvés dans ce mouvement en marche."

"Le message de la Libération constitue le plus beau des legs. Et assurément le plus exigeant. Il sera le socle de la société française d'après-guerre, érigée sur les valeurs d'égalité et de solidarité. Aujourd'hui, a-t-il poursuivi, exprimer notre reconnaissance nous fait devoir d'être fidèles à ce message." Il a ensuite appeler à "faire vivre cet héritage, car, a-t-il insisté, c'est fournir à la jeunesse les armes qui préservent du poison totalitaire. C'est assumer notre rôle de passeurs déterminés et enthousiastes. Car l'oubli, l'indifférence ou, pire, la falsification sont des dangers permanents, à la racine de la barbarie, qu'elle prenne la forme de l'antisémitisme, du racisme ou du rejet de l'autre en raison de son identité."Up

DE GAULLE, LE 25 AOUT 1944 : "PARIS OUTRAGE, PARIS BRISE, MAIS PARIS LIBERE !"

de GaullePourquoi voulez-vous que nous dissimulions l'émotion qui nous étreint tous, hommes et femmes, qui sommes ici, chez nous, dans Paris debout pour se libérer et qui a su le faire de ses mains. Non ! Nous ne dissimulerons pas cette émotion profonde et sacrée. Il y a là des minutes qui dépassent chacune de nos pauvres vies.

Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré ! Libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l'appui et le concours de la France tout entière, de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle.

Je dis d'abord de ses devoirs, et je les résumerai tous en disant que, pour le moment, il s'agit de devoirs de guerre. L'ennemi chancelle, mais il n'est pas encore battu. Il reste sur notre sol. Il ne suffira même pas que nous l'ayons, avec le concours de nos chers et admirables alliés, chassé de chez nous pour que nous nous tenions pour satisfaits après ce qui s'est passé. Nous voulons entrer sur son territoire, comme il se doit, en vainqueurs. C'est pour cela que l'avant-garde française est entrée à Paris à coups de canon. C'est pour cela que la grande armée française d'Italie a débarqué dans le Midi et remonte rapidement la vallée du Rhône.

C'est pour cela que nos braves et chères forces de l'intérieur vont s'armer d'armes modernes. C'est pour cette revanche, cette vengeance et cette justice, que nous continuerons de nous battre jusqu'au dernier jour, jusqu'au jour de la victoire totale et complète. Ce devoir de guerre, tous les hommes qui sont ici et tous ceux qui nous entendent en France savent qu'il exige l'unité nationale. Nous autres, qui aurons vécu les plus grandes heures de notre Histoire, nous n'avons pas à vouloir autre chose que de nous montrer jusqu'à la fin, dignes de la France.

Vive la France !

Sources : presse française (dont "Le Monde"), août 2004.
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