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NEW YORK 20 SEPTEMBRE 2004 / RENCONTRE ACTION CONTRE LA FAIM ET LA PAUVRETE
__La Déclaration de New York sur l'action contre la faim et la pauvreté
A l'initiative du Président du Brésil,
nous nous sommes réunis le 20 septembre 2004 à
New York, dans un esprit de coopération et de dialogue,
afin d'envisager de nouvelles initiatives internationales destinées
à lutter contre la faim et la pauvreté et à
accroître le financement du développement.
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Photo Elysée, Paris.
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Nous avons rappelé que plus d'un milliard d'êtres
humains vivent dans une situation d'extrême pauvreté
et survivent avec moins de un dollar par jour. En Afrique subsaharienne,
quelque 300 millions de personnes vivent dans le dénuement
le plus complet. Chaque année, des millions d'enfants meurent
faute de soins médicaux, d'eau potable, d'un logement salubre
et d'une alimentation adaptée, tandis que chaque jour,
ce sont 20 000 personnes qui meurent des conséquences de
la faim. En l'état actuel des progrès techniques
et de la production agricole à l'échelle mondiale,
la persistance de cette situation apparaît à la fois
économiquement irrationnelle, politiquement intolérable
et moralement révoltante.
Nous avons exprimé notre conviction commune que
lutte la contre la pauvreté et l'injustice sociale dans
le monde est essentielle à la sécurité et
à la stabilité des pays développés
comme des pays en développement.
Nous avons reconnu le rôle important que peut
jouer un système commercial multilatéral libre,
équitable et favorable au développement dans l'élimination
des causes de la pauvreté et de la faim en permettant la
création d'emplois ainsi que la production et la distribution
de richesses. La mise en place d'un environnement international
propre à soutenir les efforts qui doivent être consentis
au niveau national, y compris des politiques saines, une bonne
gouvernance à tous les niveaux et un Etat de droit, est
nécessaire afin de pouvoir conjuguer croissance économique
durable et équité et réaliser ainsi des progrès
dans le combat contre la faim et la pauvreté.
Nous avons insisté sur la nécessité de renouveler la mobilisation politique pour inscrire le développement économique et social au premier rang des priorités nationales et internationales, afin d'apporter les réponses à la mesure de la détresse des victimes de l'extrême pauvreté et de la famine.
Conscients de notre responsabilité commune et
de l'urgence à agir, nous nous sommes réunis au
plus haut niveau, à la veille de l'Assemblée générale,
pour souligner notre détermination à combattre la
faim et la pauvreté et pour réaffirmer le rôle
central des Nations unies et de ses agences, fonds et programmes.
Lors du Sommet mondial de l'alimentation, puis lors
du Sommet du millénaire, la communauté internationale
a arrêté des objectifs de développement mesurables
et assortis d'échéances précises. Nous avons
donc la responsabilité de respecter ces engagements et
d'atteindre les objectifs qui ont été fixés.
Bien que certaines avancées aient été
enregistrées, le bilan demeure décevant au plan
mondial. La réalisation des objectifs qui ont été arrêtés ne doit pas prendre de retard. Si des actions résolues ne sont pas rapidement mises en uvre, ces objectifs ne pourront être atteints d'ici à 2015, en particulier en Afrique subsaharienne.
En 2002, la communauté internationale a fait un pas en avant en convenant de mettre en uvre avec détermination le consensus de Monterrey. Certains pays donateurs ont
effectivement atteint l'objectif de 0,7 % de leur PIB en matière
d'aide publique au développement (APD), tandis que d'autres
ont établi un calendrier pour l'augmentation de leur APD.
En dépit du caractère prometteur de ces avancées,
des efforts importants restent encore à accomplir pour
parvenir aux 50 milliards de dollars supplémentaires par
an, au minimum, sans lesquels nous ne parviendrons pas à
respecter notre engagement d'atteindre les Objectifs de Développement
du Millénaire (ODM) d'ici à 2015. Nous avons rappelé
que le consensus de Monterrey reposait sur un engagement mutuel
entre pays développés et pays en développement.
Le Nouveau Partenariat pour l'Afrique (NEPAD) illustre ce partenariat
fructueux.
Nous avons exprimé la nécessité
d'améliorer l'APD de manière à respecter
notre engagement d'aider les pays en développement à
bénéficier de la croissance et d'un développement
durable et à garantir la dignité humaine qu'offre
une existence à l'abri de la faim et de la pauvreté.
À cet égard, la coordination et l'harmonisation
entre les donateurs, le caractère prévisible de
l'aide, un accent plus prononcé sur l'aide budgétaire,
des engagements à moyen terme et des mesures de soutien
en faveur des stratégies de réduction de la pauvreté
conduites par les pays bénéficiaires, constituent
autant d'objectifs à atteindre.
En complément de la nécessité d'accroître
et d'améliorer le niveau de l'aide, nous avons également
reconnu que le moment était venu d'accorder davantage
d'attention aux mécanismes de financement innovants
- publics ou privés, obligatoires ou volontaires, fondés
ou non sur une adhésion universelle - afin de lever les
fonds rapidement nécessaires pour contribuer à la
réalisation des ODM, ainsi que de compléter et de
garantir la stabilité et le caractère prévisible
à long terme des ressources de l'aide extérieure.
A cet égard, nous encourageons vivement la communauté
internationale à examiner soigneusement le rapport établi
par le Groupe technique mis en place par la Déclaration
de Genève du 30 janvier 2004. Ce rapport étudie
les possibilités de trouver de nouvelles ressources pour
financer le développement, sur des bases économiques
saines et à un niveau significatif.
Nous nous félicitons des divers efforts en cours
au plan international pour identifier des solutions concrètes,
et appelons à une plus grande coordination entre les différents
mécanismes. Nous appelons les gouvernements, les organisations,
le secteur privé et la société civile à
s'associer à cette entreprise et à contribuer à
assurer des progrès durables. Dans ce contexte, nous avons
également rappelé le rôle crucial des institutions
multilatérales. Prenons des initiatives efficaces pour
que, lors de l'événement majeur aux Nations Unies
en septembre 2005, qui évaluera les progrès accomplis,
nous puissions annoncer que nous sommes sur la voie de la réalisation
des ODM.
Nous disposons de suffisamment de talents et de ressources
dans le monde pour libérer l'humanité du fléau
de la faim et de la pauvreté et assurer un développement
économique durable, allant de pair avec la justice sociale.
Le plus grand scandale n'est pas que la faim existe, mais qu'elle
n'ait pas encore disparu alors que nous avons les moyens de l'éradiquer.
Le temps d'agir est venu.
La faim n'attend pas.
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