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OTTAWA, 24 FEVRIER 2004 / DISCOURS DU SECRETAIRE GENERAL DES NATIONS UNIES
__Kofi Annan : Il est essentiel que les Nations unies en Irak soient vues comme un organe impartial
S'adressant le 24 février 2004 au Parlement japonais
aujourd'hui, ce qui était une première dans l'histoire
commune de l'Organisation et du Japon, Kofi Annan a insisté
sur les changements en cours en Irak, la nature du rôle
que pouvait y jouer les Nations unies, les grandes questions qui
se posaient non seulement à l'Organisation mais aussi au
monde, dont il avait chargé le Groupe de haut niveau, et
à la nécessité de redéfinir de façon
urgente la participation du Japon au sein du Conseil de sécurité
des Nations unies.
"L'année écoulée a été
l'une des plus difficiles de l'histoire des Nations Unies",
a-t-il déclaré, ajoutant : "Comme vous, comme
beaucoup d'autres, je suis préoccupé par la persistance
de l'instabilité dans ce pays et par les répercussions
qu'elle risque d'avoir dans toute la région".
"Dans l'immédiat, il faut parvenir à un consensus
sur la transition politique en Irak", a poursuivi le secrétaire
général des Nations unies, qui a rappelé
que l'ONU était d'accord pour apporter son assistance aux
Iraquiens dans la recherche de ce consensus. Il a souligné
le fait que les Irakiens attendent des Nations unies qu'elles
jouent un rôle majeur une fois le gouvernement provisoire
établi et le transfert de souveraineté opéré.
Kofi Annan a rappelé la nécessité de l'organisation
de rester une organisation "clairement identifiable"
de telle sorte qu'elle soit perçue par le peuple irakien
et par d'autres comme "une organisation mondiale impartiale
et indépendante qui n'a d'autres ambitions que d'aider
un pays qui en a besoin".
Au-delà du problème irakien, Kofi Annan
a souligné que des questions fondamentales avaient
été posées après le 11 septembre 2001.
"Comment déceler les menaces qui pèsent
sur la paix suffisamment tôt pour qu'elles puissent
être efficacement dissipées, de préférence
sans recours à la force armée ? Quand le recours
à la force est-il acceptable et à qui appartient-il
de l'autoriser ? Faut-il laisser à chaque Etat le choix
d'en décider, ou vaut-il mieux privilégier l'action
collective ? "
"Quelles sont les limites du droit de légitime
défense à une époque caractérisée
par la mondialisation du terrorisme et la privatisation des modes
de prolifération des armes de destruction massive ? ".

Le travail du Groupe de haut niveau qu'il a nommé
est chargé d'un réexamen radical des règles
et instruments existants mais, au-delà de ces tâches
et de la réforme des Nations unies, "ces changements
auront un but à la fois précis et ambitieux ",
a affirmé Kofi Annan. Il s'agit, selon lui, "de définir
les réponses que la communauté internationale peut
apporter collectivement aux menaces de notre temps". Il déplore
que "les discussions sur la réforme du Conseil de
sécurité, qui durent depuis si longtemps, aient
si peu progressé", précisant que tout le monde
était d'accord pour dire que le Conseil devait être
réformé et élargi.
"Il est certes difficile de parvenir à un accord
sur ce sujet, mais la difficulté ne saurait excuser l'impuissance.
Si le Conseil veut que ses décisions soient davantage respectées,
en particulier dans le monde en développement, il importe
que cette question soit traitée plus énergiquement".
Kofi Annan a également plaidé auprès des parlementaires japonais pour que "les dispositions anachroniques de la Charte qui visent les "Etats ennemis", leur "impression que le Japon, tout en finançant une part disproportionnée du budget ordinaire de l'ONU" alors que le Japon "est sous représenté au Secrétariat" des Nations unies, ne les détournent de leur engagement dans le multilatéralisme et la gouvernance mondiale.
