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NEW YORK 20 SEPTEMBRE 2004 / RENCONTRE ACTION CONTRE LA FAIM ET LA PAUVRETE
__110 pays prêts à se mobiliser contre la pauvreté dans le monde
Le Brésil, le Chili, lEspagne et la France lancent lidée dun impôt mondial pour lutter contre la faim
A l'initiative du Président du Brésil,
nous nous sommes réunis le 20 septembre 2004 à
New York, dans un esprit de coopération et de dialogue,
afin d'envisager de nouvelles initiatives internationales destinées
à lutter contre la faim et la pauvreté et à
accroître le financement du développement.
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Les dirigeants brésilien, chilien, espagnol et français avec Kofi Annan. Photo Elysée, Paris.
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Une soixantaine de dirigeants de la planète, chefs d'Etat
et de gouvernements, se sont réunis, le 20 septembre
2004, à New York, à la veille du débat
annuel de l'Assemblée générale des Nations
unies, sous les auspices du secrétaire général
des Nations unies, Kofi Annan. Ils se sont penchés
sur la pauvreté et sur la nécessité de mobiliser
de nouvelles ressources pour contribuer à un partage plus
équitable des richesses. Plus de 2,8 milliards de
personnes vivent avec moins de 2 dollars par jour.
Les quatre initiateurs de cette première rencontre internationale
"Action contre la faim et la pauvreté", les présidents
du Brésil, Luiz Inacio Lula da Silva, du Chili,
Ricardo Lagos Escobar, de la France, Jacques Chirac,
et le premier ministre de l'Espagne, José Luis Rodriguez
Zapatero, ont lancé l'idée d'une taxe internationale
pour lutter contre la faim et la pauvreté, seule manière,
selon eux, d'atteindre l'un des objectifs fixés par la
"déclaration du Millénaire", adoptée
en 2000 par les Nations unies - diviser par deux la pauvreté
d'ici à 2015.
Il manque au bas mot 50 milliards de dollars - près
de 42 milliards d'euros - par an pour espérer atteindre
cet objectif. Pour y arriver, il faudrait que l'aide publique
au développement passe de 60 milliards de dollars actuellement
à 110 milliards - impensable en période de contraintes
budgétaires. Ou trouver des mécanismes de financement
alternatifs.
"50 milliards, c'est beaucoup et presque rien", a
rappelé le président brésilien Lula. Pour
fixer les idées, le commerce mondial global représente
chaque année 8'000 milliards de dollars, et le PNB de la
planète, la richesse qu'elle engendre chaque année,
s'élève à près de 40'000 milliards
de dollars. "C'est en réalité une goutte d'eau
- moins de deux mois de dépenses pour les subventions agricoles,
moins de trois mois de dépenses militaires -, à
condition de pouvoir et de savoir la récupérer."
Précédée d'une réunion, le matin,
de la Commission mondiale sur la dimension sociale de la mondialisation,
une initiative de l'organisation internationale du travail (OIT),
la rencontre a abouti à une déclaration finale
- la Déclaration de New York - à laquelle
ont souscrit 110 pays. La déclaration envisage l'idée
d'une fiscalité mondiale : "Le moment [est] venu d'accorder
davantage d'attention aux mécanismes de financement innovants
- publics ou privés, obligatoires ou volontaires, fondés
ou non sur une adhésion universelle".
Les Etats-Unis, présents à la rencontre, ont manifesté leur opposition à la création d'un impôt mondial "non démocratique", dont la "mise en uvre [est] impossible". Réplique du président Chirac : "Si forts que soient les Américains, on ne s'oppose pas durablement et victorieusement à une position qui a déjà été approuvée par 110 pays, et qui le sera probablement par 150".
Un plan Marshall pour les pays pauvres
"L'arme de destruction massive la plus destructrice aujourd'hui
est la pauvreté", a noté "Lula"
qui a fait diverses propositions en imaginant une sorte de plan
Marshall pour les pays pauvres... l'objectif étant
de réunir une cinquantaine de milliard de dollars par an.
Il a notamment proposé la suppression des subventions agricoles,
la taxation de certains armements ou encore l'imposition de taxes
sur les paradis fiscaux. Il a "appelé les gouvernements,
les organisations sociales, les syndicats et les entreprises à
affirmer leur engagement à constituer un front global contre
la pauvreté".
Jacques Chirac a défendu pour sa part son idée
d'un "prélèvement" international
pour "abattre les murs" de la faim et de la misère
dans le monde. "Des solutions techniquement réalistes
et économiquement rationnelles existent", a-t-il assuré.
Le "recours à de nouveaux types d'emprunt, instauration,
sur une base internationale ou mondiale, de prélèvements
volontaires ou obligatoires pour financer le développement",
sont des moyens d'atteindre cet objectif. Parmi les idées
figurent des taxes sur les transactions financières, les
émissions de gaz à effet de serre, sur les billets
d'avion, le passage dans les détroits, les prélèvements
sur les paiements par cartes de crédit.
Face à "l'un des grands scandales de notre temps",
le président français a rappelé qu'il fallait
trouver 50 milliards de dollars par an pour tenir les objectifs
fixés à l'horizon 2015. "Nous savons qu'au
rythme actuel nous n'avons aucune chance de réaliser nos
objectifs", a noté Jacques Chirac qui a donc appelé
la communauté internationale à "redresser la
barre" avant le premier bilan prévu dans un an.
A la réunion de l'OIT, Jacques Chirac avait proposé
un "dialogue social à l'échelle mondiale",
pour "promouvoir une éthique sociale de la mondialisation",
car "les droits de l'homme, la dignité du travail
comme l'avenir de notre planète ne peuvent être des
variables d'ajustement des coûts". "Plus qu'un
acte de générosité", lutter contre la
pauvreté est "un acte de justice, d'intelligence et
de paix, car la dignité et l'espoir d'une vie meilleure
sont les antidotes les plus efficaces aux poisons de la violence
et du fanatisme".
Sources : Nations unies et presse française (dont
les quotidiens "Le Monde" et "Libération"),
20 au 22 septembre 2004.
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