LE DISCOURS DE KOFI ANNAN
C'est pour moi un grand honneur de prendre la parole devant
la Diète, phare de la démocratie,
symbole de l'Etat de droit, institution où vous accomplissez
au nom du peuple japonais un travail d'importance majeure. En
cette époque marquée par l'interdépendance
des Etats, votre rôle est plus essentiel que jamais. Aussi
vous suis-je reconnaissant de m'accueillir parmi vous et de me
donner l'occasion de vous livrer quelques réflexions sur
votre pays, sur le devenir des Nations unies, qui nous concerne
tous, et sur les redoutables défis qu'il nous appartient,
ensemble, de relever.
Chacun des Etats Membres de l'ONU se plaît à mettre
en avant tel ou tel épisode de son parcours, la chronique
d'un combat pour une grande cause. Dans le cas du Japon, cet épisode
est particulièrement émouvant et édifiant.
Des ruines de la guerre, vous avez su faire naître une démocratie
dynamique et prospère, admirée dans le monde entier.
Le Japon est aussi devenu un modèle d'altruisme international.
Durant la majeure partie des dix dernières années,
il a été parmi les donateurs les plus généreux,
apportant une contribution particulièrement importante
au développement des pays d'Asie et d'Afrique. Le Japon
est aussi un pays sur lequel on peut faire fond pour le soutien
aux opérations de maintien de la paix. Enfin, seul pays
à avoir connu l'horreur d'un cataclysme nucléaire,
le Japon est parmi les plus ardents défenseurs de la
paix et du désarmement nucléaire. Je partage
l'admiration qu'inspire à tous les Etats Membres de l'ONU
la place que le Japon s'est faite dans la communauté internationale,
celle d'un citoyen du monde exemplaire.
Partisans résolus du multilatéralisme,
vous savez combien est décisif le moment présent.
L'année écoulée a été l'une
des plus difficiles de l'histoire des Nations unies. Comme le
Japon, l'Organisation des Nations unies a perdu des collègues
et amis hautement appréciés du fait de la violence
en Irak. Comme vous, comme beaucoup d'autres, je suis préoccupé
par la persistance de l'instabilité dans ce pays et par
les répercussions qu'elle risque d'avoir dans toute la
région. Comme vous, je m'inquiète des incidences
que la guerre d'Irak peut avoir, plus généralement,
sur l'action menée par les Nations unies pour maintenir
la paix et la sécurité internationales.
Quelles que puissent avoir été nos positions
avant la guerre, nous avons tous intérêt aujourd'hui
à ce qu'un Irak pacifique reprenne la place qui lui
revient dans la région et dans la communauté internationale.
Le rétablissement de la souveraineté du pays est
une condition essentielle du retour à la stabilité,
et l'ONU est résolue à faire tout ce qui est en
son pouvoir pour aider le peuple iraquien à reprendre en
main son destin, à préserver l'unité et l'intégrité
territoriale du pays et à se doter d'un régime légitime
et démocratique, fondé sur l'Etat de droit et garantissant
liberté, égalité des droits et justice à
tous les citoyens irakiens.
Dans l'immédiat, il faut parvenir à un consensus
sur la transition politique. Comme vous le savez, l'ONU a été
invitée à prêter son concours à cet
égard et j'ai, au début de ce mois, envoyé
en Iraq une petite équipe dirigée par Lakhdar Brahimi.
Je viens d'envoyer un rapport contenant les conclusions de cette
équipe au Conseil de gouvernement iraquien, à l'Autorité
provisoire de la coalition, ainsi qu'au Conseil de sécurité,
dont le soutien clair et sans ambiguïté de tous les
membres est une condition essentielle du succès de l'ONU
en Irak.
L'équipe a conclu qu'il y avait un consensus parmi
les Irakiens sur le fait que les élections sont une étape
nécessaire vers l'établissement d'un Etat démocratique
et la reconstruction et que l'échéance du 30
juin [2004] retenue pour le transfert de souveraineté au
gouvernement provisoire doit être maintenue. Il faut donc
que les Irakiens se mettent d'accord sur un mécanisme intérimaire
auquel les pouvoirs pourront être transférés
et qui assumera les fonctions essentielles pour la durée
des préparatifs devant mener à la tenue d'élections
dans les meilleures conditions possibles.
Les Nations unies sont prêtes à aider les Iraquiens
à trouver un consensus sur les pouvoirs, la structure et
la composition d'un organe de gouvernement provisoire, ainsi que
sur les modalités de sa mise en place.
Ensuite, les Irakiens souhaitent que l'ONU joue un rôle
majeur dès qu'un gouvernement provisoire aura été
établi et que les pouvoirs lui auront été
transférés. Le peuple iraquien ne manque pas
de gens talentueux et est tout à fait capable de reconstruire
son pays, mais l'ONU serait heureuse de l'aider, de conseiller
les nouvelles autorités sur la mise en place du cadre juridique
indispensable à l'organisation d'élections démocratiques
et de les aider à organiser ces élections, à
rédiger une constitution, à reconstruire le pays
et à instituer un régime fondé sur l'état
de droit et respectueux des droits de l'homme. Il faudra que
dans ces rôles multiples, l'Organisation reste clairement
identifiable et conserve son individualité. Il importe
que le peuple iraquien et les autres intéressés
prennent l'ONU pour ce qu'elle est, une organisation mondiale
impartiale et indépendante qui n'a d'autre ambition que
d'aider un pays qui en a grand besoin.
Cependant, il n'est pas du tout certain que l'insécurité
cessera avec l'occupation. Or, pour pouvoir jouer pleinement
son rôle, l'ONU devra envoyer plus durablement du personnel
international en Irak, ce qui exige un environnement plus sûr.
D'énormes difficultés sont à prévoir,
mais ces difficultés ne seront pas insurmontables si les
Iraquiens bénéficient du soutien d'une communauté
internationale unie. Le Japon fait partie des pays qui montrent
la voie à cet égard. Répondant à l'appel
du Conseil de sécurité, il s'est montré solidaire
du peuple irakien dans les épreuves qu'il traverse. Le
Japon est membre du groupe des "Amis de l'Irak" que
j'ai constitué. Il s'est engagé à apporter
une contribution généreuse à l'effort de
reconstruction. A l'issue d'un débat difficile, le Japon
a décidé d'affecter à Samawah un détachement
des Forces d'autodéfense qui participe aux activités
de reconstruction et d'aide humanitaire.
Ce qui nous préoccupe actuellement, ce n'est
pas seulement l'avenir d'un pays de plus de 26 millions d'habitants
et celui d'une région troublée. Les divergences
de vues suscitées par la question de l'Irak, si peu de
temps après le terrible traumatisme du 11 septembre 2001
- événement qui a radicalement modifié notre
perception du terrorisme international - nous amènent à
nous poser des questions fondamentales sur notre système
de sécurité collective.
Comment déceler les menaces qui pèsent sur
la paix suffisamment tôt pour qu'elles puissent être
efficacement dissipées, de préférence sans
recours à la force armée ?
Quand le recours à la force est-il acceptable
et à qui appartient-il de l'autoriser? Faut-il laisser
à chaque Etat le soin d'en décider, ou vaut-il mieux
privilégier l'action collective ?
Quelles sont les limites du droit de légitime défense
à une époque caractérisée par la mondialisation
du terrorisme et la privatisation des modes de prolifération
des armes de destruction massive ?
Dans quelle mesure la communauté internationale peut-elle
assumer la responsabilité de la prévention ou du
règlement des conflits internes, en particulier lorsqu'ils
s'accompagnent d'actes de génocide, d'un "nettoyage
ethnique" ou d'autres violations massives des droits de l'homme
?
Enfin, comment établir parmi les préoccupations
de la communauté internationale un équilibre
tel que l'extrême attention portée aux menaces dites
"directes" ne fasse pas négliger les dangers
toujours présents de la pauvreté, de la faim et
de la maladie? En effet, un monde où la misère reste
endémique, où les inégalités sont
encore criantes, ne sera jamais tout à fait en paix, ni
parfaitement sûr, même pour ses habitants les plus
privilégiés.
La Charte des Nations unies demeure un cadre d'action
irremplaçable. Les Nations unies continuent d'incarner
la légitimité. Cependant, en matière de
sécurité internationale, nous sommes face à
une réalité nouvelle dont certains aspects nous
échappent encore. C'est en ayant cette réalité
à l'esprit que j'ai appelé à un réexamen
radical des règles et instruments internationaux en
vue de déterminer les adaptations qu'il faudrait éventuellement
y apporter. Pour ce faire, j'ai constitué un "Groupe
de personnalités de haut niveau sur les menaces, les défis
et le changement", qui se compose de 16 experts hautement
respectés originaires de toutes les régions du monde.
L'un d'eux n'est autre que votre compatriote Sadako Ogata,
que l'ONU revendique comme faisant également partie des
siens.
D'aucuns voient dans ce groupe un organe de réforme
de l'ONU. Il est possible en effet qu'il propose d'apporter des
modifications aux règles et méthodes des Nations
Unies, y compris celles concernant le Conseil de sécurité.
Ces changements auront un but à la fois précis et
ambitieux: définir les réponses que la communauté
internationale peut apporter collectivement aux menaces de notre
temps. J'espère pouvoir faire des recommandations à
l'Assemblée générale vers la fin de cette
année ou au début de l'année prochaine. En
2005, les Nations unies auront 60 ans. Adopter des
mesures audacieuses propres à renforcer l'Organisation
pour l'avenir, c'est à mon avis la meilleure façon
de célébrer dignement ce soixantième anniversaire.
Bien entendu, les décisions appartiendront en dernier ressort
aux Etats Membres, et j'entends par là non seulement les
gouvernements, mais aussi vous, parlementaires. Si le Groupe réussit
dans son entreprise, l'histoire retiendra que face aux interrogations
qui nous troublent aujourd'hui, des hommes et femmes de bonne
volonté auront su se montrer à la hauteur de la
situation et trouver les moyens de renforcer les mécanismes
de coopération internationale au mieux des exigences du
siècle nouveau.
Ce moment critique de l'histoire des Nations unies marque peut-être
aussi un tournant dans les relations entre le Japon et l'Organisation
mondiale. Il y a, je le sais, des aspects de ces relations inspirent
chez certains Japonais de vifs sentiments de frustration.
Comme vous, je déplore que les discussions sur la
réforme du Conseil de sécurité, qui durent
depuis si longtemps, aient si peu progressé.
La quasi-totalité des Etats Membres admettent que la composition
du Conseil devrait être élargie. Il est certes difficile
de parvenir à un accord sur ce sujet, mais la difficulté
ne saurait excuser l'impuissance. Les atermoiements sont loin
d'être sans conséquence. Si le Conseil veut que ses
décisions soient davantage respectées, en particulier
dans le monde en développement, il importe que cette question
soit traitée plus énergiquement.
Je sais que le Japon a aussi d'autres motifs d'insatisfaction.
Les dispositions anachroniques de la Charte qui visent les "Etats
ennemis", et l'impression que le Japon, tout en finançant
une part disproportionnée du budget ordinaire de l'ONU,
demeure sous-représenté au Secrétariat contribuent
sans doute à l'irritation que certains Japonais éprouvent
à l'égard de l'Organisation.
Toutefois, j'espère vivement que le Japon ne laissera
pas ces frustrations affaiblir son engagement en faveur du multilatéralisme.
Pour atteindre les objectifs de développement du
Millénaire, le monde ne saurait se passer des prouesses
technologiques du Japon, non plus que de son approche axée
sur la "sécurité humaine". Les
habitants de dizaines de pays africains tiennent en haute estime
l'action menée par le Japon pour promouvoir la santé,
l'éducation et la protection de l'environnement en Afrique.
L'Organisation a besoin du Japon, besoin qu'il continue
de s'impliquer dans ses activités politiques, ses opérations
de maintien de la paix et son action pour la défense des
droits de l'homme. Les habitants du Tadjikistan, du Cambodge,
du Timor-Leste, du Mozambique et du Rwanda, pour ne prendre que
quelques exemples, savent combien ils sont redevables au Japon
pour les avoir aidés, au sortir d'un conflit, à
édifier un Etat capable de fonctionner dans la stabilité.
Le Japon a fait beaucoup également pour l'Afghanistan.
Il y a deux ans, il a organisé une conférence des
donateurs qui fut un succès et il continue de jouer un
rôle de chef de file dans la reconstruction du pays.
Nous avons besoin aussi de l'engagement actif de la diplomatie
japonaise pour faire de la péninsule coréenne
une zone exempte d'armes nucléaires. La reprise des pourparlers
multilatéraux demain à Beijing est encourageante.
J'ai bon espoir aussi que le Japon et la République démocratique
populaire de Corée parviendront à régler
la question de l'enlèvement de Japonais et tous les autres
problèmes en suspens. Je partage la douleur des familles
et des personnes concernées, et exprime ma profonde sympathie
à tous ceux qui ont souffert. 
Je n'ai cité que quelques-uns des domaines où,
en jouant son rôle, le Japon peut vraiment changer les choses.
Mais pour atteindre tous nos objectifs et pour que le Japon participe
pleinement à la recherche de solutions aux problèmes
mondiaux, nous avons besoin également de vos concitoyens.
Ainsi, pour donner un nouveau souffle à l'ONU, il faudrait
davantage de Japonais et de Japonaises au Secrétariat,
à tous les niveaux de la hiérarchie. Il est encourageant
de voir de plus en plus de jeunes et brillants Japonais - en particulier
des femmes - s'épanouir professionnellement au Secrétariat
et dans les institutions spécialisées. Je ne peux
guère imaginer de perspective plus exaltante, pour un jeune,
que celle de contribuer, avec des collègues de sa génération,
à l'édification d'un monde meilleur et de poursuivre
le travail entrepris par ma propre génération en
faisant mieux encore ! Mais j'ai conscience qu'un déficit
de présence préoccupant subsiste. J'ai la conviction
que l'ONU du XXIe siècle a absolument besoin de la sagesse
et de l'expérience du Japon, et je continuerai de travailler
avec vous pour remédier à ce déficit.
Réforme et transformation sont à l'ordre du jour.
Qu'il s'agisse de repenser les principes ou de renforcer l'institution,
ce qui est en jeu, c'est le devenir des Nations unies,
qu'il nous appartient de définir de telle sorte
que nous puissions léguer aux générations
futures non pas un foyer d'agitation stérile, mais une
organisation forte et efficace, et la conviction profonde que
la coopération internationale est plus encore qu'une vertu,
une nécessité.
Ce à quoi nous aspirons ne tient en fait qu'à nous-mêmes, à l'évolution de nos esprits et de nos curs. Parfois, cependant, le changement se manifeste de manière tangible. Un de ces signes tangibles sera l'adjonction d'un nouvel immeuble de bureaux au complexe du Siège de l'ONU à New York. C'est vraisemblablement au grand architecte japonais Fumihiko Maki qu'il reviendra de le concevoir. La ville de New York devrait en effet le charger bientôt officiellement de cette tâche. M. Maki saura, j'en suis sûr, exprimer par son art l'esprit de l'ONU du XXIe siècle.
Je vois là la continuation d'une longue tradition. Depuis
ce jour de 1956 où le drapeau japonais a été
hissé pour la première fois parmi ceux des Etats
Membres, et où votre ministre des affaires étrangères
d'alors a proclamé son intime conviction "qu'aucune
nation n'est seule maîtresse de son destin", votre
pays a eu le temps de laisser sa marque au sein des Nations Unies,
une marque à la fois profonde et originale. Je sais que
cette conviction est toujours la vôtre, et je ne doute pas
qu'ensemble, nous accomplirons de grandes choses dans les années
à venir.
Okine.
Arigato Gozaimashita.
Je vous remercie de votre attention.
Source : Nations unies, New York, février 2004.
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